Richard Tamone Mercredi, 08 Mars 2017 19:38
Saïkou Balbé est le président de l'Alliance des médias pour les droits humains en Guinée. Il a été approché par notre reporter. À cet effet, notre confère n'est pas allé du dos de la cuillère, pour tirer à boulets rouges sur les institutions républicaines qui seraient aux ordres du locataire du palais Sékoutouréya.
Saïkou Baldé a, pour commencer, estimé qu'à partir du moment où le relevé de la Commission provisoire de réflexion sur la réconciliation nationale a été bouclé, qu'une commission « vérité-justice-réconciliation », doit être directement instituée, on doit s'attendre à un renforcement des institutions.
Le président de l'Alliance des médias pour les droits humains en Guinée estime que l'une des recommandations fortes issues du rapport final est le renforcement des Institutions républicaines « pour que ces Institutions soient de véritables remparts aux violations des droits de l'homme en Guinée », a-t-il précisé.
Pour lui, il ne pouvait pas se réserver à ne pas réagir par rapport à cette recommandation. Il a, par la suite, cité, ce qu'il a appelé la célèbre citation de Barack Obama : « l'Afrique a besoin non pas d'hommes forts mais des Institutions fortes ».
« Et vous n'êtes pas sans savoir que l'un des principaux défis que nous avons dans notre pays, c'est justement d'avoir des institutions crédibles, fortes qui puissent réellement constituer des remparts non seulement vis-à-vis des violations des droits de l'homme dans notre pays mais aussi pour le respect de la démocratie et de l'État de droits dans notre pays », a fait savoir l'homme de média.
Selon notre confrère, " la plupart des institutions que nous avons dans notre pays sont des institutions qui sont manipulées, qui sont aux ordres et donc nous voulons avoir des institutions républicaines, démocratiques qui puissent défendre réellement des intérêts des citoyens guinéens ". Il a justifié cela par des exemples : " j'en ai pour preuve, dit-il, la mise en place de l'Institution Nationale Indépendante des Droits de l'Homme (INIDH)".
Pour l'activiste, lorsqu'il s'agissait de mettre place cette institution, ils ont entamé des démarches pour des plaidoyers auprès de l'Assemblée nationale et du gouvernement. Objectif, « mettre en place une INIDH digne de ce nom, conformément aux principes de Paris. Malheureusement, on n'a pas été écoutés », a déploré Saïkou Baldé qui précise que les membres de la présente INIDH ont été cooptés çà et là.
« On a mis en place une Institution composée des copains, des gens qui ont été coptés et ce qui fait que cette Institution n'est pas reconnue auprès du Conseil des droits de l'homme de Genève. On n'a même pas de statut d'observateur auprès du Conseil des droits de l'homme de Genève », a relevé le président de l'Alliance des médias pour les droits humains en Guinée.
« L'on se demande aujourd'hui quelle est l'importance de cette institution », a-t-il signifié. Il a par ailleurs pointé du doigt la Haute autorité de la communication (HAC). « Nous sommes des journalistes. Vous le savez bien aujourd'hui la HAC, c'est pratiquement une coquille vide. Réellement, la HAC ne répond pas aux attentes des médias. Elle ne répond pas aux attentes des citoyens guinéens par rapport à l'équilibre justement que cette institution devait avoir, à pouvoir réguler les médias comme cela se doit », regrette-il.
Poursuivant, il a indiqué que cette institution, à peine mise en place, a été minée par des crises de personnes. Vivement donc pour le bien de la démocratie que les autorités de la place aient le souci de bâtir un État fort. À défaut l'actuel président, Alpha Condé, risque de terminer son deuxième mandat, en laissant un pays et non un État.
Richard Tamone
Le Démocrate, partenaire de GuinéeActu
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