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La torture persiste toujours en Guinée, selon une enquête réalisée par quatre associations de défense de droits de l'homme

Heinan Goba  Vendredi, 11 Novembre 2011 22:56

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BOURSIN_Clment_01L'ACAT-France (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture), l'AVIPA (Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009), MDT (Mêmes droits pour tous) et l'OGDH (Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme et du citoyen) viennent de rendre public un rapport qui fait état de la persistance de la torture en Guinée en dépit du changement de régime opéré en 2010.

"Près d'un an après l'élection d'Alpha Condé à la présidence de la République de Guinée en décembre 2010, à l'issue d'un scrutin démocratique, le phénomène tortionnaire existe toujours en Guinée" notent en introduction les quatre organisations de défense des droits humains.

Aux termes de ce rapport de 52 pages, "en Guinée, les forces de sécurité usent encore régulièrement de la torture et de mauvais traitements lors d'arrestations, de gardes à vue ou de détentions à l'encontre de suspects de droit commun, de prisonniers, de personnes considérées comme des sympathisants de l'opposition politique et de militaires accusés de vouloir renverser le pouvoir en place".

A la réception de ce rapport le ministre guinéen de la justice, Maître Christian Sow a dit que "les faits allégués par les quatre organisations de défense des droits humains relèvent du passé". Il est donc inacceptable de les mettre au compte du régime d'Alpha Condé. Il a promis de réagir officiellement au moment opportun.

A l'occasion de la présentation de ce rapport à la presse à Conakry, Souleymane Bah, secrétaire exécutif de l'OGDH et président de la coordination des organisations guinéennes de défense des droits humains (CODDH) s'est montré très surpris, voire déçu, de la réaction du ministre de la Justice. Convaincu qu'il est de l'importance de ces travaux dans l'édification d’un véritable État de droit en Guinée.

"Dans tous les cas", a déclaré pour sa part la présidente de l'AVIPA, "notre participation à la réalisation de cette enquête nous a permis de démontrer la véracité de ce que nous avons toujours affirmé. A savoir, que nous avons été victimes de mauvais traitements".

Des chancelleries occidentales comme l'Allemagne et les USA ont reçu le rapport mais n'ont pas encore réagi. Toutefois, le responsable des programmes Afrique de l'ACAT, Clément Boursin pense que leur réaction sera toujours diplomatique, de manière à préserver les relations entre leur pays et la Guinée.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com


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