Alpha Amadou Diallo Dimanche, 07 Mai 2017 11:13
Sanou Kerfala Cissé, le président de l'Union des Radios et Télévisions Libres de Guinée (Urtelgui) a contesté le rapport à travers un entretien qu'il a accordé récemment à la Radio Lynx FM dans son émission Œil de lynx. Dans cet entretien M. Cissé soutient que ce rapport n'est pas fiable.
Le Démocrate : que reprochez-vous à ce classement de Reporters sans frontière (RSF) ?
Sanou Kerfala Cissé : je reproche à ce classement la démarche méthodologique, pédagogique de Reporters sans frontière dans l'élaboration de leur rapport, surtout il vous dira en matière d'investigation ou enquête, il y a un certain nombre de démarches que tout investigateur ou tout enquêteur doit suivre. Ce qui nécessite la mise en place d'un échantillon et par définition, un échantillon n'est autre que la fraction représentative de la population mère. Et la population mère aussi par définition, est l'ensemble des individus concernés par une étude, mais dans le cas de figure de RSF, nous constituions l'élément fondamental de cette enquête. Nous journalistes que nous sommes, nous professionnels de la communication que nous sommes, président d'Institution que nous sommes.
L'ONG RSF ne peut en aucun cas venir en Guinée mener une enquête aussi importante, aussi sérieuse sans rencontrer une quelconque partie, une quelconque institution de la presse. Je voudrais nommer ici la presse en ligne, la presse écrite et la presse audio-vidéo privée de notre pays. Donc nous disons que ce rapport n'est pas un rapport fiable.
Ce n'est pas le classement de la Guinée qui nous intéresse. C'est tout simplement la méthodologie élaborée par RSF pour mener son enquête. On ne peut pas reprendre ici quelqu'un en matière d'enquête, mais il y a un minimum sur lequel les gens doivent être d'accord.
Ceux qui font des sondages à l'étranger, ils vous disent, nous avons pris tel nombre de personnes et le sondage a concerné tel nombre de personnes, voilà ce qu'on a trouvé. Mais vous ne pouvez pas venir en Guinée, mener une enquête comme ça et retourner dire voilà c'est ça. On n'est pas d'accord.
RSF dispose d'un réseau assez fourni dans chaque pays. Et il envoie des questionnaires, ces questionnaires sont souvent classés… c'est-à-dire ils ont beaucoup d'échantillons, ils ne travaillent pas à la légère comme ça. Non, si RSF doit travailler sur un élément qui concerne la presse, ils doivent d'abord s'adresser aux acteurs de la presse.
Et vous pensez qu'ils ne l'ont pas fait ? Selon vous comment RSF travaille puisque vous contesté la façon dont ils travaillent ?
Non, la méthodologie dans le cadre d'une enquête sociologique, dans le cadre d'une enquête d'un sondage. Il y a la mise en place d'un échantillon, je vous ai dit que l'échantillon est la façon représentative de la population mère. Est-ce que c'est un échantillon accidentel, est-ce que c'est une observation directe ou participante qu'ils ont eu à faire ? Il y a la méthodologie de base pour une quelconque enquête.
Le site de RSF, voilà ce que dit le classement annuel des pays sur la liberté de la presse : « la presse prend en compte dans sa notation à la base de classement non seulement l'action et les règlements imposés à la presse par les autorités officielles du pays mais aussi les moyens légaux et judiciaires pris pour défendre la liberté de la presse, et punir les conditions équitables pour ceux qui portent atteinte ainsi les conditions locales d'exercice la liberté de la presse qui peuvent être limitées du fait de la pression subie par les journalistes dans leur fonction dans ce pays. Que ce soit officiellement par les représentants de l'autorité légale qui dispose parfois d'une liberté complétée et de la protection de la hiérarchie etc.… L'interdiction faite aux journalistes d'accéder ou d'exercer dans certaines zones soumises au secret ou de limitation excessive dans le temps permettant le libre accès des journalistes et de recueil de témoignage, l'absence de protection de la presse dans certaines zones publiques et de non droit, où vivent pourtant des résidents ou de sélectionner etc...».
Quand vous prenez le résumé du rapport de RSF en ce qui concerne la Guinée, il y a eu 2 versions en moins de 48 heures. Je me pose la question où est le sérieux dans ça ? La première version dit ceci : « la première version parlait des évènements de Womé en Guinée Forestière en 2013 et mettait l'accent sur la tentative de la fermeture de la Radio Espace FM et d'Espace TV en 2014. À ce que je sache, ce n'est pas un rapport décennal. Nous parlons de 2016, en 2016, il y a eu des situations graves dans ce pays notamment la tuerie d'El hadj Mohamed Koula Diallo devant le siège d'un parti politique. Ma foi cet évènement devrait figurer en bonne place dans le rapport de RSF. Pourquoi cet évènement qui concerne la tuerie, il y a eu également la disparition de Chérif Diallo de la Radio Espace FM. Ce sont des choses qui nous ont émus, qui nous traumatisent qui nous gênent forcement. Pourquoi RSF ne fait cas de ces choses-là en parlant de rapport de 2016…
Donc quand je dis que la méthodologie a été biaisée, vraiment elle a été biaisée. Lorsque nous avons sorti la première réaction, RSF a changé de version et la seconde version on dit que les journalistes fuient le pays à cause de leurs opinions parce qu'ils sont inquiétés. Moi je suis patron de presse depuis 1993, j'ai fait le Lynx où j'ai passé 10 ans. En matière de délit de presse la loi est claire là-dessus...
Une synthèse d'Alpha Amadou Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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