Gouvernement d'union nationale : des avis divergents

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mamady kaba 1Dans une déclaration  publiée récemment, le président de l'Institution nationale indépendante des droits humains (INIDH) a proposé la mise en place d'un gouvernement d'union nationale pour une sortie de crise, surtout pour l'application de l'accord du 12 Octobre 2016. Suite à cette proposition, notre reporter a recueilli les propos de quelques acteurs sociopolitiques.


Bangaly Keita, Directeur de communication de l'UFC : « nous étudierons mieux cette idée de gouvernement d'union nationale proposée par le président de l'INIDH »

« Pour toutes les bonnes solutions qui peuvent aller dans le sens de la mise en œuvre intégrale et à temps la disposition de l'accord du 12 Octobre, nous de l'UFC, nous sommes preneurs. Puisque nous œuvrons pour que la démocratie puisse se renforcer davantage dans notre pays, pour que les institutions constitutionnelles puissent fonctionner au regard des charges qui leurs sont prescrites par la loi. Et si l'idée d'un gouvernement d'union nationale de transition pourra permettre à ce qu'on mette en œuvre intégralement et à temps les dispositions de l'accord du 12 Octobre, pourquoi pas. Mais comme nous l'avions eu à préciser dans le temps, nous sommes pour un gouvernement d'union nationale dans la mesure où cette solution à constituer dans des pays la panacée, la solution qui a permis à ces pays-là, de sortir de crise sociopolitique majeure. Donc, on pourrait dire au regard de la situation sociopolitique qui prévaut en Guinée que nous sommes en crise et que quelque part, un gouvernement d'union nationale de transition qui va fédérer toutes les forces  politiques réelles de ce pays et qui aura un programme d'urgence nationale assorti d'un calendrier d'exécution et fera en sorte que notre pays puissent mieux se porter, qu'on puisse renforcer notre processus démocratique, notre processus électoral, de manière à ce que la Guinée puisse enfin sortir de cette ornière qui n'a que trop duré. Donc nous étudierons mieux cette idée du gouvernement d'union nationale proposé par le président de l'INIDH ».


Dansa Kourouma, président du CNOSCG : « c'est une proposition qui peut être examinée parce que l'INIDH n'est pas une institution négligeable ».

« Je pense que c'est une proposition qui peut être examinée parce qu'il y a une sorte de contrainte irréductible par rapport à l'application de certains points de l'accord politique. Mais qu'à cela ne tienne, la volonté des acteurs doit se réaffirmer beaucoup plus. Les gouvernements vont changer, mais le système de gouvernance reste et demeure. Donc, je pense que c'est une proposition qui peut être examinée parce que l'INIDH n'est pas une institution négligeable. Donc, c'est après avoir analysé les tenants et les aboutissants, qu'ils ont fait certainement cette proposition-là ».


Alhousseini Makanera, président du FND : « je ne suis pas favorable ».

« Je ne suis ni favorable pour un gouvernement d'union nationale aujourd'hui, ni demain. Un gouvernement d'union nationale pourquoi faire. Parce qu'un gouvernement d'union nationale aussi, c'est le constat d'un échec. Normalement dans un pays, le parti qui bénéficie de la confiance de la population, on le laisse travailler. Si la population est toujours satisfaite, elle reconduit sa confiance au même parti et l'opposition cherche à critiquer et à proposer des alternatives. Si l'opposition se rend plus crédible aux yeux de la population, la faveur de la population change de camp, c'est ça la démocratie, c'est ça le développement. Mais si nous faisons semblant aujourd'hui de regrouper toutes les forces politiques dans un gouvernement, mais c'est trahir le peuple. Alors qu'aujourd'hui, le gouvernement du Pr Alpha Condé est capable d'appliquer les accords, nous envoyer aux élections. Je ne vois aucune importance d'un gouvernement d'union nationale si ce n'est pas pillé le jeu démocratique ».


Propos recueillis par Amadou Sadjo Diallo

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+5 #2 Ourouro Bah 14-08-2017 19:19

Il est étonnant qu’un homme en charge des droits de l’homme avance ces solutions politiciennes. La Guinée pays a l’expérience des gouvernements d’union nationale. Ils n’ont rien réglé. Le premier en date fut l’union de 1958 qui finit par le carnage des opposants et la mainmise sur l’état de la famille de Sékou Touré. Un concept pernicieux d’unionisme a été instillé dans les esprits des guinéens par le totalitarisme, la tradition de conformisme et le refus d’ouvrir les débats et de gérer les conflits sous les auspices de la justice. Il permet et masque les abus politiques. Ses avatars du genre « la Guinée est une famille » obscurcissent les impératifs d’éradication de l’impunité et de l’érection de l’état de droit. Les politiciens manipulent le concept. Les guinéens moyens peuvent le gober faute d’éducation politique. Mais ceux qui sont en charge de la justice et des droits de l’homme devraient être suffisamment vigilants pour ne pas les véhiculer. A la place, ils devraient faire focus sur ce qui leur incombe : mobiliser les citoyens pour la défense leurs droits comme seul gage de la démocratie. La démocratie requiert l’existence d’une majorité sanctionnée par le suffrage régulier du peuple, et contrôlée par la justice. Elle garantit l’existence d’une minorité dont les droits doivent être préservés par la justice. Le mélange des genres dans des unions ne fait que noyer le poisson. De ces eaux troubles, les criminels sortent toujours ragaillardis.
Ourouro Bah
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+4 #1 Gandhi 13-08-2017 11:14

Pas de gouvernement d'union nationale. On ne mélange pas les torchons et les serviettes.
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