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« c'est le président Alpha Condé qui est le premier responsable des évènements de Boké »
Amadou Sadjo Diallo Dimanche, 07 Mai 2017 10:57
Alhousseini Makanera, président du FND est en tournée à l'intérieur du pays aux côtés de Cellou Dalein Diallo, chef de file de l'opposition. Joint par notre reporter en Haute Guinée où il se trouvait au moment où nous allions sous presse, Alhousseini Makanera Kaké a condamné la répression de la manifestation qui paralyse la préfecture de Boké depuis une dizaine de jours. L'ancien ministre de la Communication a tenu à dire que ces évènements étaient prévisibles.
Le Démocrate : la ville de Boké a connu des troubles cette semaine. Quelle lecture faites-vous de ces évènements douloureux, Monsieur Makanera ?
Alhousseini Makanera : ce sont des évènements regrettables puisqu'il y a eu des victimes. Deux personnes sont mortes, une personne mortellement atteinte par une balle, et il y a également d'autres victimes collatérales des évènements. Je demande au Tout puissant Allah de les agréer et de les accueillir dans son paradis éternel. En plus il y a eu des dégâts matériels. Donc, c'est un évènement regrettable, mais prévisible. Parce que ces sociétés minières se sont installées dans des conditions très opaques. Aucune étude sérieuse de l'impact environnemental et social n'avait été menée. Ensuite ce qui est très regrettable, c'est le fait que même la simple convention locale ils n'ont pas pris soin de signer avec la collectivité.
À qui incombe cette responsabilité selon vous ?
Mais c'est le président Alpha Condé qui est le premier responsable, ce n'est pas une autre personne. Vous savez la structure de l'administration voudrait que le président de la République ne participe pas aux négociations, ni à la signature des conventions encore moins les contrats. Mais si des sociétés adossées à la présidence de la République s'installent à Boké. Une délégation même de la présidence de la République se déplace pour venir dire aux collectivités déconcentrées et décentralisées que celui qui veut parler avec ces sociétés, il faut aller à la présidence, c'est le comble de l'ironie. Je ne sais pas s'il faut en rire ou pleurer. Le code minier n'a pas été respecté, même la simple convention locale n'a pas été signée. Aucun impact environnemental, ni social n'a été prise en compte. Les fils de Boké ne sont pas employés, ils continuent à souffrir de la poussière. Voilà ce qui a poussé les gens dans la rue. Je pense que cette situation sera vite gérée par l'État dans l'intérêt de tous, c'est-à -dire du pays, des sociétés et des bokékas.
Quel est votre point de vue sur la récente sortie d'Elhadj Sekhouna, Kountigui de la Basse Côte ?
Mais s'il était Kountigui, c'est maintenant de prouver sur le terrain qu'il est Kountigui. Je crois que Boké lui a donné une leçon pour dire qu'il n'est le Kountigui de personne. Le professeur Alpha Condé a lui-même dit qu'en Guinée pour qu'on te croit il faut mentir gros. Et puisqu'ils veulent qu'Alpha les croie, peut-être c'est ce qu'ils sont en train de faire. Si quelqu'un qui n'est investi d'aucune autorité, aucune loi ne l'a créé et personne ne lui appartient, s'il veut imposer des lois dans notre pays, des lois même contraires à la constitution, c'est dire qu'on ne respecte ni le peuple, ni les institutions de la République. Ailleurs, on allait le poursuivre en justice, mais malheureusement Alpha Condé aime des personnes comme ça.
Vous êtes en tournée avec le chef de file de l'opposition. S'il vous plaît, dites-nous comment ça se passe et comment vous trouvez l'hinterland du pays ?
La tournée se passe bien. Il y a un ras le bol généralisé de tout le peuple de Guinée. Chacun est décidé de faire en sorte qu'on tourne rapidement la carte d'Alpha Condé. L'intérieur du pays souffre à l'instar de Conakry, la souffrance et la misère. Les infrastructures qui étaient déjà là , sont en train de se dégrader. Vous savez par rapport aux infrastructures routières, ça n'a jamais été pire que maintenant. La population tire le diable par la queue, sur le plan sanitaire, sur le plan de l'alimentation, sur tous les autres plans.
Dans la tournée, on a constaté que le chef de file fait des rencontres porte-à -porte. Est-ce que l'initiative viendrait de vous ?
Je ne dis pas exactement l'initiative vient de moi, mais ça été une très bonne chose et je partage cette position. Je l'avais été toujours comme ça. La meilleure façon de communiquer avec le peuple, c'est être à son écoute et pour être à son écoute, il faut le connaître et pour le connaître, il faut vivre sa vie, c'est ce qu'il est en train de faire. Je crois que c'est salutaire.
Quelle lecture faites-vous de la crise qui sévit à la CENI ?
Bon, je n'ai pas la maîtrise de cette situation. Mais ce n'est pas étonnant quand l'institution ne fonctionne pas suivant les règles définies, cependant suivant la tête et l'humeur du président de la République. Ça finira toujours par capoter un jour.
Entretien réalisé par Amadou Sadjo Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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