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« 337 milliards de GNF devraient être payés aux collectivités de Boké… »
Alpha Amadou Diallo Dimanche, 14 Mai 2017 21:17
Dans un entretien accordé la semaine dernière à la radio Espace FM, Alhousseny Makanéra a porté des accusations contre certains cadres qu'il a qualifiés d'indélicats qui refuseraient selon lui d'appliquer le code minier au profit des collectivités et de l'environnement. Il dira en suite que ce qui est arrivé à Boké était prévisible.
Le Démocrate : dites-nous comment vous percevez cette crise que secoue Boké ?
Alhousseny Makanéra : franchement avec Beaucoup de déception, c'est vrai que ce qui arrive est malheureux mais c'était perceptible. Vous savez avant l'implantation des sociétés minières, la bonne pratique voudrait qu'il y ait des études d'impacts environnemental et social. Mais compte tenu de comportement de certains cadres indélicats, on préfère exposer à la société et prendre ce qui devrait aller pour les collectivités et communautés et mettre ça dans leurs poches, c'est ce qui a amené tout ça.
En clair vous accusez les autorités c'est comme si l'argent que ces sociétés minières débloquent, l'argent ne va pas à l'endroit où ça devait partir, c'est un peu ça M. Makanéra ?
Je voudrais vous rappeler simplement, quand vous prenez le code minier de 2011. Le code parle de relation entre les sociétés minières et l'État, les sociétés minières avec les collectivités. Il est prévu à l'article 130 du code minier, une convention de développement locale qui doit être signée avec ces entreprises, avec les collectivités.
Dans ce code toutes les mesures environnementales de la santé de la population sont prises en compte. Et la société minière qui détient le permis minier est obligée de verser 0,5% de chiffre d'affaire aux collectivités et on impose la formation des collectivités. Si vous prenez le cas de SMD, seulement parce qu'il y a près de 14 Sociétés qui évoluent à Boké.
La SMD seulement qui a exporté 15 millions de tonnes de bauxite, si nous prenons un pourcentage de 50 dollars, les 5% vont vous envoyer jusqu'à 337 milliards qu'on devait payer aux collectivités de Boké. Donc si on avait respecté l'étude environnementale, cet impact environnemental et social, cette convention est signée, la population s'est appropriée de tout, on n'allait pas avoir les gens dans la rue.
De l'approche de solution à la crise
Je pense que le décret du président de la République est une politique de fuite en avant, et il nous a habitués à cela, surtout la classe politique, vous savez ça. Dès qu'il y a un problème, on ne cherche pas la vraie solution, on ne cherche pas à diagnostiquer le problème. On prend une décision pour vous faire perdre le temps inutilement. Ce décret n'a aucune importance, la logique voudrait s'il y a un problème, de chercher à savoir quel est le problème. Nous avons des textes, est-ce que ces textes avaient été respectés, si ces textes ont été respectés, on cherche à trouver d'autres solutions.
M. le ministre si une zone est déclarée zone économique spéciale, pour vous il n'y a pas d'avantages qui devraient venir avec ça ?
Mais le code minier est une loi, mais la loi n'a pas été respectée. Mais le décret est en dessous de la loi.
Votre message à la jeunesse de Boké
Bon, moi j'appelle la jeunesse de Boké à la retenue. Mais de continuer à se battre pour le respect de leurs droits parce que la liberté et la démocratie n'ont pas de prix. Je leur ai dit que ce gouvernement est incapable et incompétent. Donc ils sont obligés de faire ce que le gouvernement devait faire. Parce qu'en principe pour le respect du code minier, ce n'est pas à la population de l'exiger.
Le président de la République quand il est venu, c'est lui qui a initié la réforme du code minier. Il a mis un ministre des Mines. Un ministre de l'Administration du territoire, si c'est la population qui doit descendre dans la rue pour exiger le respect du code minier parce que ça ne va pas, à défaut nous sommes obligés de le faire. Et j'apprécie la récente décision qui voudrait qu'on laisse tous les autres en paix travailler normalement, mais que la société les sociétés minières qui évoluent soient bloquées parce qu'on nous a dit que c'est une coopération gagnant-gagnant. Donc si c'est gagnant-gagnant. Chacun est obligé de soutenir la production.
Mais si vous voyez d'un côté, on dit il y a de la production, l'autre côté dit qu'il faut produire, c'est que c'est un côté qui gagne, l'autre ne gagne pas. Si vous voyez un bâtiment flambant neuf que la SMD en moins de deux ans de production vient d'ériger en plein centre de la capitale, et qu'on se rende maintenant à Boké là où tout cet argent-là est sorti, là -bas tous les bâtiments sont devenus rouges, tous les gens sont malades. Ça c'est vraiment inacceptable et incompréhensible.
Une synthèse d'Alpha Amadou Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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