Nassiou Sow Vendredi, 24 Février 2017 07:05
L’Institution Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (INIDH) est montré au créneau pour condamner les décès et les dégâts matériels enregistrés en début de semaine lors de la grève déclenchée par le mouvement syndical de l’éducation.
Dans une déclaration intitulée "Le Pouvoir se durcit à Conakry", et dont Guinéenews a reçu une copie, l’INIDH a appelé toutes les parties prenantes au respect de la vie, de l’intégrité physique, des biens publics et privés. L’institution a aussi interpellé le président de la République à tirer « les leçons de ces événements et à conjuguer les efforts pour trouver des solutions aux préoccupations des travailleurs ». Lisez :
Le mouvement syndical guinéen a déclenché une grève pour exiger du gouvernement une amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants et des contractuels du système éducatif. Des élèves ont manifesté leur colère dans la rue contre l’absence des enseignants dans les salles de classe.
Les trois ministres en charge du système éducatif ont décidé la fermeture des classes après deux semaines sans cours. Des populations mécontentes sont descendues dans les rues de Conakry pour exiger la réouverture des classes.
Le lundi 20 Février 2017, un accord de sortie de crise a été trouvé entre le gouvernement et les représentants du mouvement syndical. Les responsables à la base du mouvement syndical ont dénoncé l’accord qui, selon eux, n’aurait pas été approuvé par la base, comme le stipulent les règles de fonctionnement du syndicat; ils ont donc remis en cause la légitimité des dits accords.
En conséquence, des affrontements sporadiques se sont poursuivis entre les manifestants et les forces de sécurité.
OBSERVATIONS :
Les manifestations ont été réprimées dans le sang, des actes de violence, de vandalisme, de pillage et des interpellations ont été observés, ce qui, constitue un manquement par l’Etat à remplir ses obligations de protection des droits de l’homme au sens des articles 5 et 6 de la Constitution. Les principaux droits de l’homme violés sont exposés comme suit.
Les manifestations ont été réprimées dans le sang, 7 personnes ont été tuées dont six (6) par balle. Pour la seule journée du lundi 20 Février 2017 on dénombre cinq (5) personnes tuées par balle. Ce sont :
Le mardi 21 Février 2017, les affrontements se sont poursuivis de nouveau entre les forces de l’ordre et les jeunes manifestants. Deux (2) manifestants ont été tués ce sont.
Les affrontements ont également occasionné environ une cinquantaine de blessés parmi lesquels des agents des forces de défense et de sécurité.
Les violences enregistrées à Conakry ont fait état de pillages de biens privés et publics, d’actes de vandalisme et des dégâts matériels importants.
Les installations physiques et techniques de la radio privée Familia Fm ont été saccagées le 22 Février.
L’INIDH :
La Guinée a ratifié la majeure partie des instruments relatifs aux droits de l’homme notamment le pacte international relatif aux droits civils et politiques qui lui impose la triple responsabilité de respecter, de protéger et de réaliser les droits de l’homme. La protection des droits humains, implique l’obligation pour l’Etat de poursuivre et de sanctionner les auteurs de violation desdits droits.
Conformément aux dispositions des articles 3 de la Loi L/008/CNT/ 2011 et 96 de la Constitution,L’INIDH ouvrira une enquête aux droits humains qui sera confiée à une Commission nationale à laquelle pourront prendre part des cadres de la société civile, des parlementaires, des experts nationaux et internationaux afin de faire toute la lumière sur ces évènements.
Vive les droits de l’homme !
Vive la démocratie !
Que Dieu bénisse la Guinée et les Guinéens (e).
Nassiou Sow (Guineenews)
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