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Dennis Hankins, ambassadeur des États-Unis en Guinée : « nous sommes ici pour aider le gouvernement guinéen »

Alpha Amadou Diallo  Mardi, 28 Février 2017 22:13

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dennis hankinsLe diplomate américain était l'invité la semaine dernière de la radio privée Lynx FM dans son émission phare, Œil du Lynx. Avec l'ambassadeur américain à Conakry, ils ont évoqué le rapatriement des Guinéens condamnés aux États-Unis, les relations de coopération entre les deux États et leur intervention en Guinée.


Bonjour Son Excellence, plusieurs ressortissants guinéens vont être expulsés des États-Unis d'Amérique. Qu'est-ce qui est à l'origine de cette décision ?

C'est l'application de la loi qui est toujours en vigueur. Vous savez que pendant l'époque d'ébola, il y avait une suspension des expulsions des Guinéens qui ont fait du temps dans les prisons, qui étaient hors de statut migratoire. Alors, c'est seulement l'année dernière. Bon ! Je pense que le premier vol a atterri l'année dernière. Il y avait à bord 9 personnes.

Généralement, notre préoccupation vous avez bien noté pendant la campagne présidentielle et depuis l'entrée du président Trump, il a mis l'accent sur la situation des personnes qui sont illégalement aux États-Unis avec une forte consultation des personnes qui ont commis des crimes et qui sont passés dans des prisons aux États-Unis.

Alors, il y a maintenant une liste de 55 personnes qui ont fait des crimes, des viols ou des actes illégaux. Elles ont fait un temps dans les prisons. Le juge veut expulser ces personnes.

Il y a aussi des personnes qui sont là mais qui ne sont pas dans les normes selon la règle de l'immigration. Les gens qui sont en train d'être expulsés, un vol était programmé le mercredi pour les rapatriements pour plusieurs pays parmi eux il y avait des citoyens guinéens. La semaine prochaine, il y a une dizaine qui doit être rapatriée par un vol commercial. C'est toujours notre préférence.


Dans les conditions de dignité respectée ?

Seulement pour les gens qui n'acceptent pas les vols commerciaux, ils posent le problème et le pilote dit non ! Ils ne peuvent pas être dans un avion où des gens qui ont des tempéraments assez violents qui doivent être contrôlés. Généralement, notre préférence, ce sont les gens qui arrivent comme tous les autres passagers. J'ai noté dans la presse, il y avait simplement tous ces 55 personnes qui doivent être retournées dans cette semaine est reporté pour les prochaines semaines. Alors, l'Ambassade à Washington a donné le laissez-passer à tous ces gens, maintenant quitte à l'immigration de programmer le voyage de ces personnes.

Il y a des cas. Pour certains pays, on organise le voyage d'une centaine en même temps mais c'est une question d'économie. Nous avons bien noté avec mon collègue à Washington, l'Ambassadeur Condé qui a fait un entretien avec les communautés guinéennes. Nous avons bien aimé ce qu'il a dit, c'est de préparer un peu la population pour le renforcement de l'application de la loi.

Vous avez noté qu'il y a ce décret présidentiel. Maintenant, il revient à la Cour suprême de voir si ça peut avancer ou non ! Mais, ce n'est pas lié, mais en même temps c'est évident parce que c'est la préoccupation du président concernant les immigrants aux États-Unis. Il y a des centaines de Guinéens qui restent encore dans les prisons américaines.

Alors dans les années prochaines, c'est évident, ils doivent être retournés. Il y a des gens qui sont restés plus de 2 ans, 5 ans ou 20 ans cela dépend de ce qu'ils ont fait comme délit aux États-Unis.

Je pense qu'il y aura une réforme de notre programme d'immigration pour voir la situation des gens qui sont là-bas de façon illégale mais qui n'ont pas fait de crime. Même le fait d'être illégal en termes de visa, c'est illégal, c'est un crime.


Il se dit que quand même pour obtenir le laissez-passer de l'Ambassade de Washington, le département d'État a menacé de couper le visa aux Guinéens au cas où on refuserait ça ?

C'est un aspect de décret présidentiel. Il y a aussi des lois pour les pays qui ne sont pas coopérants. Alors, dans ce cas, c'est la loi qui était faite par le congrès par l'ancienne administration. Il y a la possibilité de sanction en termes de visas, en termes même d'assistance. C'est la responsabilité de chaque pays de recevoir leurs citoyens.

Nous savons que particulièrement avant 2015 avec les anciens passeports, il y avait des passeports qui étaient donnés à des citoyens qui ne sont pas Guinéens, nous pensons que ce n'est pas notre problème. C'est les passeports légitimes qui nous, nous intéressent. Au moment de retour, vous pouvez voir une personne qui a le passeport guinéen, une fois ici, la personne dit qu'elle n'est pas Guinéenne, il est un Léonais, alors il y a eu un changement. L'Ambassade a pris note de tout ça. Nous sommes très contents avec la réaction du gouvernement parce qu'ils ont vu qu'il y a un haut risque dans nos relations bilatérales.

Au même moment, notre engagement avec la Guinée, c'est toujours actif. Chaque année, on apporte, maintenant nous sommes dans le secteur de santé, nous nous sommes beaucoup plus intéressés dans le secteur d'agriculture. Nous sommes entrés dans le secteur de sécurité. Il y a assez d'activités, il y a eu 600 millions de $ d'investissement américain l'année dernière.

Avec tous ces progrès, avec ces problèmes d'immigration, je pense qu'ils ont décidé que c'est mieux d'accepter les Guinéens. Si ce n'est pas des Guinéens qui détiennent les passeports guinéens, alors ils peuvent arrêter ces gens pour des fraudes.


Mais est-ce qu'il y a un suivi parce que c'est des délinquants. Si on comprend très bien, que vous nous débarquez en Guinée. Comment on va les gérer ici ?

Retenez que nous ferons de la communication à chaque fois qu'il y aura des retours. Nous dirons que tel nombre de personnes doit arriver à telle date, dans un vol commercial. Nous donnerons des informations principales si c'est un cas d'immigration ou c'est des gens qui ont tué et expliquer le fond du crime que la personne a fait.

C'est aux Guinéens de voir s'il doit retourner ou il faut aviser le préfet que c'est un criminel ou délinquant en tout cas, nous, nous allons donner toutes les informations nécessaires sur la personne, et ce qu'elle a fait comme crime ou délit.


Est-ce que sur le plan financier puisque c'est des personnes qui viennent certainement, qu'elles sortent de prisons pour aller à l'aéroport directement. Est-ce que le gouvernement américain a développé un appui c'est-à-dire une assistance de quelque nature que ce soit ?

Non ! On n'a pas ce programme-là. Si elles ont des familles là-bas, les familles peuvent donner de l'argent à ces gens. Aussi, dans nos prisons il y a la possibilité dans plusieurs États, bien que chaque État a ses particularités, c'est-à-dire les États sont différents. Dans plusieurs États, il y a la possibilité de travailler dans la prison.

Alors, s'ils ont travaillé, ils auront les monnaies qu'ils ont gagnées. Mais il n'y a pas un fonds spécial pour eux, même chose pour les prisonniers américains.


Et s'ils ont une femme, des enfants. Est-ce qu'ils vont rester aux États-Unis ?

Oui ! Ça c'est dans notre système social, ils seront là avec tous les autres résidents des États Unis. Ils auront droit aux assistantes sociales, l'éducation, c'est gratuit. C'est comme tous les autres Américains, il faut noter qu'il y a pas un fonds spécial pour les immigrés qui doivent être retournés ou rapatriés.


On n'aurait parlé aussi de l'augmentation de l'aide à travers l'USAID. Est-ce que vous avez eu des entretiens avec la cheffe de la diplomatie guinéenne Mme Makalé par rapport à ce problème et ce que la Guinée devrait faire ?

Oui ! Nous avons bien discuté. J'ai noté bien que depuis quelque mois, depuis l'arrivée du président, on a constaté que le gouvernement guinéen a pris au sérieux cette question d'immigration. L'entretien avec l'Ambassadeur des États Unis a permis d'apprécier les actes que la Guinée a posés. Pour moi ils ont bien fait. C'est une bonne coopération.

De notre part, nous n'avons pas de problèmes avec le gouvernement. C'est le congrès qui fait la liste des pays qui sont coopérants ou non ! Du côté de l'Ambassade et mes partenaires dans le bureau africain du département de l'État, nous avons bien noté et expliqué au gouvernement américain que la Guinée fait de bonne coopération avec nous sur cette question.


A nos jours il y a une vague de peur qui s'empare de toute la communauté immigrante aux États-Unis. Jusqu'où ira cette politique anti-immigration annoncée par le président Trump ?

Je pense que c'est pour les prochains mois. Vous avez bien vu ce décret présidentiel, il y a le juge qui a bloqué l'application. Maintenant avec le président, le gouvernement doit décider s'il va faire un appel à la Cour suprême ou non.

A long terme, il y a l'idée de faire une réforme de notre loi d'immigration, alors ce n'est pas clair. Je sais que la préoccupation du président et de la population américaine sont les immigrants qui viennent aux États-Unis qui font de crimes violents. Alors, c'est notre plus grande préoccupation.

En Guinée, l'année dernière, je sais qu'il y a quelques centaines de Burkinabé qui étaient expulsés de la région de Siguiri, parce qu'ils ont exploité illégalement, et ils n'ont pas payé les impôts. Alors le gouvernement a pris la décision de les expulser. C'est tout à fait normal pour chaque pays. Vous savez, il y a un programme spécial pour les enfants qui sont arrivés aux États-Unis avec les parents, dans le statut illégal.

Ça aussi, il faut voir si ces gens doivent retourner ou non ! Je sais que maintenant la forte préoccupation c'est la question des immigrants illégaux qui ont fait des crimes aux États-Unis.


Vous dites que vous intervenez beaucoup en Guinée. Parlez-nous de ce que vous faites actuellement en termes de sécurité, en termes de santé, de développement et même économique du pays ?

Le dernier mois, j'étais en contact avec tous les ministères avec lesquels nous avons le contrat de coopération. C'est principalement la santé, l'agriculture, la sécurité, la défense, les affaires sociales. Alors nous avons assez diversifié. L'année dernière, c'était une année de transition, entre la crise d'ébola, le problème de l'élection présidentielle et législative.

Alors maintenant, nous pouvons voir la croissance de nos activités. Quand je dis, j'étais très content de voir du côté secteur privé, c'est parce que des entreprises américaines ont fait des investissements de près de 600 millions de $ dans les mines, dans l'énergie dans les secteurs d'embarcadères. Ma responsabilité en tant qu'Ambassadeur, c'est de suivre toutes activités du gouvernement américain.

En termes de sécurité depuis mon arrivée, son excellence Monsieur le président Alpha Condé est toujours préoccupé. J'étais arrivé juste après l'attaque à Bamako. Alors les questions d'extrémisme, de haut risque terroriste, on a bien noté que le gouvernement pendant l'année dernière a fait plusieurs actes pour la protection et nous sommes engagés dans ce secteur.

Mais principalement c'est pour le secteur de l'économie. On a bien noté que la croissance de l'économie de l'année dernière était presque de 6%. Avec cette croissance, le revenu du gouvernement, il est possible de renforcer les investissements dans le secteur de santé, l'éducation avec le budget qui était proposé à l'assemblée nationale. Nous sommes ici pour aider le gouvernement guinéen avec le vecteur de l'économie.


Une synthèse d'Alpha Amadou Diallo

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu


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