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Violences politiques : des acteurs politiques s'insurgent contre les déclarations du Parquet général
Amadou Sadjo Diallo Mardi, 14 Mars 2017 07:20
Dans une conférence de presse animée le lundi 6 Mars dernier, le Parquet général a déclaré que les forces de l'ordre n'utilisent pas d'armes à feu pendant les manifestations. Cette déclaration tenue à la Maison de la presse a suscité une vague de réactions chez certains acteurs politiques. En voici quelques-unes.
Mousliou Haidara, membre de l'UFDG : « l'opinion nationale et internationale a été outrée, choquée communication »
« Je démens avec la dernière énergie ces genres de propos qui sont mal venus au moment où les familles des victimes sont en train de pleurer les leurs. C'était une communication qui n'était ni opportune, ni fondée sur des preuves. Ce n'est que des affirmations pour essayer de masquer des bavures justement policières parce que la justice ne veut pas se prononcer, prendre le devant au cas où les familles se plaindraient pour dire qu'il n'y a pas d'avancées, pour essayer de trouver des bouc émissaires et éventuellement détourner l'attention sur autre chose. Tout le monde a vu pratiquement sur les réseaux sociaux. C'est disponible les images, que ça soit d'abord les gendarmes, les policiers tout le monde les a vu utiliser les armes, faire des tirs de sommation au vu et au su de tout le monde. D'abord en Guinée, il n'y a même pas ce qu'on appelle des balles en caoutchouc. Toutes les balles, les coups que vous entendez ce ne sont que des balles réelles. On a vu des forces de l'ordre à l'œuvre dans les quartiers, ça c'est un. Pire, deuxièmement, c'est l'intervention des forces de défense. On a vu des bérets rouges dans la rue en train de tirer. Tous les témoins oculaires sont disponibles. Par exemple à Bambéto, le béret rouge qui est venu dire aux autres si vous, vous viser en haut, que lui, il vise en bas et tire, si ça tombe sur quelqu'un tant pis pour lui. Il a joint l'acte à la parole en le faisant devant les gens là -bas. Je pense que ces magistrats sont en train de creuser le fossé qui est déjà très large entre la population justiciable et cette justice. Ils ont remis à l'eau tous les efforts qui ont été fournis jusque-là par le ministre Cheik Sacko qui aurait un peu redoré le blason de la justice. Je crois que l'opinion nationale et internationale a été outrée, choquée et dépassée par cette communication du parquet général ».
Ahmed Sékou Traoré, ancien membre du RPG/AEC : « il y a eu utilisation d'armes à feu des 2 côtés »
« Ils n'ont qu'à arrêter. Il y a eu utilisation d'armes à feu des deux côtés. Le mardi 21 février, certains citoyens avaient utilisé les calibres 12, ça c'est une vérité, c'était visible. Mais le lundi tout comme le mardi qui a suivi, il y avait des militaires qui avaient des armes à main, ça, c'est avéré. Ceux qui sont morts, ce sont des balles de l'armée. Les armes qui sont utilisés par les militaires. Donc, il ne faudrait pas qu'ils nous racontent des histoires ».
Mohamed Lamine Kaba, président du parti FIDEL : « cette déclaration est un véritable scandale »
« Cette déclaration est un véritable scandale. Dans la mesure où, tout le monde sait que nous avons enregistré des morts à balle réelle depuis l'arrivée du président Alpha Condé. Il y a plus de 70 militants de l'opposition qui ont été froidement assassinés par les forces de l'ordre. Comme on le dit un gouvernement, sa première vocation c'est d'assurer la sécurité de toute la population, non seulement celle qui a voté pour lui, mais aussi celle qui n'a pas voté pour lui. Ceci dit, la logique voudrait qu'on mette en place une commission d'enquête pour qu'on puisse savoir qui sont les bourreaux et de l'autre côté quelles sont les victimes. Mais depuis l'arrivée d'Alpha, c'est l'impunité totale. On n'a jamais vu une commission d'enquête en place. Si on est en train de dire encore qu'il n'y a pas eu de morts par balle réelle, je crois que c'est un scandale. Nous avons vu la déclaration de l'Institut National Indépendante des Droits l'Homme qui est une institution républicaine qui a dit qu'il y a eu morts par balle réelle par les forces de l'ordre ».
Propos recueillis par Amadou Sadjo Diallo
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
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