
Les banques déclenchent une grève générale : une responsable de la FESABAG s'en prend à des patrons
Richard Tamone
Vendredi, 26 Mai 2017 10:16
La Fédération Syndicale Autonome des Banques, Assurances et Microfinances de Guinée (FESABAG) a décidé de lancer un mouvement de grève à compter de ce mercredi 24 Mai. L'échec des négociations menées sous la houlette du gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) et l'Inspecteur général du travail, a conduit au déclenchement d'une grève par la FESABAG ce mercredi. Au moment où nous allions sous presse, les activités bancaires étaient paralysées dans la capitale. La veille, lors de l'assemblée générale du bureau exécutif de la FESABAG et ses membres syndiqués, qui s'est déroulée dans la cour de la Bourse du travail au quartier Boulbinet, dans la commune de Kaloum, Mme Coumbassa Marie-Yvonne, une des responsables de la Fédération, s'en est prise vertement au directeur général d’Afriland First Bank.
« Un des patrons nous a insultés, mais on a dit au général, Abdoulaye Sow de nous excuser afin que nous les jeunes, nous négocions », a déclaré Marie-Yvonne. « Vous avez l'habitude de négocier avec les vieux cette fois-ci, c'est avec les jeunes. On leur a dit, comme ils disent qu'il y a que des nouveaux. Mais parmi les directeurs, il y a des nouveaux aussi, qui sont expérimentés », a-t-elle souligné.
Elle a pointé du doigt l'arrogance du patron d'une des banques, un membre de l'APB. « On a un des patrons qui prétend être le fils du chef de l'État, qui se permet de prendre la parole autour de la table, avec arrogance. Mais on ne peut pas, qu'est-ce que vous voulez. On a dit à ce patron, c'est le directeur général d'Afriland First Bank, qui se dit qu'il est le premier fils du chef de l'État. Parce qu'il se promène dans l'avion avec le chef de l'État, il passe son temps dans les couloirs de la présidence mais on s'en fout », a de façon véhémente, lâché, le secrétaire général de la FESABAG.
« Nous, nous sommes des syndicalistes, ajoute-t-elle, nous ne sommes pas des politiciens. Nous sommes-là pour défendre l'intérêt des travailleurs et le travail. Si eux, ils sont là pour défendre leurs poches, nous sommes là pour défendre les travailleurs », s'est défoulée Marie-Yvonne.
À l'en croire, le premier jour des négociations, ils auraient demandé au lieu de la négociation à la Banque centrale de mettre dehors le DG d'Afriland first bank, « parce que lors de la dernière sortie, il nous a fermé les portes. Il a demandé à nos camarades de ne plus rentrer dans sa banque. Comme si la boîte lui appartenait, et même si c'était le cas la banque est en Guinée », précise-t-elle. Puis des membres de la FESABAG lui auraient demandé de quitter le pays.
« Mais vous savez notre général est souple, il nous a demandé de mettre la balle à terre. Sinon le lendemain, on allait l'accompagner à l'aéroport, et nous allions voir qui peut nous bloquer », rouspète Mme Coumbassa.
Parlant d'un patron d'une autre banque, Mme Coumbassa Marie-Yvonne a relevé ceci : « le directeur de BCI qui n'arrête pas de nous dire autour de la table que sa banque ne se porte pas bien. Il a même ouvert aujourd'hui (mardi 23 Mai 2017), à Kagbelen. Mais malgré tout, il a achète un terrain à Lambanyi à un milliard », a-t-elle ajouté.
Trop c'est trop, poursuit-elle, il faut qu'on ait le courage de dire non. « Nous sommes autour de la table, on a décidé hier (lundi 22 Mai), à minuit, de venir vous rendre compte. Parce que notre préavis a pris fin et accepter la doléance de l'autorité sans passer par vous ». Puis la 1ère secrétaire général adjointe, après avoir fait savoir certains manques de responsabilité de l'État guinéen, afin de faire respecter la loi du pays aux employés, a reconnu que l'inspection du travail ne fait rien pour les travailleurs.
« Alors il faut qu'on se dise la vérité, ça fait très mal, mais il faut l'accepter. On n'a pas d'autorité, si on n'accepte pas de dire la vérité on va pourrir dans ça. Dénoncer la vérité peut être, si nous, on ne va pas profiter aujourd'hui, mais nos enfants vont en profiter. Mais arrêtons de parler dans les couloirs», a indiqué Mme Coumbassa.
Richard Tamone
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