Imprimer

Affaire 3ème mandat : Mamady 3 Kaba appelle à la vigilance

Amadou Sadjo Diallo  Jeudi, 18 Mai 2017 21:02

Facebook

 

mamady 3 kabaLe juriste Mamady 3 Kaba est à l'affût contre un éventuel troisième mandat du président de la République. Il l'a fait savoir dans un entretien qu'il a accordé à notre reporter le mardi 16 Mai dernier. Par ailleurs, le juriste a donné des précisions par rapport à la décision des avocats de Toumba de suspendre leur assistance dans le dossier du massacre du 28 Septembre.


Dans une sortie médiatique, les avocats de Toumba Diakité ont décidé d'arrêter leur assistance à leur client. Selon le juriste Mamady 3 Kaba, le conseil d'un avocat, c'est pour assister le client à faire valoir son droit et à pouvoir apporter la preuve de son innocence. Sur ce, l'État est obligé de se tourner vers d'autres avocats. « Si les avocats suspendent leur assistance à Toumba, l'État sera dans l'obligation de trouver des avocats qui sont donc appelés des avocats commis d'office. Il s'agit là des avocats qui seront payés par l'État qui vont assister en lieu et place de ses propres avocats. Selon des informations, les avocats actuels sont aussi des avocats commis d'office. Quoi qu'il en soit, l'État trouvera d'autres avocats pour assister Toumba Diakité», a-t-il indiqué.


Puis d'ajouter que « si maintenant d'aventure M. Toumba refusait l'assistance des avocats qui lui seront octroyés par l'État, se serait son droit. Ça voudrait dire qu'il est en mesure de se défendre lui-même. Mais cela ne serait pas une bonne entreprise pour M. Toumba parce que c'est un dossier qui est extrêmement complexe. Il y a des procédures qu'il ne maîtrise pas forcément » a-t-il souligné. Aujourd'hui, la gestion du dossier par la justice guinéenne ne rassure bon nombre d'observateurs qui souhaitent le transfèrement du dossier à la CPI. Cependant, le juriste précise que « la CPI est subjudiaire. Elle est complémentaire des juridictions pénales nationales. Elle ne peut être saisie du dossier que si les autorités judiciaires montrent manifestement leur volonté de ne pas juger, ou les autorités montrent leur incapacité à juger le crime, c'est-à-dire elle-même se déclare incompétente de connaître le crime. Ce sont les hypothèses qui peuvent faire que la CPI peut être saisie, soit par le conseil de sécurité de l'ONU ou un État qui est partie au statut de la CPI. Donc, jusqu'à preuve du contraire, c'est la justice guinéenne qui est compétente pour connaître le crime ».


Par ailleurs, le président de l'Observatoire citoyen pour la défense des droits de la République (OCDDR) attire l'attention des Guinéens sur la question d'un 3ème mandat. D'après Mamady 3 Kaba, ce n'est pas un faux débat comme l'estiment certains. Il appelle les Guinéens à se tenir vigilants. « Les velléités sont telles que nous devons faire très attention parce que s'il est interdit au président de modifier l'article 27 qui fait partie de intangibilité constitutionnelle, mais il se pourrait que le président ait l'intention d'adopter une nouvelle constitution dans laquelle cette fois-ci on va retirer de la liste des dispositions intangibles, le nombre et la durée du mandat. Voilà une autre velléité qui doit absolument être évitée. S'il est impossible de modifier cette disposition, mais bien entendu on pourrait soumettre au peuple une nouvelle constitution dans laquelle le nombre et la durée du mandat n'est pas limité. Donc on ne doit pas focaliser la réflexion seulement sur la révision. Parce que la révision de cette disposition est impossible et l'adoption d'une nouvelle constitution n'est pas une hypothèse à écarter. C'est pourquoi le débat est tout à fait normal. Ceux qui estiment que c'est un faux débat plutôt se verront devant un fait accompli », a-t-il prévenu.


Amadou Sadjo Diallo

L'indépendant, partenaire de GuineeActu


AAA_logo_guineeactu_article

Facebook