Amadou Sadjo Diallo Jeudi, 16 Février 2017 09:41
Un après l'assassinat de notre confrère, aucun coupable n'a été identifié. Suite à la lenteur de la justice guinéenne dans l'ouverture d'un procès, les hommes de médias accompagnés des acteurs sociopolitiques ont organisé une marche le 6 Février au centre-ville, à Kaloum. La plupart de ces manifestants auxquels nous avons tendu le micro, ont déploré la lenteur de la justice dans cette affaire...
Nouhou Baldé, administrateur du site guinéematin.com
« Un an après, on est toujours dans l'impasse »
« D'abord, il faut qu'on déplore la lenteur de la justice. Il y a un an, nous étions ici à cette même place et le ministre de la Justice qui est encore là, nous avait promis une célérité dans les enquêtes et que justice allait être rendue et il avait précisé très rapidement. Un an après, on est toujours dans l'impasse. On ne sait pas qui a tué El hadj, pourquoi le dossier n'avance pas. Ce qui est surtout déplorable à mon avis, c'est le silence autour de la famille d'Elhadj. El hadj était un père de famille, il avait une femme et un enfant. On apprend que sa femme n'est plus dans la famille d'Elhadj et qu'elle a été séparée de son enfant. Je pense que marcher et réclamer justice, c'est bon, mais il est aussi important que nous journalistes qu'on essaie de réfléchir, comment on pourra aider cette famille. On a crié justice, justice n'est toujours pas rendue, mais en attendant bien qu'on va continuer à demander justice, mais aussi on peut penser à aider cette famille, à aider cette femme et à aider l'enfant de notre confrère ».
Ahmed Sékou Traoré, ancien membre du RPG
« Il est inadmissible, inacceptable que jusque-là, justice ne soit pas faite »
« C'est un sentiment de frustration, de détresse. On ne peut pas comprendre que jusque-là que justice ne soit pas faite. Pourquoi on reste jusqu'aujourd'hui sans rendre justice. Si les coupables sont connus, il faut les arrêter, les juger, les condamner pour leur forfaiture. Mais, il est inadmissible, inacceptable que jusque-là, justice ne soit pas faite. Nous, les jeunes politiques aujourd'hui engagés, nous avons l'ultime des voies d'accompagner la dynamique sociale pour démontrer que nous solidarisons avec cette classe professionnelle. Cette équipe qu'on appelle les journalistes qu'ils sachent qu'ils ne sont pas seuls. Nul ne doit subir quelle que injustice que ce soit de nature. C'est pourquoi ayant tous des partis politiques à la conquête du pouvoir et engager à promouvoir les problèmes de société. L'élément fondamental de notre programme de société est de dire au peuple nous vous défendons. Nous lutterons contre l'injustice. Nous lutterons contre l'impunité. Voilà la raison de notre engagement auprès des journalistes ».
Lamine Mognouma, DGA Djigui FM
« Il y a un silence coupable également de la part des journalistes »
« On a constaté qu'il y a une lenteur. C'est pourquoi, nous avons organisé cette marche-là en collaboration avec Wassolo-agency communication et Guinée7.com, la famille professionnelle de Koula, la plus intime après sa famille biologique. Il y a un silence coupable également de la part des journalistes. Alors, il faut réveiller la conscience collective et interpeler les autorités qu'il y a lieu désormais de prendre à bras le corps le dossier et que ça a duré et perduré. On doit connaitre le ou les bourreaux. Je l'ai toujours dit, c'est l'illustration parfaite de la barbarie politique. Un journaliste qui vient faire son travail, il est abattu par quelqu'un qui, impunément, est en train de vivre sa vie. Donc, il faut dire halte et trouver une solution ».
Eli Kamano, artiste raggaeman
« J'aimerai qu'on entreprenne d'autres initiatives pour mettre la pression sur les autorités pour que justice soit faite ».
« Ce matin quand j'ai reçu l'appel de mon frère, je me suis dit mais ça va dans l'optique de mon combat. Je viens et je chanterai avec vous, je crierai avec vous et s'il faut braver les autorités qui refuseront de faire la lumière sur cette affaire, je vais les braver avec vous. Voilà pourquoi je suis là avec vous. Vous êtes menacés d'autant plus qu'on assiste aujourd'hui à l'assassinat de certains journalistes et après il n'y a pas de suite au niveau de la justice. Les dossiers sont toujours classés et c'est lamentable. On est dans un Etat où quand il s'agit d'un journaliste qui appartient à une ethnie, on donne une connotation politique. Il faut dire les choses telles qu'elles se présentent dans ce pays-là. Si c'est arrivé à un autre journaliste je pense qu'aujourd'hui on ne serait pas à ce niveau. Mais les journalistes n'ont pas d'ethnie, n'ont pas de bord. Un journaliste qui est dans l'exercice de son métier, il est assassiné. Mais faites la lumière, c'est ce que nous demandons. Si ça ne se fait pas aujourd'hui, avec la permission des organisateurs, j'aimerai qu'on entreprenne d'autres initiatives allant dans le sens de la pression qu'on pourra mettre sur les autorités pour que justice soit faite. Il n'y a pas que cette action, si on se limite à ça, il n'y aura pas de justice ».
Propos recueillis par Amadou Sadjo Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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