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Suspension de la grève des banques : un accord au forceps
Amadou Sadjo Diallo Dimanche, 04 Juin 2017 11:05
La Fédération syndicale des banques et assurances de Guinée (FESABAG) a mis un terme à son mouvement de grève lundi dernier, au terme d'un accord passé avec l'Association patronale des banques (APB), sous l'égide du gouvernement guinéen. Cet accord au forceps aura prévalu sur la pression du chef de l'État qui, craignant sans doute que la situation ne s'enlise avec l'effet de contagion qu'aurait pu provoquer cette grogne sur d'autres secteurs d'activités comme l'éducation, a tordu le bras aux patrons des banques pour les amener à céder sur plusieurs des points inscrits dans la plate-forme revendicative.
La FESABAG a suspendu son mot d'ordre de grève au terme de négociations qui se sont déroulées le lundi dernier, jusque tard dans la nuit. Cette suspension va durer jusqu'au 4 Juillet prochain, selon la fédération. Dans un communiqué du gouvernement publié à cet effet, les parties prenantes au dialogue affirment avoir trouvé un point d'accord sous l'égide du Premier Ministre Mamady Youla.
Ce communiqué du gouvernement rapporte que « les parties conviennent du relèvement du niveau général des salaires du 1er Janvier au 30 Juin 2017 à 9.000 points ; du 1er Juillet au 31 Décembre 2017 à 10.000 points.
Soit une augmentation moyenne de 16,9% sur l'année 2017. Cette augmentation aura une incidence de l'ordre de 5% sur le niveau des salaires de l'année 2018 ».
En ce qui concerne la retraite complémentaire obligatoire, le communiqué indique que les parties conviennent « de la mise en place de la retraite complémentaire obligatoire dans chaque banque sur la base des négociations internes ».
Quant à la charge des frais d'évacuation sanitaire « les parties conviennent du principe de la prise en charge des frais d'évacuation sanitaire des employés et leurs familles sur la base des négociations internes ».
Autre question discutée lors des négociations, c'est la revalorisation des primes, indemnités et allocations. Selon le communiqué, les parties acceptent que les primes de scolarité, de la fête du travail du 1er Mai, l'allocation de mission syndicale et l'indemnité de congé restent pour le moment inchangés et seront négociées dès le 4 Juillet 2017 sous la médiation de l'Inspection Générale du Travail, en même temps que les autres indemnités non discutées lors de ces négociations.
En revanche, les primes de Tabaski passent de 1.100.000 à 1.500.000 ; de Ramadan de 500.000 à 600.000 ; de Noël 500.000 à 600.000 et de Maouloud de 120.000 à 300.000 GNF.
Un des points de revendication des travailleurs, c'est le respect des délais d'expatriation. S'agissant de cette question, le Gouvernement a invité les banques au strict respect de la réglementation en la matière et engage l'Inspection Générale du Travail à effectuer des contrôles à cet effet.
L'application correcte et intégrale de la convention collective signée en 2004 entre l'APB et la FESABAG a aussi été abordée lors des négociations. L'APB s'engage à respecter strictement les dispositions contenues dans ladite convention surtout dans sa partie classification par diplôme.
Conformément aux dispositions du code du Travail, il a été retenu que nul ne sera inquiété et sanctionné pour fait de grève. Enfin les parties se réjouissent selon le communiqué de l'esprit de responsabilité qui a caractérisé ces négociations et s'engagent au respect strict des clauses du présent accord.
Avec la fin de cette grève, la clientèle des banques durement éprouvée par ce débrayage a poussé un ouf de soulagement dès la réouverture des institutions bancaires mardi dernier.
Il aura fallu surtout l'implication du chef de l'Etat, qui à partir de Khartoum au Soudan, où il était en visite de travail, a appelé les différentes parties à tout mettre en œuvre pour parvenir à un accord de sortie de crise. Vu que Mamady Youla, le Premier ministre qui présidait les pourparlers était en difficulté.
Alpha Condé a voulu sans doute prendre le taureau par les cornes, en évitant que la situation ne s'enlise, avec l'effet de contagion qu'aurait pu entrainer cette grève. Des menaces avaient d'ailleurs été proférées lundi par Louis M'Bemba Soumah de l'USTG, centrale syndicale à laquelle est affiliée la FESABAG, appelant à une solidarité envers les grévistes.
Quand on sait que Louis M'Bemba est aussi l'un des ténors de la Fédération syndicale des enseignants, il y avait de quoi craindre que les écoles ferment de nouveau, comme en février dernier, une grève qui avait dégénéré en émeutes, faisant 8 morts.
Amadou Sadjo Diallo
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
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