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Léger réaménagement ministériel : Alpha veut calmer la colère populaire

Aliou Sow  Samedi, 04 Mars 2017 16:38

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altUn léger réaménagement marqué par le départ du gouvernement de Sékou Kourouma, Dr Ibrahima Korouma et Mme Christine Sagno, qui étaient respectivement ministre de la Fonction publique, de la réforme de l'État et de la modernisation de l'administration, ministre de l'Enseignement pré-universitaire et de l'Alphabétisation et ministre de l'Environnement, a été opéré le lundi dernier par Alpha Condé. Ce lifting gouvernemental vise sans doute à calmer la colère populaire qui s'est manifestée durant la grève des enseignants, faisant 8 morts et une cinquantaine de blessés et d'importants dégâts matériels, dans la capitale.


Le grand chamboulement auquel s'attendaient certains observateurs ne s'est pas produit au niveau du gouvernement de Mamady Youla, au lendemain de la crise qui a agité les écoles guinéennes. Le président Alpha Condé s'est pour le moment contenté juste d'un léger réaménagement ministériel. Quand on sait qu'au niveau de l'équipe gouvernementale, seuls 3 départs ont été enregistrés.


Il s'agit de celui de Sékou Kourouma, de Dr Ibrahima Kourouma et de Mme Christine Sagno, qui étaient respectivement ministre de la Fonction publique, de la réforme de l'État et de la modernisation de l'administration, ministre de l'Enseignement pré-universitaire et de l'Alphabétisation, et ministre de l'Environnement. Ils ont été remplacés dans le même ordre par Billy Nankouma Doumbouya, Ibrahima Kalil Konaté et Assiatou Baldé.


Les nouveaux promus sont du sérail, étant membres de la majorité présidentielle. Ils étaient d'ailleurs de proches collaborateurs des ministres sortants. Tous font donc partie d'un système qui a du mal à trouver ses marques en matière de bonne gouvernance.

C'est le cas de Billy Nankouma Doumbouya, qui a pris les rênes du ministère de la Fonction publique, de la réforme de l'État et de la modernisation de l'administration. Il était jusque-là le conseiller principal du chef de ce département, dont il occupe désormais la tête.

Mme Assiatou Baldé, également était le chef de cabinet du ministère de l'Environnement, qu'elle dirige dorénavant.

Ibrahima Kalil Konaté le nouveau ministre de l'Enseignement pré-universitaire et de l'Alphabétisation était lui, directeur communal de l'éducation de Matoto, la plus grande commune de la capitale.

Ce dernier est un leader du mouvement syndical de l'éducation dont la nomination obéirait à des calculs politiques du président Condé. Car en plus de l'aura dont semble jouir Ibrahima Kalil Konaté, au sein du mouvement syndical, dont il fut pendant longtemps le porte-parole, avant sa nomination dans les fonctions de directeur communal de l'éducation de Matoto, l'homme est aussi membre du RPG arc-en-ciel. Avec lui au poste de ministre de l'Enseignement pré-universitaire, c'est comme si le chef de l'État voulait s'offrir une longue trêve avec les syndicats.

Ce sont là autant d'atouts qui auraient plaidé en faveur de la nomination de M. Ibrahima Kalil Konaté au poste de ministre de de l'Enseignement pré-universitaire et de l'Alphabétisation.


Certains observateurs pensent que ce mini remaniement est la conséquence de la grogne enregistrée récemment dans le monde de l'éducation, où une grève des enseignants a paralysé les écoles du 1er au 22 Février. Avec à la clé des violences qui ont fait 8 morts et une cinquantaine de blessés. La reprise effective des cours n'a été d'ailleurs observée que le lundi 27 Février dernier.

Les syndicats de l'enseignement sous le coup de la colère avaient en effet appelé au limogeage des ministres dont celui de la Fonction publique, de la réforme de l'État et de la modernisation de l'administration, et son homologue de l'Enseignement pré-universitaire et de l'Alphabétisation. Les deux membres du gouvernement avaient en effet été accusés d'avoir échoué dans la gestion de la crise qui mine le secteur de l'enseignement, où l'enrôlement de nouveaux enseignants posait problème. Ainsi que des questions liées à la nouvelle grille salariale, adoptée par le gouvernement.

La société civile guinéenne avait également tancé ces deux cadres, et réclamé leur départ du gouvernement, parmi la série de recommandations qu'elle avait mentionnées dans une déclaration publiée au lendemain de ces violences.


On le voit, le président Alpha Condé a dû finalement prendre la mesure de l'ampleur du mécontentement qui a agité les écoles durant près de 3 semaines, en donnant satisfaction à la plate-forme revendicative des enseignants.

Avec en sus le limogeage des deux ministres qui étaient impliqués dans la crise. Alpha Condé a pris les devants, sans doute pour éviter que la situation ne s'enlise.


Quant à Mme Christine Sagno, son éviction du gouvernement serait liée à des ragots qu'elle aurait colportés au sujet du président du côté de la région forestière, dont elle est originaire, lors d'un de ses séjours dans la ville de N'Zérékoré, selon une source proche du palais. Ce qui aurait provoqué le courroux du professeur Alpha Condé, qui l'a alors limogé du gouvernement.

Ce mini remaniement ministériel a été certes salué par les syndicats de l'enseignement, qui avaient souhaité le départ des 2 frères Kourouma du gouvernement. Mais la société civile à l'image de Dr Dansa Kourouma, président du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOCS) reste sceptique. Pour lui « ces nominations peuvent apporter un effet palliatif, mais la solution de la crise est loin de là ».


Aliou Sow

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu


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