CENI, qui tire les ficelles de la crise ?

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FOFANA_Bakary_2_01Dans la dernière semaine du mois d'Avril 2017, pendant que l'événement « Conakry capitale mondiale du livre » ouvrait ses portes, un site d'information de la place annonce que Bakary Fofana, président la Commission électorale nationale indépendante, a déposé sa lettre de démission au chef de l'État et que depuis plusieurs jours il a déserté son bureau.


Cette information a fait un tollé dans la cité, les choses se sont précipitées et durcies les semaines et mois après quand Bakary a commencé de bouder les assemblées plénières de la CENI et de refuser catégoriquement de collaborer avec ses collègues commissaires. On connaît la suite de l'histoire : motion de défiance, remaniement partiel du bureau de l'institution qui coûtera à Bakary le poste de président.


C'est alors que le commissaire maître Amadou Salifou Kebé, nouveau président, et ses camarades adressent pour information un courrier officiel à qui de droit : le premier-ministre, le ministre de l'administration du territoire et de la décentralisation et le ministre conseiller à la présidence chargé des relations avec les institutions républicaines.


Entre temps le chef de l'État accorde une audience au nouveau président de la CENI, puis le lendemain fait diffuser un communiqué demandant à la CENI de sortir dans les meilleurs délais un chronogramme pour la prochaine échéance électorale en même temps de rédiger les termes de référence de l'audit  du fichier électoral. Dans cette lancée, maître Kebé propose au ministre de l'Administration du territoire et de la décentralisation une date pour la passation de service. Le jour et l'heure convenus le ministre fait attendre tout le monde (commissaires, personnel technique, presse) jusqu'à 17h pour s'excuser de ne pouvoir venir. Motif : le président devrait recevoir en audience Bakary Fofana et c'est seulement après cela qu'une nouvelle date serait fixée pour la passation.


Dans l'attente de la passation de service, le comité de suivi des Accords du 12 Octobre 2016 instruit la CENI de demander à la Cour constitutionnelle son avis pour la rédaction des termes de référence relatifs au recrutement d'un auditeur pour le fichier électoral. La Cour écrit à la CENI qu'elle n'a pas qualité à la saisir, que seuls sont habilités à le faire l'Assemblée nationale et le président de la République.


Bakary, pour sa part, va de point de presse en point de presse pour déclarer qu'il reste et demeure le président de la CENI, mieux il dépose une plainte à la Cour constitutionnelle en annulation  du vote qui le démet de ses fonctions. Et contre toute attente celle-ci déclare recevable la plainte, écrit à la CENI pour suspendre la passation jusqu'à l'arrêt qu'elle prendra, désigne en outre un commissaire président intérimaire.


A ce jour force est de constater qu'on est dans un véritable embrouillamini à la CENI. Et les gens se demandent à qui cela profite, qui tire les ficelles de la crise ? Maints observateurs pointent du doigt, à tort ou à raison, le locataire de Sekoutouréyah. Ils estiment que celui-ci n'est pas à sa première manœuvre pour torpiller la marche de l'organe de gestion des élections. Selon eux le parti au pouvoir, le RPG Arc-en-ciel, est miné à ce jour par de fortes dissensions internes, il perd du terrain jusque dans la région réputée être son fief.


Dans ce contexte Alpha Condé ne saurait en aucune manière accepter d'aller à une élection quelle qu'elle soit. Ce pouvoir qui détiendrait une expertise, dit-on quand il s'agit de pêcher en eaux troubles, mettra tout en œuvre pour maintenir la CENI dans une léthargie qui ne dit pas son nom. Il est vrai aussi que toutes les manœuvres politiques ont réussi au président depuis qu'il est au pouvoir, mais cela va durer jusqu'à quand ? Attendons de voir.


O. Tiéro

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+1 #3 Gandhi 15-08-2017 22:41

C'est bien de rappeler que "la Cour écrit à la CENI qu'elle n'a pas qualité à la saisir, que seuls sont habilités à le faire l'AN et le PRG".
puis d'indiquer ensuite que "Et contre toute attente celle-ci déclare recevable la plainte, écrit à la CENI pour suspendre la passation jusqu'à l'arrêt qu'elle prendra, désigne en outre un commissaire président intérimaire".
C'est la Guinée... bananière...
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+2 #2 I MB SOW 15-08-2017 20:28

Rien à ajouter à ce texte, si ce n'est que la fin des basses manoeuvres politiques de Alpha Condé ne sera ni pour demain ni pour 2020, du reste...
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0 #1 Kawou DD 15-08-2017 15:02

C'est clair comme l'eau de roche que, c'est Alpha Condé avec son cheval de Troie pour brouiller les cartes;afin,de briguer un 3ème Mandat.
Son plan Machiavélique ne marchera plus.
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