« Les populations ont l'opportunité l'année prochaine de renvoyer les députés qui ont voté ce code...»

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KABA_Mamady_01La Cour constitutionnelle a finalement statué sur le nouveau code électoral adopté à l'Assemblée nationale. Le point 2 de l'accord politique paraphé le 12 Octobre 2016 relatif à la désignation des conseillers de quartiers et de districts a été validé par l'institution. Pour Mamady Kaba même si cette décision est sans appel, la population a une autre chance. Quant aux menaces de l'opposition de reprendre ses manifestations de rue, le président de l'INIDH déconseille le pouvoir de faire la sourde oreille.


Après adoption du code électoral au mois d'Avril dernier à l'Assemblée nationale, des organisations de la société civile ainsi que des partis politiques avaient saisi par le biais de l'INIDH la Cour constitutionnelle pour inconstitutionnalité du texte. Arguant que la désignation des chefs de quartiers et de districts est anti constitutionnelle.


Cependant, la Cour constitutionnelle, elle ne pense pas de la même façon. Dans sa décision, elle valide ce point. Sans commentaire, le président de l'INIDH estime qu'il est temps de tourner cette page. « Ce qui nous reste à faire, c'est de nous mobiliser pour aider le pays à faire face aux défis futurs, les défis électoraux. J'appelle toutes les composantes et tous les acteurs de la vie nationale à taire leurs divergences, à mettre fin à toute polémique et à se donner la main pour aller faire des élections libres crédibles dans les meilleurs délais pour renouveler les institutions de la république qui doivent l'être. Nous ne commentons pas la décision de la Cour constitutionnelle. Nous appelons l'ensemble des population à regarder vers la Guinée », a-t-il lancé.


Malgré cet appel de détresse, Mamady Kaba estime que le combat contre ce code n'est pas définitivement perdu. « Si les populations ne sont pas d'accord pour que ce code électoral régisse le fonctionnement de choix des dirigeants de nos communes de nos quartiers, alors les populations ont l'opportunité l'année prochaine de renvoyer les députés qui ont voté ce code et de choisir d'autres députés qui vont revisiter le code électoral et l'adapter à la volonté du peuple. En démocratie, il y a toujours des opportunités de défendre ses opinions. Il faut maintenant attendre les législatives, faire campagne auprès des populations pour qu'elles choisissent des députés qui vont revisiter le code électoral. Pour le moment l'ensemble des voies étant épuisées, il est important que nous ne restions pas dans le passé. Il faut qu'on évolue vers le futur. Les arrêts de la Cour constitutionnelle sont sans appel », précise le président de l'INIDH.


Par ailleurs, il s'est exprimé sur les menaces de l'opposition de reprendre ses manifestations de rue. « La manifestation est un droit pour l'opposition politique. Étant donné que les manifestations ont toujours abouti à des destructions de vies humaines qui n'ont jamais fait l'objet d'enquête et personne n'a jamais été puni pour ces meurtres, il est bien que le pays ne prête pas le flan à des nouvelles destructions de vie humaines pour alourdir le problème que nous avons déjà. Donc, il est important que tout soit fait pour que l'opposition n'ait pas besoin d'user de ce recours ultime » a-t-il indiqué, avant d'appeler le président de la République et son gouvernement « à se saisir de la question et travailler avec l'opposition pour accéder à leur revendication légitime, c'est ce qui peut faire en sorte que l'opposition renonce à ces manifestations », souligne Mamady Kaba.


Amadou Sadjo Diallo

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu


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