Amadou Sadjo Diallo Lundi, 06 Mars 2017 07:23
Dans une déclaration rendue publique la semaine dernière, le président de l'Institution Nationale Indépendante des Droits Humains (INIDH) a condamné les dernières violences enregistrées à Conakry. Mamady Kaba a annoncé la mise en place d'une commission d'enquête d'experts internationaux pour faire la lumière sur ces évènements. Suite à cette annonce, quelques acteurs sociopolitiques se sont montrés solidaires de la décision de Mamady Kaba.
Dr Dansa Kourouma, président du CNOSCG : « le CNOSCG collaborera avec l'INIDH pour donner toutes les informations »
« C'est une réaction positive. Nous avons fait même une déclaration le week-end passé pour demander la mise en place d'une commission d'enquête, et je souhaite que l'INIDH ait le courage d'aller jusqu'au bout de cette mission pour que les autorités judiciaires soient saisies pour élucider les causes de la mort de ces Guinéens dont la plupart sont des jeunes. En tout cas pour notre part, le CNOSCG collaborera avec l'INIDH pour donner toutes les informations que nous avons, pour faciliter l'enquête. C'était une situation qui était sans précédent parce que le niveau de révolte, d'incivisme que j'ai vu était hors de commun. Alors en pareille situation, je crois qu'il doit avoir au niveau du gouvernement une rencontre spéciale pour tirer les leçons de ces manifestations et les acteurs sociaux doivent se rencontrer aussi pour tirer les leçons parce que tout compte fait, la Guinée est notre pays à nous tous. Personne n'a intérêt à ce qu'elle soit déstabilisée. Donc, nous allons prendre notre responsabilité pour que l'enquête qui est annoncée par l'INIDH soit réalisée, mais également à ce que les manifestations du lundi ce que ça a présenté comme niveau de colère et de révolte populaire pour qu'on puisse comprendre quelle était la motivation, même si on en sait déjà. Il s'agit d'anticiper pour qu'il y ait naturellement un programme formel d'éducation civique. Je pense que sans ce programme d'éducation civique, il sera difficile pour la Guinée d'aller vers un développement réel. Donc, à notre sens, la place est au bilan. Le CNOSCG a déjà fait un bilan qu'il a rendu public le samedi passé. Chacun doit faire autant, mais le gouvernement doit s'engager sur la voie de l'éducation civique. Parce que, ce que j'ai vu le lundi, si ça se répète, ça va remettre en cause les fondements de l'Etat ».
Dr Ibrahima Sory Diallo, coordinateur du BOC : « le président de l'INIDH a raison de créer la commission d'enquête »
« Il faut rappeler que cette déclaration que je soutiens est fondée, dans la mesure où, il n'est pas autorisé aux forces de l'ordre d'utiliser les armes contre les manifestants parce que c'était un mouvement d'ensemble. Mais, on a assisté à une tuerie de 7 personnes. Donc, il faut mettre en place une commission d'enquête afin que cette commission recherche les coupables. D'ailleurs, c'est une autre procédure qu'il faut engager autour de ça. Et ce qu'il faut noter, à chaque fois il y a des manifestations, les forces de l'ordre utilisent les armes avec des balles réelles et cela est déplorable. Parce qu'on ne peut pas accepter à chaque fois qu'il y a manifestation, des citoyens demandent des droits et qu'on envisage des tueries. Donc, moi je pense que le président de l'INIDH a raison, il est fondé que la commission d'enquête soit mise en place ».
Abdoul Sako, président du CROSC : « nous avons beaucoup salué cela »
« J'ai été positivement surpris par rapport à la déclaration du président de l'INIDH non seulement j'ai senti une institution qui défend les droits de l'homme, mais aussi j'ai senti à travers la déclaration, une indépendance par rapport à l'exécutif. Nous avons beaucoup salué cela. Nous sommes en train d'être rassurés que l'INIDH, les citoyens peuvent avoir de l'espoir qu'elle peut incarner l'institution que nous attendons dans le cadre de la promotion et de la défense des droits de l'homme. Quant à la mise en place de la commission, ce que nous souhaiterions quand même la commission internationale que ça soit en grande partie composée de Guinéens, qu'ils vont choisir de façon très indépendante à travers leur compétence et leur intégrité dont ils ont fait montre par le passé. Cela va nous aider à éviter s'il faut une lourdeur ou une certaine lenteur que nous avons constatée par le passé de la part des institutions internationales. C'est très bon cette commission. Il peut prendre des experts aussi sur le plan international qui pourront apporter leur regard critique sur la situation, apporter leur expertise aux Guinéens qui seront majoritaires dans cette commission. C'est important que cette commission prenne en compte en quelque sorte les différentes catégories sociales du pays. Je vais parler par exemple du patronat, du syndicat, de la société civile, mais aussi de l'INIDH en question si possible quelques parlementaires quoique notre Assemblée ne joue pas pleinement son rôle, mais il se peut qu'il y ait des députés qui sont responsables dedans. La composition pourra permettre non seulement d'apporter le regard critique mais aussi rassurer les citoyens davantage ».
Propos recueillis par Amadou Sadjo Diallo et Jean Tiby Sangaré
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
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