Sanakou Lundi, 10 Juillet 2017 10:47
« L'évènement que nous vivons aujourd'hui n'est qu'un aboutissement d'un long processus qui prévaut à la CENI il y a 2 mois, il s'agit du dysfonctionnement de la CENI. Au départ, nous avions voulu aller à une plénière et nous avons constaté l'absence de notre président Bakary Fofana. C'était un jeudi et le lundi qui a suivi, lors de la réunion plénière, nous avons également constaté son absence. C'est ainsi que nous avons envoyé une mission vers lui pour savoir ce qui se passait. Cette mission a été reçue le mardi par sa femme qui a parlé en son nom pour dire qu'il n'était pas prêt à recevoir une mission. Par la suite, nous étions surpris qu'il convoque lui-même une plénière à laquelle nous avions pris part où la question lui a été posée concernant son absence. Entre-temps, nous avions appris qu'il avait déposé sa lettre de démission à la présidence de la République.
À ces 2 questions, il a répondu qu'il avait un droit de réserve. De fil à l'aiguille, on s'est rendu compte que le dysfonctionnement se poursuivait à la CENI et que nos démembrements depuis 4 mois, n'étaient pas payés. Nous nous sommes dits que la situation ne pouvait pas se poursuivre ainsi et qu'il fallait voir les dysfonctionnements de la CENI et apporter des corrections pour nous permettre d'aller sereinement aux élections locales. C'est à la suite de tout cela qu'une commission a fait un projet dans lequel tous les dysfonctionnements étaient exprimés. Et à la plénière, on s'était retrouvé pour amender cette lettre. Malheureusement, nous avons entendu notre président Bakary Fofana dire devant la presse que c'est un petit groupe qui s'est réuni pour écrire cette lettre et que ce n'était pas l'avis de tous les commissaires. Nous nous sommes retrouvés dans une plénière où nous avons tous opté pour la mise en place d'un comité de trésorerie parce que nous n'étions pas du tout satisfaits de la manière dont la CENI était gérée et aussi de la façon dont le président de la CENI se rendait potentat par rapport à tout ce que nous sommes en train de vivre. C'est ainsi que la commission a travaillé et le résultat de cette commission a été présenté dans une de nos plénières. Il a été accepté par 18 commissaires sur les 19 qui étaient présents à la plénière. C'est monsieur le président seul qui s'est opposé à la volonté des 18 autres commissaires. Donc, nous nous sommes dits qu'il faudrait que cet outil de travail qui est le comité de trésorerie soit mis en place pour que les commissaires sachent quels sont les fonds envoyés par l'État à la CENI, comment ces fonds sont gérés et comment le matériel de la CENI est également géré. C'est dans ce cadre que nous nous sommes retrouvés face à un homme qui ne voulait pas du tout changer et qui s'est opposé à tout le monde à la CENI.
Nous avons pensé que cette situation ne pouvait pas se poursuivre. On a été convié à une dernière plénière où Bakary Fofana a occulté cette question que nous lui avons rappelée. Il a dit qu'il avait ordonné à l'équipe de faire le travail et que si cela est inscrit dans l'ordre du jour, qu'il se retirait et qu'il laissait les commissaires travailler. Nous n'avons pas voulu contesté et l'ensemble des commissaires présents ont travaillé sur le document et les différents points ont été adoptés. Nous avons mentionné qu'aucun point ne pouvait être modifié et que le président n'a que 24 heures pour signer le document qui nous guidait dans la gestion des moyens matériels et financiers et de la CENI. A partir de là, nous avons pensé que le président seul ne pouvait pas s'opposer à la volonté de l'ensemble des commissaires dans leur majorité écrasante pour mener à bateau notre institution. Nous avons fait une motion de défiance qu'on a mise en marche et cette motion de défiance a été signée par les commissaires qui se sont retrouvés pour procéder à cette élection qui vient de nous donner un nouveau président en la personne de Me Salif Kébé.
Pourquoi la plénière s'est tenue à la veille du décès d'un membre de la CENI en l'occurrence, Yéro Condé ?
Le commissaire Jacques Gbonimy précise : « l'ensemble des commissaires étant victimes du décès de notre collègue Yéro Condé, n'était pas amené à faire forcement cette plénière élective aujourd'hui ; mais la dernière sortie de Bakary Fofana qui a tenu une conférence de presse, nous a motivés à nous mettre dans la lancée de son éviction parce que nous pensons qu'en fonction de tout ce qu'il est en train de faire comme agitation, à ne pas comprendre la majorité des commissaires, nous nous sommes dits qu'il ne peut pas nous gérer et il ne peut plus nous amener à une élection qui est capitale comme les élections locales qui pointent à l'horizon ».
Guineenews
Sanakou n°80 du 10 Juillet 2017
![]()