Selection de vidéos
Partenaires
« Sans Dadis, nous risquons un jugement qui ne va pas pouvoir édifier le peuple de Guinée »
Amadou Sadjo Diallo Samedi, 27 Mai 2017 12:13
Le président de l'ONG Les Mêmes droits pour tous (MDT), Me Frédéric Foromou, s'inquiète de l'allure prise par le dossier du 28 Septembre. Dans un entretien qu'il a accordé à notre reporter, il estime qu'il est impossible de tenir un procès équitable sans la présence de l'ancien chef de la junte militaire Moussa Dadis Camara au pays.
L'Indépendant : Me Bonsoir les avocats de Toumba ont suspendu leur assistance dans le dossier du 28 septembre. Quelle est votre lecture de cette situation ?
Me Frédéric Foromou : moi je dirai que c'est leur droit. Si les avocats estiment que les droits de leur client ne sont pas respectés, ils peuvent claquer la porte comme ils l'ont fait. Cela aussi est une défense pour amener la justice à être plus attentive à la question du respect des droits des personnes.
Le ministre de la Justice, Me Cheik Sako a dans une sortie effectuée récemment, menacé d'affecter de nouveaux avocats à Toumba. Quel est votre point de vue Me Kolié ?
En matière criminelle, l'assistance de l'avocat est obligatoire. L'accusé ou bien le prévenu doit bénéficier de l'assistance en tout cas, en matière criminelle parce que les sanctions qu'il risque sont extrêmement graves. Figurez-vous, on peut être amené à prononcer la réclusion criminelle à perpétuité. Et dans les pays où la peine de mort est en vigueur, on peut également prononcer la peine de mort. Donc les sanctions sont extrêmement graves. C'est pourquoi la loi impose que toute personne qui fait objet d'une poursuite pénale en ce qui concerne un crime doit pouvoir bénéficier de l'assistance d'un avocat pour s'assurer que la loi est appliquée.
Croyez-vous à la tenue de ce procès en Guinée et en 2017 ?
Bon, ça c'est la grande question. Parce que tout le monde est en train de se poser la question, parce qu'il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas encore entendues dans cette affaire. D'autres ont été inculpées. Donc, techniquement le dossier n'est pas encore bouclé. Vous vous rappelez que nous allons partir bientôt en vacance judiciaire. Les mois de juillet, août et septembre, ce sont les vacances judiciaires. Est-ce que d'ici là , on va pouvoir finir ce procès alors que les magistrats vont aller en vacance judiciaire dans un mois ou deux mois ? Est-ce que nous aurons les coudées franches pour pouvoir juger effectivement cette affaire. C'est la grande question. Je l'ai dit ce jugement, rien est encore fait pour que justement ce dossier soit jugé au courant de cette année.
Le capitaine Moussa Dadis Camara est toujours en exil. Comment vous trouvez cela, alors qu'ici on parle d'avancée des enquêtes préliminaires ?
Dadis est en exil forcé. Il ne faut pas se voiler la face dans le cadre qu'il a été inculpé comme beaucoup d'autres personnes. Il a entre-temps émis le souhait de rentrer dans son pays pour justement affronter la justice dans ce dossier-là . Donc, il avait exprimé ce souhait, mais très malheureusement, on a vu que l'avion qui le transportait a été sommé de rebrousser chemin. L'avion a atterrit à Accra, au lieu d'Abidjan et Dakar. Il a été reconduit au Burkina Fasso. Donc, tout cela, ce sont des faits qui ne sont pas de nature à accélérer la tenue d'un procès. Parce qu'on ne peut pas quand même juger Dadis Camara en étant à Ouagadougou, il faut qu'il soit là . Si ce n'est pas le cas, nous risquons d'assister à un jugement qui ne va pas pouvoir édifier le peuple de Guinée comme on l'aurait souhaité.
Interview réalisé par Amadou Sadjo Diallo
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
![]()
Commentaires
Dans ces conditions,comment voulez-vous qu'il ait "Réconciliation Nationale" sans justice et vérité en Guinée?.








