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Après la sortie du parquet : l'opinion indignée
Amadou Sadjo Diallo Mardi, 14 Mars 2017 07:25
Suite aux violences enregistrées à l'occasion de la grève déclenchée par l'inter syndicale des enseignants, le Parquet général a animé le lundi dernier une conférence de presse. A cette occasion, il s'est prononcé sur le bilan macabre de ces violences, tout en annonçant que des enquêtes seraient en cours pour situer les responsabilités. Même si le Parquet a déclaré à cette occasion que les agents des forces de l'ordre n'ont fait usage d'aucune arme à feu lors de ces heurts. Une sortie qui a indignée l'opinion.
Huit morts, de nombreux blessés, et trente-deux personnes arrêtées, c'est le bilan de ces manifestations de trois jours tels que dressé par les magistrats du parquet général. Selon le même parquet général, les brigades de recherche sont en marche pour identifier les responsables des crimes. Même s'il y a eu huit morts, le parquet réfute l'idée selon laquelle, des armes à feu ont été utilisées par les services de sécurité. Pour appuyer ces propos, l'avocat général près de la cour d'appel de Conakry déclare que » cette affirmation ne tombe pas des cieux. Nous sommes des magistrats. Quand nous affirmons quelque chose, nous nous fondons, nous prenons acte sur des dispositions sur des textes. Sur le terrain des opérations, les douilles même qui ont été ramassées, les douilles de fusil de chasse sont là également pour attester et confirmer ce que nous avons dit. Si vous avez la preuve du contraire qu'un membre des forces de l'ordre a été pris avec une arme moderne qui leur est distribuée, nous aimerions bien que ce cas soit porté à la connaissance de la justice », a dit Yaya Kairaba Kaba.
Pour le substitut du procureur du Tribunal de première instance de Dixinn, les enquêtes sont en cours. «La plupart des 8 décédés sont dus à des cas de décès de suite de violences et les rapports d'autopsie ne sont pas disponibles au niveau des enquêteurs qui sont en train de travailler par rapport à l'endroit ou exactement ces différentes personnes ont succombé. On ne peut pas donner un calendrier précis pour vous dire à cette date qu'on peut procéder au jugement. Mais ce qui est évident, c'est que les différentes brigades de recherche de gendarmerie sont sur pied pour rechercher les auteurs et les circonstances de ces décès », a indiqué Alseny Bah.
Au total 32 personnes ont été arrêtées pour des faits qualifiés "d'outrage, de participation à un attroupement non autorisé, de destruction et dégradation d'édifices publics et privés". Les 15 mineurs qui étaient du lot ont été déférés au tribunal pour enfant de Kaloum et les 17 autres déférés au TPI de Mafanco. Les enquêtes continuent, selon le parquet général qui précise qu'aucun homme en tenue ne fait partie des personnes arrêtées.
Cette sortie parquet général a suscité un tollé dans la cité. Provoquant une indignation au sein de l'opinion qui qualifie la démarche des magistrats de partisane. Vu qu'ils semblent prendre fait et cause pour les hommes en uniforme contre les populations civiles.
En tout état de cause, il reviendra à la commission d'enquête indépendante qui sera mise en place dans les jours à venir par l'Institution nationale indépendante des droits de l'homme (INIDH) de faire toute la lumière sur ces crimes. Car le gouvernement à travers l'appareil judiciaire, semble banaliser toutes ces victimes tombées sous des balles, lors de répressions menées de façon disproportionnée contre des civils.
Amadou Sadjo Diallo
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
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