Amadou Sadjo Diallo Vendredi, 10 Mars 2017 07:24
Lors de l'assemblée hebdomadaire de son parti UFC le samedi 25 Février, le porte-parole de l'opposition a relaté les raisons de l'adoption du nouveau code électoral qui, jusque-là continue de défrayer la chronique.
« Il y avait eu beaucoup de contre-vérités qui avaient été dites autour de cet accord politique du 12 Octobre 2016. Il s'agit du mode de désignation des chefs de quartiers et districts. Ils devaient être élus au suffrage universel comme ont été élus les députés, c'est-à-dire on vient dans chaque quartier on met en place des urnes, on fait des bulletins de vote à l'effigie à l'image de chaque liste candidate et les gens votent. On dépouille, les résultats on les publie, c'était notre revendication à nous aussi puisque c'est ce que le code prévoyait. Nous avons été au dialogue on s'est rendu compte que c'était une mission impossible pour la CENI, c'était un travail gigantesque, titanesque. Il y a 3763 quartiers et districts en Guinée. Si vous ajouté à cela les communes urbaines et rurales qui sont au nombre de 343 communes urbaines, vous avez 4 106 circonscriptions électorales. Il faut acheminer des urnes, mettre en place des bureaux de vote dans toutes ces circonscriptions. Et mieux que ça, chaque circonscription électorale, doit être coiffée par une CACV (commission administrative de centralisation des votes) et chaque CACV doit être dirigée par un magistrat autrement il faut 4000 CACV diriger par 4000 magistrats. En Guinée en tout, on a 300 magistrats. S'il y avait peut-être 2000 ou 3000 magistrats, on pouvait dire, bon on va organiser en deux étapes. On va organiser les élections locales dans telle région de la Guinée, redéployer le même personnel dans tout l'autre région un mois après. Il y a aussi les contentieux électoraux. Admettons qu'il y a même si c'est 10 listes seulement de candidature par chaque circonscription. 10 listes dans 4000 circonscriptions, ça fait 40 000 listes à traiter. Comment la CENI va gérer toutes ces listes de candidatures sans qu'il y ait des confusions. Plus grave encore, ils vont avoir des contentieux électoraux parce que les quartiers, les secteurs, il y a une famille là, d'autres là-bas, chacun va dire on m'a fraudé, c'est moi qui est l'élu, on m'a substitué mes bulletins de vote, je suis contre celui qui est élu, il n'est pas bien élu, il a fraudé, c'est moi qui doit être élu. Vous allez avoir des conflits comment on va régler les conflits de 40 000 listes. Toutes ces personnes vont se réveiller et diront, on n'est pas d'accord sur l'élection. Or, les conflits sont réglés par les tribunaux. Dans chaque préfecture vous n'avez qu'un tribunal. Des tribunaux de première instance où les justices de paix il n'y a qu'un seul, comment on va gérer les contentieux. Ça va être un chaos généralisé dans le pays. Les familles vont s'agresser les unes des autres.
Les questions financières, je ne parle même pas. Plus grave que tout ça, notre constitution qui est la loi suprême de ce pays dit clairement que comme collectivité locale en Guinée, ce sont les régions, les communes urbaines et les communes rurales. Les quartiers et les districts ne sont pas des collectivités locales. Donc, ils n'ont pas à être dirigés par des exécutifs élus au suffrage universel. Ce ne sont pas des collectivités locales d'après notre constitution. Pour être une collectivité locale, il faut d'abord que la constitution le prévoit ensuite, il faut avoir une autonomie financière, et une personnalité morale. Donc, c'est un faux débat.
Nous avons trouvé une formule. Notre formule, on organise les élections communales. Ce n'est pas le maire qui nomme les chefs de quartiers on regarde les résultats quartier par quartier, donc le score de chaque liste définit pour elle un certain nombre de siège, ce n'est pas une liste, c'est toutes les listes qui ont compéti qui vont avoir des sièges au prorata des résultats obtenus dans le quartier ou district concerné, ce n'est pas ailleurs. Maintenant la liste qui est arrivée devant qu'elle soit une liste politique ou une liste indépendante, cette liste-là désigne le chef de quartier, c'est tout à fait démocratique», indique Aboubacar Sylla.
Amadou Sadjo Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuinéeActu
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