Aïssatou Bah Lundi, 17 Avril 2017 11:14
Dans un entretien accordé récemment à nos confrères de la radio Lynx FM, le président du Parti de l'Espoir pour le Développement National (PEDN) Lansana Kouyaté, a réitéré son intransigeance face à tout marchandage politique, au détriment des valeurs républicaines de son parti.
De la nécessité d'unir l'opposition
Abordant la question de savoir s'il était encore disposé à reprendre langue avec ses pairs de l'opposition, dans le cadre d'une synergie d'actions, allant dans le sens du combat démocratique, Lansana Kouyaté n'est pas passé par 4 chemins. Il s'est montré favorable à une éventuelle démarche allant dans ce sens. À condition que ce ne soit pas teinté d'arrière-pensées politiques. « À condition que chacun joue le jeu et que ce ne soit pas des pensées de premier plan et des pensées de second plan, il faut de l'honnêteté, de la rigueur, et qu'on aille dans la même direction. Je serai toujours heureux que l'opposition parle toujours d'une même voix, mais tant qu'on joue à la… la hache ne sera pas enterrée. Je souhaite ardemment que ceux qui ont d'abord fait pacte, la présidence disent qu'ils ont un rôle de président à jouer mais on ne peut pas avoir un cordon ombilical avec le pouvoir et se réclamer à l'opposition. Ce cordon, il faut le couper », a prévenu Kouyaté.
Des rapports entre le palais et l'opposition
Pour le président du PEDN, « avec des si, on peut mettre la Guinée dans une bouteille comme on le dit. Si j'étais là j'allais partir à Sekhoutouréya. Mais j'étais en Guinée quand j'ai fait quitter mon seul représentant au conseil national de transition. J'étais en Guinée quand j'ai refusé de siéger à l'assemblée nationale, simplement parce qu'il y a eu la fraude la plus totale sur le PEDN même si le PEDN n'a pas porté la plus grande charge mais c'est l'opposition qui aurait dûe être majoritaire aujourd'hui. C'était un accord général », a-t-il dit. Avant d'ajouter « d'ailleurs, je veux rappeler ça, c'était un accord général pour dire, il faut qu'on aille à cette assemblée parce qu'on va aller de raccommodement à raccommodement, on tombera finalement dans la déchéance. Ce qui est en train d'arriver aujourd'hui. Alors voilà, c'est un argument facile de dire ah si j'étais là en même temps on se plaint, je suis à l'extérieur, si j'étais là, il allait partir aussi à Sekhoutouréya. Je vous dis ceci, moi j'accorde le maximum de respect à la position de mon parti. C'est un parti qui se réunit en toute indépendance, qui décide en toute indépendance, sans injonction préalable du président du parti. Je ne conçois pas la présidence d'un parti comme étant la présidence d'un dictat ».
Kouyaté a ensuite rappelé que : « chez nous, tout ce qui est arrêté, est respecté. Soyez sûrs que j'allais adopter un comportement contraire à ce qu'ils ont adopté. On peut aller rencontrer le chef de l'Etat, c'est normal mais pourvu que ça se passe dans la règle de l'art. Je vais vous dire une chose, quand nous étions unis, l'opposition, j'ai proposé une réunion pour montrer notre unité, sa vitalité, sa sincérité. Dès que le président de la république demande de voir un opposant, qu'on envoie plutôt une émanation accompagner celui dont la présence est recuise. J'ai dit cela montrera qu'on est unis pour de bon.
Mais les autres ont dit non, on doit se faire confiance, il ne faut pas qu'on aille jusqu'à suspecter et voilà. Je dis mais je vous le dis, je suis d'accord, je cède à la majorité mais le virus entrera et détruira. Et c'est ce qui s'est passé », a-t-il souligné.
De la déclaration de Paris
« C'est très facile, rappelez-vous qu'on a fait cette déclaration et à peine arrivée, je crois que c'était 4 jours après, contact a été pris par vous, par eux pour aller à Sekhoutouréya, je crois que c'est pour justifier le fait que nous n'avons pas pu résister à l'envie de tuer la déclaration de Paris.
Déclarer un président illégitime est un acte très grand, très grave pour évaluer ça avec un argument aussi. Je savais que je n'allais pas pouvoir être là-bas. A peine arrivée la rencontre avec le président de la République a été programmé tout de suite. Non, Non, je ne crois pas du tout ça. C'est comme on le voit toujours en Guinée, c'est les petits arguments qu'on amène pour cacher les grandes défections », a-t-il déploré.
Aïssatou Bah
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
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