L'âge du président : une exigence démocratique

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alpha 1Pendant que l'ère des monarques et des présidents à vie tend vers sa fin à travers le monde, celle des chefs d'État démocratiquement élus s'étend de plus en plus dans tous les pays du nord au sud, de l'est à l'ouest. Parce que les peuples n'arrêtent pas de s'éveiller à la gestion des affaires publiques, ils deviennent davantage exigeants vis-à-vis de leurs dirigeants.


C'est dans ce contexte que dans beaucoup de constitutions apparaissent des articles portant sur l'âge minimum pour postuler à la magistrature suprême et l'âge maximum pour ne plus y prétendre. Même si la fourchette de ces deux âges diffère d'un pays à un autre, la moyenne se situe entre 30 et 70 ans. En effet avant 30 ans le postulant n'est pas suffisamment mûr en politique, et après 70 ans ses facultés de réflexion et de travail commencent à faiblir.


La gestion d'un pays sous le règne d'un président atteint de sénilité ou de maladie chronique est toujours douloureuse. La Guinée en a fait l'amère expérience les dernières années du président général Lansana Conté qui, âgé et grabataire, n'avait plus la force de gérer quoique ce soit. Ses ministres se sont mis alors à s'entre-déchirer pour la succession et le régime est parti à vau-l'eau. Le peuple avait manifesté à plusieurs reprises son ras-le bol par des revendications populaires sauvagement réprimées dans le sang.


Deux autres pays africains, l'Algérie et le Zimbabwe, sont à ce jour dans le même cas de figure où les premiers magistrats s'accrochent au pouvoir en dépit de leur invalidité par âge ou par maladie. Abdelaziz Bouteflika (79 ans) et Robert Mugabe (93 ans) vont d'hospitalisation en hospitalisation depuis des années, ils n'attendent que de rendre le dernier souffle, et la marche de leurs peuples respectifs en subit un sacré coup.


Le code électoral guinéen fixe l'âge minimum pour être candidat à la présidence à 35 ans, mais il reste muet sur l'âge maximum. Ce vide juridique devrait nécessairement être comblé par notre parlement en vue d'éviter à notre pays de subir les errements d'un président sénile ou grabataire. Quant à l'idée saugrenue de perpétuer un mandat ou de confiner le pouvoir dans les mains d'une dynastie, des voix se sont élevées contre depuis le siècle des lumières. En témoignent ces mots de Blaise Pascal qui a écrit : « Qu’y a-t-il de moins raisonnable que de choisir pour gouverner un État le premier fils d'une reine ! On ne choisit pas pour gouverner un navire celui qui vient de la meilleure maison ».


Walaoulou Bilivogui

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+1 #2 AOT Diallo 26-03-2017 19:41

Citation en provenance du commentaire précédent de amadudialamba:
C’est bon de parler de toutes ces conditions d’éligibilité des ‘’patrons des palais’’ (âge du candidat, limite de mandat, intégrité de la personne et que sais-je). Mais quand on sait que dans notre vieux continent, il est très facile de falsifier les constitutions, il ne faut accorder aucune garantie à une disposition. Souvent, les tenants du pouvoir se moquent des textes règlementaires. C’est pourquoi, je trouve cocasse de se fier à des dispositions règlementaires. Nous savons tous que les chefs d’État africains qui ont utilisé des forces de l’ordre et souvent même l’armée pour réprimer dans le sang en vue de modifier leurs constitutions ne se comptent pas. Évidement, parfois il faut rêver aussi surtout lorsqu’il s’agit de la Guinée, pays champion de la ‘’bouffonnerie des textes’’.

En réalité pour la 1e fois j'ai vu l’utilité possible de la CEDEAO dans l'imposition de la démocratie dans notre sous-région.
- Pourra-telle évoluer jusqu’à devenir demain le gendarme des volontés de tripatouillage des constitutions ?
Je l’espère vraiment car les PPAC se feront de plus en plus rares dans les années qui viennent.
Meme au Nigeria cette sauvagerie n'est plus a la page alors pourquoi pas pour les 14 autres pays ?
aot - guineen mais optimiste...
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+9 #1 amadudialamba 26-03-2017 03:44

C’est bon de parler de toutes ces conditions d’éligibilité des ‘’patrons des palais’’ (âge du candidat, limite de mandat, intégrité de la personne et que sais-je). Mais quand on sait que dans notre vieux continent, il est très facile de falsifier les constitutions, il ne faut accorder aucune garantie à une disposition. Souvent, les tenants du pouvoir se moquent des textes règlementaires. C’est pourquoi, je trouve cocasse de se fier à des dispositions règlementaires. Nous savons tous que les chefs d’État africains qui ont utilisé des forces de l’ordre et souvent même l’armée pour réprimer dans le sang en vue de modifier leurs constitutions ne se comptent pas. Évidement, parfois il faut rêver aussi surtout lorsqu’il s’agit de la Guinée, pays champion de la ‘’bouffonnerie des textes’’.
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