Affaire troisième mandat : Eli Kamano revient sur sa mésaventure….

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KAMANO_Elie_4_01L'artiste reggae man guinéen, Elie Kamano a initié une marche pacifique le mardi 18 Juillet dernier, pour dénoncer la mal gouvernance. Mais aussi et surtout attirer l'attention de l'actuel président de la République, sur la galère que pourrait provoquer un éventuel projet de 3ème mandat. Mais la star de reggae locale fut interpellée par les forces de l'ordre, avant d'être libéré le lendemain par la justice.


Le jeudi dernier, Elie Kamano et ses compagnons d'infortune  sont revenus sur cette mésaventure, lors d'une conférence de presse. Dans son introduction, Elie Kamano a indiqué qu'ils ont décidé d'unir leurs forces, afin de parer à toute velléité de changement de constitution en République de Guinée. Ainsi ce jour, ils ont baptisé leur marche : « le peuple n'en veut plus ». D'autres slogans bien sûr avaient accompagné « le peuple n'en veut plus ». Tels que « la corruption, l'insécurité, l'injustice…on n'en veut plus », a précisé l'artiste.


Mais à l'en croire, avant d'entreprendre ladite marche certains commis de l'État avaient tenté de les dissuader, notamment le conseiller spécial du président de la République, Tibou Kamara.

« Le ministre d'État s'est basé sur la lettre d'information au niveau du gouvernorat de la ville Conakry, pour nous demander de surseoir à la marche. Pour ne pas être en porte-à-faux avec la loi », a dit le reggae man. On a aussi parlé avec le général Baldé, du Haut commandement de la gendarmerie, a-t-il ajouté. Puis de poursuivre en disant que là où  ils devaient entamer la marche, des policiers étaient déjà-là en faction et d'autres jeunes dit-il, qui étaient également là, pour contrer leur marche.

« Ces jeunes voulaient agresser mon groupe, et lorsqu'on est arrivé, directement les policiers sont venus nous arrêter, pour la direction de la police judiciaire. On était quatre personnes. On nous a auditionnés devant mon avocat, maître Béavogui », souligne Kamano. Ils ont passé la nuit à la DPJ. « Et pendant cette nuit-là, à 4h du matin, une attaque à main armée a eu lieu, juste à côté de la présidence de la République. Pour vous dire jusqu'où l'insécurité prévaut dans notre pays. On nous a dit que des malfrats ont tué un gendarme. Le lendemain, on a passé la journée et vers 17h, on nous a envoyés au tribunal de Mafanco et on était confronté au procureur. Il m'a fait savoir qu'il ne pouvait pas nous accorder de liberté provisoire, que parce que je suis un récidiviste », a laissé entendre l'artiste Elie Kamano. Et puis dit-il, il nous a placés sous mandat de dépôt. «A la maison centrale, on s'est demandé que s'est-il passé. Arrivé-là, c'est le régisseur de la Maison centrale qui nous a fait comprendre qu'on n'a pas de place là-bas ». « Il nous a dit monsieur Kamano, vous n'avait pas de place ici. Vous n'avez de place dans aucune prison en Guinée. Retournez d'où vous venez, et dites-leur que c'est moi qui le dit », a ajouté l'artiste. Selon lui, il a posé la question au régisseur de savoir et s'il ne trouve pas le procureur là-bas. « Il nous a dit, si vous le trouvez pas là-bas, ça veut dire que vous êtes libre », a-t-il répondu.


C'est ainsi, a-t-il poursuivi, qu'on s'est retourné, et le procureur a fait l'ordre de libération. Il a remis au pénitencier, et on a rejoint nos maisons. L'artiste engagé a conclu, en faisant remarquer qu'il voudrait seulement que le président de la République fasse comme ses homologues de la sous-région. Eux, qui ont déjà déclaré qu'ils ne seront pas candidats pour un quelconque troisième mandat.


Richard Tamone

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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