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Massacre du 28 Septembre 2009 : « ce procès n'a pas la complexité qu'on veut lui donner », dixit Aboubacar Sylla
Richard Tamone Vendredi, 27 Janvier 2017 13:12
Le président de l'Union des Forces du Changement (UFC) s'est exprimé sur le massacre du 28 Septembre 2009 lors d'une conférence de presse que les membres de l'opposition républicaine ont animée le 10 Janvier dernier à la Maison de la presse. L'opposant pointe du doigt des manœuvres destinées à classer ce dossier, sans qu'il n'y ait un procès. « Nous voulons que ce procès ait lieu. Cette affaire du 28 Septembre 2009, ce n'est pas la conséquence d'une guerre civile ou d'une insurrection généralisée, ce n'est pas non plus la conséquence d'une guerre interethnique. C'est une simple opération de maintien d'ordre qui a dégénéré. Il ne faut pas comparer cela au génocide rwandais ou au problème du Burundi », a, d'entrée, dédramatisé le porte-parole de l'opposition républicaine.
Avant d'ajouter : «il y a des commanditaires qui ont ordonné à des soldats d'aller disperser des manifestants. Maintenant qui a donné l'ordre ou qui était censé donner, la question est là », dit-il. Pour lui, déjà certains exécutants seraient identifiés. « Ils n'ont pas exécuté à visage couvert, ils étaient à visage découvert », a précisé le porte-parole de l'opposition.
Selon lui, il y a eu 157 morts et plus de 1 400 blessés. Mais également, a-t-il rappelé une centaine de femmes violées. Il y a encore eu, a-t-il mentionné, des disparus parce qu'il y a eu des familles qui ont identifié leurs morts à la morgue et qui n'ont pas reçu les corps qui ont été restitués à la grande mosquée Fayçal ». Pour Aboubacar Sylla, cela a amené le scandale ce jour à la grande mosquée Fayçal.
« À l'époque, c'est le ministre Koutoubou Sano qui était secrétaire général des Affaires religieuses. Il a été pris à partie par des familles, et c'est difficilement qu'il a été retiré des mains de certaines familles, parce que les gens n'ont pas vu leurs personnes décédées », a martelé le président de l'UFC.
De l'avis du député, certains « corps ont été cachés, certains connaissent même les véhicules qui les ont transportés », a-t-il souligné. Plus loin, Aboubacar Sylla a déclaré que parmi les suspects dans cette affaire, certains occupent encore tranquillement de hautes fonctions au sein de l'appareil de l'État, pendant qu'ils sont inculpés. Verser ce dossier dans le cadre de la réconciliation nationale est, selon M. Sylla, « extrêmement grave ».
Aujourd'hui, la demande de certaines familles de voir le dossier transféré à la CPI, « c'est parce qu'on ne voit aucune volonté politique d'organiser ce procès qui n'a pas la complexité qu'on veut lui donner, et maintenant en laissant la situation pourrir, évidemment c'est la loi de la nature, les témoins disparaissent un à un et d'aucuns se déplacent », a-t-il indiqué. Pour le porte-parole de l'opposition républicaine, les victimes se demandent pourquoi l'on refuserait que ledit procès se tienne en Guinée. Et d'ajouter que même le présumé principal acteur, le capitaine Moussa Dadis vient d'être inculpé 7 ans après les faits. Pour cela, il a rappelé que cette inculpation de Dadis fait suite à une alliance nouée entre lui et l'UFDG. « Toumba Diakité vient d'être arrêté à Dakar, mais tout le monde le savait qu'il était là . Mais rien n'était fait pour l'arrêter. Donc il y a des gens qui n'ont pas intérêt à ce que la vérité surgisse dans cette affaire, et ça nous sommes contre cela », a dénoncé M. Sylla.
Richard Tamone
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
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