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CENI, Charles André Soumah revient sur les motifs de l'élection de Me Kébé
Amadou Tidjane Diallo Mardi, 08 Août 2017 13:40
Le directeur de la communication de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est revenu sur les incidents intervenus la semaine dernière au domicile de l'ancien président, Bakary Fofana. Charles André Soumah explique également les circonstances dans lesquelles Me Amadou Salifou Kébé a été élu pour remplacer le sortant. M. Soumah évoque aussi dans cet entretien les préparatifs pour un chronogramme électoral.
Le Démocrate : M. Soumah, qu'est-ce qui s'est passé au domicile de l'ancien président de la CENI ?
Charles André Soumah : je vous donne une classification. L'assemblée plénière du 1er Août a décidé de prendre des décisions majeures en ce qui concerne la situation qui prévaut dans cette CENI, la crise. Vous le savez ! Le président de la CENI, Bakary a organisé un point de presse, au cour duquel, il a exprimé qu'il reste demeure le président de la CENI. Bakary Fofana n'est plus président de la CENI à ce que je sache. L'assemblée plénière est l'instance de la décision de la CENI. D'autant plus que nous sommes régis par une loi, la loi 016 en son article 17. La CENI est composée d'un bureau qu'on appelle bureau exécutif de la CENI, un président, 2 vice-présidents, un rapporteur et un trésorier. L'article 17 dit que le président peut convoquer la plénière. Les deux tiers également des commissaires peuvent convoquer la plénière. Toutefois, comme l'article 17 le dit, ²/3 des commissaires peuvent remplacer partiellement ou totalement le bureau. C'est ce qu'on a pu faire compte tenu des dysfonctionnements constatés depuis belle lurette au sein de notre institution. Sur 19 commissaires présents, nous avons procédé à l'élection du président.
Dix-huit (18) ont voté pour Me Amadou Salifou Kébé et devant un huissier qui a tenu le PV et en présence du doyen des commissaires et de 2 commissaires les plus jeunes qui ont également fait le PV. Maintenant que cette élection est derrière nous. L'assemblée plénière qui a réuni tous les commissaires a décidé d'envoyer une lettre à M. le président sortant Bakary Fofana de libérer le bureau, de remettre tous les matériels de la CENI que ça soit en matériel roulant, que ça soit en matière informatique. Tout ce qui est à sa possession de pouvoir remettre au niveau de l'institution.
Il n'a pas voulu respecter comme on en a l'habitude, respecter les décisions de la plénière. Et nous nous sommes adressés à qui de droit pour exécuter cette décision de la plénière. Et on lui a envoyé une lettre. Elle spécifiait que dans 24 heures, il doit libérer le bureau et également mettre la disposition de l'institution le véhicule de commandement qui ne lui appartient pas.
Ce n'est pas une propriété privée. Le régime de commandement dans lequel, il roule, c'est la propriété de l'institution. Étant donné qu'il est plus président de la CENI, je pense que pour le respect de l'institution, il devrait en principe accepter la décision de la plénière. Mais je pense que les décisions sont prises pour que le véhicule soit immobilisé. (…).
Bakary a dit qu'il va porter plainte si la cour constitutionnelle ne le rétablit pas dans sa fonction. Que répondez-vous ?
Pratiquement, si ce n'est parce que vous êtes à la recherche de l'information, c'est un avis que je ne peux pas donner étant donné que nous ça ne nous concerne pas. Il est dans son droit de saisir n'importe quels tribunaux ou n'importe quelle institution de la République. Ça ne nous concerne pas. Le gouvernement nous a demandé dans les meilleurs délais de fournir un chronogramme et au gouvernement et au niveau des partis politiques et tous les acteurs du processus. Nous nous sommes attelés à ça. C'est pour cette raison qu'il y a une rencontre d'échanges avec les présidents et les membres de CECI de Conakry. Donc, au cours de cet échange, on a demandé aux membres de ces structures de se remettre au travail, bien qu'ils aient de petits problèmes avec la CENI centrale. En ce qui concerne le payement de leurs émoluments qui avoisinent les 6 mois. Donc nous nous sommes dans la fourchette du travail. On est en train de faire notre projet c'est-à -dire le projet de chronogramme qui va être plus tard présenté aux différents acteurs du processus électoral.
La cour constitutionnelle fera son travail. Nous, également en tant qu'institution, nous sommes dans la lancée de ce que le gouvernement, la présidence nous a demandé de faire. Si l'invalidation vienne de la cour constitutionnelle mais on se soumettra à cela. Il n y a pas de copier-coller par rapport à cette question.
Croyez-vous que la cour constitutionnelle peut rétablir Bakary Fofana ?
Je n'en sais rien du tout parce que je ne suis pas au centre de cette situation. Est-ce que la cour va valider ou invalider, laissons-la faire son travail.
Selon vous, qu'est-ce qui retarde la passation de services et pourquoi Salifou Kébé n'est toujours pas installé comme président de la CENI ?
Moi je crois qu'on ne peut plus attendre la passation de services. On nous a demandé de faire un travail. Il s'agit de préparer avec diligence le projet de chronogramme ou l'organisation des élections locales. Nous, nous sommes dans ce schéma-là . Ce qui nous intéresse maintenant là , c'est l'élaboration du chronogramme pour les élections locales, les élections communales surtout.
Des rumeurs font état d'une rencontre entre le président de la République, Alpha Condé et les présidents sortant et entrant de la Ceni. Est-ce que vous êtes au courant de cette information ?
Selon le compte rendu que le nouveau président nous a fait tout récemment, il a effectivement rencontré le président de la République qui lui a dit qu'il ne s'immisce pas dans les affaires de la CENI, que la CENI est indépendante. Maintenant, Me Kebé étant élu, il lui a prodigué des conseils pour qu'il puisse vraiment travailler et que les élections locales se fassent le plus vite que possible. C'est ce que nous avons retenu comme compte rendu.
Pensez-vous que le président a pris fait et cause pour Me Bakary dans ce dossier ?
Pas du tout. Le président de la République aux dires du président de la CENI, on a compris qu'il est sous l'autorité de la loi et qu'il ne veut pas remettre les choses en cause. L'élection s'est déroulée. Me Kébé a été élu par la majorité. Et en démocratie, c'est la loi de la majorité. Moi je ne pense pas que le président ait pris fait et cause pour Me Kebé. Voilà ce que je puis vous dire.
Entretien réalisé par Tidiane Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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