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Elhadj Mamadou Saliou Diallo de l'ONSLG : « la corruption, le népotisme, on en a marre… »

Alpha Amadou Diallo  Vendredi, 03 Février 2017 21:20

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elhadj mamadou saliou dialloDans un entretien accordé à votre hebdomadaire, Elhadj revient sur la grève du syndicat de l'éducation prévu pour le 1er Février. Il profite de l'occasion pour lancer un appel à tous les fonctionnaires et agents communautaires, à l'observation scrupuleusement du mot d'ordre de grève prévu le 1er Février 2017, à la veille de la publication de ce numéro.


L'Indépendant : bonjour Elhadj Saliou, vous annoncez une grève syndicale en perspective, dites-nous quelles sont les plate-formes syndicales qui approuvent et celles qui la désapprouvent parce que cela n'est un secret pour personne que le syndicat guinéen est divisé ?

Elhadj Mamadou Saliou Diallo : nous avons 10 centrales syndicales qui sont dans un même groupe qui optent pour le signe de mouvements syndicaux, une idée d'action syndicale. Ce groupe de syndicats est composé de l'ONSLG, la COSATREG, la CGTG, l'UGTG, la CGFOG, le SIFOG, l'UDTG, l'UNTG et l'ULTG et un dernier syndicat qui vient de nous rallier. Le syndicat des enseignants SAECCG. Donc, nous sommes dans cette revendication depuis Novembre c'est-à-dire depuis la publication de la grille salariale parce qu'on savait déjà, de par nos sources d'informations que la grille a été galvaudée et qu'elle a été revue en deçà et avec plein d'erreurs. Tous les fonctionnaires guinéens ont été rétrogradés. Puisque, nous n'étions pas d'accord de ce phénomène, nous avons eu à dénoncer cet état de fait, ces agissements du ministre Sékou Kourouma de la fonction publique et de la réforme de l'administration. Et par après, nous avons rajouté notre soutien aux enseignants contractuels qui sont en difficulté vis-à-vis de la fonction publique et de 3 départements de l'éducation. Finalement, avons-nous compris que, de toute façon, il faut qu'on s'adresse encore à notre partenaire qui est le gouvernement. Nous nous sommes adressés à lui. Malheureusement, les autres syndicats qui ont participé à ce mauvais travail, qui l'ont cautionné à travers le décret 301 de M. le président de la République portant sur une nouvelle grille salariale, ont travaillé dans cette commission. Ils sont responsables au même pied d'égalité que Sékou Kourouma. Finalement, nous les avons dénoncés et qu'est-ce qu'on constate au jour d'aujourd'hui, c'est que le gouvernement encore pour des motifs irrationnels et inutiles, des considérations, soi disant que nous sommes arrogants ou ceci et cela d'après ce qu'ils racontent dans leurs couloirs là-bas dans le département, ils disent que nous ne pouvons pas être autour de la table parce que nous, nous sommes arrogants, d'autres disent qu'on a personne derrière nous. Qu'à cela ne tienne, nous sommes des organisations syndicales. Si nous avons l'audience au niveau international, c'est au niveau national qu'on nous refuse l'audience. Vous comprendrez qu'il y a de la discrimination. Ça a toujours été la logique et la dynamique de ce régime. Il y a toujours eu des discriminations. Nous avons vu les choses venir. Maintenant qu'on a vu qu'ils veulent s'entêter, ils veulent négocier avec ceux-ci en nous excluant alors, nous avons introduit notre avis de grève qui va commencer le 1er Février 2017 et qui va se dérouler sur 7 jours ouvrables. Après ces jours ouvrables, nous ferons le bilan et nous verrons s'il faut reconduire la grève ou pas. De toute façon, nous avons dit que c'est une grève d'avertissement de 7 jours ouvrables et renouvelables. Et elle s'adresse à l'ensemble des fonctionnaires et agents de la communauté qu'il soit de la CNTG, de l'USTG, de SIFOG etc. C'est tous les fonctionnaires, tous ceux qui signent avec l'État, nous leurs demandons, le 1er Février de rester à la maison pour manifester leurs désapprobations vis-à-vis du travail du Sékou Kourouma qui a eu à faire prendre comme acte à M. le président de la République parce que le président de la République en réalité n'est responsable de rien dans cette histoire. On lui a soumis un document. Des gens auxquels il a confiance, il a signé. Ce sont les mêmes personnes qui sont en train de le détruire, ce sont les mêmes personnes qui sont en train d'aller en souterrain pour salir son image, pour le faire du mal tout en s'enrichissant. Vous êtes à Conakry, vous avez vu combien de fois, on les a dénoncés et combien de fois les gens continuent à révéler leur mauvais travail et leurs malversations.


Quelles sont les plate-formes syndicales qui vous soutiennent ?

Nous avons à part les 10 centrales syndicales guinéennes qui sont en unité d'action, nous avons la Fédération Syndicale Mondiale forte de 92 millions de membres qui nous a envoyé une lettre de solidarité. Cette Fédération approuve et elle qualifie de légitime notre revendication. Ici, on pense qu'il faut avoir un million de personnes comme adhérents avant de pouvoir discuter d'une question nationale, de pouvoir brûler la ville pour qu'on puisse t'appeler autour de la table au lieu de voir l'organisation en tant qu'organisation statutaire et le message que l'organisation est en train de véhiculer. Qu'à cela ne tienne, c'est des esprits de petitesse. Je l'ai toujours dénoncé, j'ai dit que malheureusement, on a des partenaires qui ne méritent pas leurs fonctions. Ils ne connaissent pas le boulot pour lequel ils ont été nommés. C'est pourquoi, ils continuent toujours à naviguer en eau trouble, pour au moins faire passer leur sale besogne financière. Donc nous avons ceci. Nous avons aussi le Bureau Régional de Syndicat Francophone de la FCN réuni à Ouagadougou récemment le 17 Janvier, qui ont adressé au gouvernement guinéen une motion de solidarité pour nous. Cette motion fustige le comportement du gouvernement actuel à travers le ministre Damantang Camara et le ministre Sékou Kourouma dans leurs agissements en matière de relation sociale.


Cette grève, c'est à travers une marche pacifique ou une opération ville morte que vous allez la déclencher ?

Les travailleurs doivent rester chez eux. Personne n'a le droit de casser quelque chose. On dit que c'est un arrêt de travail ; on n'arrête le travail et nous restons chez nous. Les privés peuvent aller travailler s'ils veulent ; s'ils grèvent par solidarité, il n'y a pas de problèmes. Nous accepterons mais nous nous adressons aux fonctionnaires. Tous ceux qui savent qu'ils ont été victimes de cette grille, ceux qui savent et ceux qui ne le savent pas parce qu'il y en a qui n'ont même pas eu la possibilité de bien vérifier ce qui se passe. Nous avons fait des rapprochements entre la masse salariale qui est en train d'être payée et la masse salariale à partir de l'ancienne grille était payée. Nous avons vu une différence négative extraordinaire, et qui est en train de tomber dans les poches de certains. Le moment viendra aussi pour dénoncer cela avec preuve à l'appui.


Au cas où vos revendications ne seront pas prises en compte par le gouvernement que comptez-vous faire ?

Nous continuons à mobiliser. Ce n'est pas nous qui allons définir le rapport de force si le 1er Février, l'État constate que notre mot d'ordre a été largement suivi, à l'État de nous rechercher, nous n'irons pas vers l'État, ils savent où nous trouver. Nous sommes sûrs d'une chose, si vous interrogez les gens aujourd'hui, sur 10 fonctionnaires que vous allez interroger, les 10 vous diront qu'ils sont prêts à aller à la grève indépendamment de leurs affiliations syndicales. C'est une question d'assiette, c'est une question de pouvoir d'achat, c'est une question du panier de la ménagère, qu'il soit de la CNTG ou de l'USTG ou d'une autre centrale syndicale, s'il a été victime, il doit le manifester en restant chez lui le 1er Février 2017.


Est-ce que dans cette perspective, vous avez des soutiens de quelques acteurs politiques ?

Bon ! Nous avons fait les démarches pour expliquer. Nous ne sommes pas allés chercher un soutien. Pour expliquer l'état de nos relations avec le gouvernement, la discrimination à laquelle nous sommes victimes, nous sommes en train d'expliquer, de faire de la pédagogie auprès des opinions internationales sur les agissements de nos partenaires parce que, pour eux, ils ont les moyens de partir là où ils veulent et parler à notre absence, nous accuser.

On a vu beaucoup de cas à Genève. Heureusement, on a réussi à démonter et à démontrer que c'est des balivernes que des gens sont en train de raconter là-bas. Donc, nous mobilisons, nous faisons un lobbying international. Et à l'intérieur du pays pour un parti politique ou le gouvernement qui se respecte en tout cas, on sait que nos revendications sont légitimes. Ils nous apporteront leurs soutiens si c'est vrai qu'ils sont démocrates. Tous ceux qui sont partisans du népotisme, du despotisme, de la violence et autres vont naturellement fustiger notre attitude et notre mouvement de grève. Nous sommes sereins, nous savons que le peuple de Guinée est de notre côté quel que soit le schéma. Parce que c'est maintenant que les gens ont ouvert les yeux. A quelque chose, malheur est bon ! Il a fallu cette situation de crise pour qu'on sache qui est syndicaliste, qui défend la cause des travailleurs et qui utilise les travailleurs pour trouver sa dépense et faire ses affaires dans ses entreprises et autres.


Aujourd'hui, on a des syndicalistes qui sont des affaires man, c'est ça le problème. Êtes-vous sûr que cette grève sera suivie à la lettre par les travailleurs concernés ?

Nous sommes sûrs que les fonctionnaires vont suivre cette grève au minimum à 80%. Nous lançons un appel à tous les fonctionnaires. Cette nouvelle grille indiciaire est notre affaire à tous ! Réveillons-nous ! La corruption, la discrimination, le népotisme, on en a marre !


Entretien réalisé par Alpha Amadou Diallo

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu


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