Amadou Sadjo Diallo Jeudi, 26 Janvier 2017 07:25
Le président de la République a lancé le programme d'informatisation des établissements scolaires et universitaires du pays le 12 Janvier 2017 à l'Université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Dans son discours de lancement, Alpha Condé a décoché des flèches à l'encontre des universités privées.
Pour le chef de l'Etat, ces établissements privés « ne forment que des chômeurs ; parce qu'elles n'ont pas des bons enseignants. Nous ne sommes pas contre l'enseignement privé. Mais on doit privilégier l'enseignement public. Parce que l'État a la responsabilité de former des meilleurs cadres. On ne doit pas gaspiller l'argent de l'État à financer des universités. Parce que quand ils ont 100 étudiants, ils disent 300. Donc, on gaspille, on paye 200. Des étudiants qui n'existent pas et ça va dans les poches des gens. Ça aussi on acceptera plus », a-t-il indiqué. C'est comme pour dire que si les détenteurs de ces universités ne sont pas contents, ils peuvent organiser des grèves.
« Si les universités privées veulent faire des grèves, elles n'ont qu'à faire des grèves, si elles veulent descendre dans la rue, elles n'ont qu'à descende dans la rue. Ça me fait ni chaud, ni froid », a martelé le Chef de l'État. Car, pour lui, « personne ne gouverne innocemment. Si vous gouvernez, il y aura les gens contents, il y aura aussi les gens mécontents. Mais si vous voulez gouverner sans qu'il n'y ait des gens mécontents, alors vous ne gouvernez pas, vous dirigez une ONG, vous ne dirigez pas un État. Donc le gouvernement prendra ses responsabilités parce que c'est votre avenir qui est en jeu », a-t-il rassuré les étudiants.
Par ailleurs, le président de la République a aussi passé un savon aux enseignants des universités publiques. Selon le Chef de l'État, un enseignant des établissements publics ne devrait pas donner cours dans le privé. «Un enseignant qui fait ça, doit être sanctionné parce qu'il a prêté serment. Il peut enseigner ou faire la recherche, mais pas aller enseigner dans l'université privée », a indiqué Alpha Condé. Et d'ajouter : « quand on veut être riche, on ne devient pas enseignant ou médecin. Si on choisit le métier d'enseignant ou de médecin, ce qu'on veut rendre service. Il ne faut pas que les enseignants soit des commerçants. Ils doivent être modernes. Comme nous sommes des collègues enseignants, il faut qu'on se dise la vérité. Il faut cesser de donner des notes de complaisance, il faut cesser de donner parce que l'étudiante est jolie. Il faut que les enseignants soient aussi des chercheurs. L'enseignant guinéen une fois qu'il a quitté le cadre, il oublie, il ne suit pas l'évolution », a regretté le professeur.
Amadou Sadjo Diallo
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
![]()