Crispation politique : Dalein dénonce la France

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DIALLO_Cellou_Dalein_23_01Dans un entretien accordé à nos confrères de RFI, le président de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) accuse la France de soutenir le président Alpha Condé dans le non-respect des accords signés ces dernières années entre le pouvoir et l'opposition. Cette sortie de Cellou Dalein Diallo vise sans doute à dénoncer la Françafrique, qui est cette politique qui régente les rapports entre Paris et ses anciennes colonies.

« La main qui donne est celle qui commande », a-t-on l'habitude dire. L'interview accordée par le chef de file de l'opposition guinéenne de passage en France, à nos confrères de RFI semblent confirmer cet adage.


Selon Cellou Dalein Diallo, qui ne mâche pas ses mots d'ailleurs, malgré l'implication de l'ambassade de France pour la tenue des dialogues, rien n'a été respecté par la suite. « La France a financé par l'intermédiaire de la francophonie le processus électoral, mais quand même il y avait un soutien visible à M. Alpha Condé. Nous n'avons pas reçu l'appui de la France. Tous les accords politiques qui ont été signés et qui portaient la signature de l'ambassadeur de France depuis 2013 n'ont pas été appliqués. Alpha Condé n'a pas voulu les appliquer. On n'a pas eu le soutien de la France dans l'application des accords politiques qui devraient permettre d'améliorer le processus électoral », a fait remarquer Cellou Dalein Diallo.


Puis, le président de l'UFDG a mis l'occasion à profit pour demander au nouveau président français, Emmanuel Macron de « ne pas continuer à soutenir des amis au nom de l'internationale socialiste. Il faut éviter que sur la base des relations personnelles qu'on définisse les relations entre États. Je pense que c'est autour des valeurs partagées qu'on doit bâtir une coopération durable. Je ne pense pas que M. Macron parce qu'il a rencontré Alpha Condé, restera indifférent aux violations des droits humains, aux violations des règles de la démocratie et de l'État de droit ».


Cette sortie médiatique de Cellou Dalein Diallo est révélatrice de la rancœur de l'opposant qui a perdu les élections de 2010 et de 2015, face au même Alpha Condé, qui passe pour l'homme des puissances étrangères. Reste à savoir si Macron va sortir des sentiers battus.


Amadou Sadjo Diallo

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+3 #2 Gandhi 05-06-2017 14:37

La politique se joue sur le terrain.
Quand on accepte de tels compromis, il faut la boucler.
Voilà 2 postulats qu'il est difficile de contester. Prendre le contrepied de ceux-ci et la route s'ouvre.
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+3 #1 K. Ba 02-06-2017 20:39

Dommage que Koto Dalein continue à enfourcher les mauvais chevaux.
1) La vieille habitude africaine et surtout guinéenne d’accuser la France de tous les maux. Si Cellou peut y trouver un bouc émissaire commode pour consoler les perdants, son attitude montre qu’il refuse encore de se regarder dans le miroir de ses faiblesses. C’est une forme d’évitement et d’irresponsabilité qui l’enferme dans le sillage de la faillite politique. On ne voit aucune remise en question de sa part. Il avait quelque peu perdu les pédales suite à sa défaite électorale. Mais grâce aux provocations de Bah Oury, les rangs des challengers à l’intérieure de l’UFDG se sont calmés. Cellou a pu éviter les questions sur son leadership, son passé de fonctionnaire et de complice de Lansana Conté. Il se croit tout béni. À Nzérékoré, il a dit que « c’est Dieu qui m’a donné la popularité ». Du pur Donald Trump avec du mépris inconcevable pour les militants du parti et ceux qui votent pour lui. Le perpétuel novice en politique qu’il est ne voit pas que c’est un piège. Dans le brouillard de sa baraka il continue ses fautes politiques : alliance avec Alpha (après Daddis), dénonciation dure des challengers et finalement l’affaire trouble des milliards. On attend la suite...
2) En même temps, et en bon africain, Cellou fait des clins d’œil à Macron, le suppliant de considérer la situation en Guinée. Cela dénote encore sa naïveté. La politique se joue sur le terrain. En Guinée, elle doit consister à livrer une guérilla politique permanente afin de miner les mécanismes d’oppression de Alpha Condé. Il ne s’agit pas des marches pour des élections où des innocents se font canarder. Il faut une stratégie intelligente pour acculer Alpha Condé là où tout régime dictatorial est le plus faible. Le terrain des droits de l’homme. Il y a beaucoup de données sur sa complicité avec les tueries en Guinée -avant et pendant son règne. C’est le devoir de l’opposition de creuser toutes les pistes pour que ces crimes ne restent pas impunis surtout que ce sont leurs militants qui sont tués. Politiquement, c’est une bonne chose car cela garantira dans l’avenir qu’il n’y aura pas ces grabuges dans notre pays. Enfin, c’est une bonne tactique dans la mesure où les étrangers vont voir que l’opposition est réellement engagée pour un changement en profondeur et pas seulement le « OTE-TOI-QUE-JE ME METTE ». Mais à la place de stratégie, on n’entend que des complaintes qui lui valent plus de mépris de la part des occidentaux. En plus il y a ses valses continuelles avec Alpha Condé – JE T’AIME MOI NON PLUS, SURTOUT S’IL Y A DES MILLIARDS, DES VOITURES ET DES BUREAUX DE CHEF DE L’OPPOSITION A LA CLE.
« Quand on accepte de tels compromis, il faut la boucler ». C’est le commentaire qu’a fait un diplomate français très averti sur la Guinée. C’est dire comment vont être pris ses appels du pied à l’Elysée.
Wa Salam et Bon Ramadan.
K. Ba
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