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Violences : un agent de la garde présidentielle pointé du doigt…

Bah Aissatou  Dimanche, 26 Février 2017 13:06

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militaires_Guinee_20Juillet2011_01Les larmes aux yeux, des visages crispés, le choc est encore grand chez les proches des personnes tuées lors des manifestations du lundi 20 Février 2017 à Conakry. À la morgue de l'hôpital Ignace Deen, plusieurs familles endeuillées ont exprimé leur colère contre les autorités guinéennes.


L'administrateur de la morgue leur a indiqué que les corps ne devraient être remis à leur famille qu'après l'assignation des autorités. C'est après plus de 5 heures d'attente dans la douleur que les corps ont commencé à être restitués à leurs familles, a-t-on constaté sur place.


Une voisine de Sayon Camara a témoigné que cette femme enceinte a été tuée par balle alors qu'elle partait vendre du poisson. Elle a déclaré qu'elle était venue du village pour aider sa mère aveugle et vivait dans la précarité. En larmes, elle a indiqué être venue apporter son soutien et assister à la levée du corps, parce que le mari de la défunte se trouve au village.


Abattu, le grand-père d'Ibrahima Sory Diallo n'a pas retenu ses larmes quand il a vu son corps toujours ensanglanté. Agé d'une vingtaine d'années, ce dernier a reçu une balle à la poitrine, un militaire est accusé d'en être l'auteur. « C'est un béret rouge (militaire de la garde présidentielle) qui a tiré sur le petit Ibrahima Sory qui était élève au collège de Gbessia. Il n'était pas en train de manifester, ça s'est passé dans le quartier. Quand il a pointé son arme, le petit a levé les mains, en disant il ne faut pas me tuer. C'est le même béret-rouge qui a tué la femme enceinte. Le gouvernement aurait pu éviter ces cas de mort », a regretté Ousmane Fofana qui envisage de porter plainte au niveau de la justice.


Dépassé, le frère de Moussa Doumbouyah a déploré une grande perte d'un élève âgé de 20 ans. Selon Mamadou Doumbouyah, il a été tué par balle par « un gendarme » à son domicile à Hamdallaye. « Mon frère a été assassiné. Parce qu'en terme de maintien d'ordre ce n'est pas prendre des fusils et tirer sur des innocents », a fustigé Mamadou Doumbouyah. Il a exprimé son désarroi sur le calvaire rencontré à la morgue d'Ignace Deen.


Au total, cinq morts et plusieurs blessés ont été enregistrés au cours d'une manifestation dans la capitale guinéenne, suite à la fermeture des salles de classe.


Bah Aissatou

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu


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