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Révision du code électoral : l'opposition républicaine tape du poing sur la table

Amadou Sadjo Diallo  Jeudi, 29 Décembre 2016 09:46

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SYLLA_Aboubacar_8_01Bien des Guinéens avaient douté de la sincérité du pouvoir à respecter ses engagements pris lors de la signature de l'accord politique inter guinéen. C'était le 12 Octobre 2016. Réunie ce mardi 27 Décembre 2016 au QG de l'Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) à la CBG à Hamdallaye, l'opposition républicaine a dénoncé la lenteur dans la mise en œuvre de certaines dispositions de cet accord politique.


La réunion de ces leaders politiques ce mardi consistait à faire l'état des lieux pour la mise en œuvre dudit accord. Au sortir de cette rencontre qui a regroupé les leaders des partis favorables à cet accord, le porte-parole de l'opposition, Aboubacar Sylla a donné des précisions sur la réunion. Dans son intervention, le président de l'Union des Forces du Changement (UFC) a fait savoir que l'opposition regrette les multiples retards accusés dans l'application des dispositions de l'accord du 12 Octobre dernier.

«Nous avons déjà formellement regretté les nombreux retards qui commencent déjà à émailler l'application des dispositions de cet accord. Le comité de suivi a commencé de se réunir deux mois après la signature de l'accord. La première tâche qui a été dévolue au ministère de l'Administration du territoire et de la Décentralisation dans le cadre de l'application de cet accord. C'était la transmission du projet du code électoral à l'Assemblée Nationale. Cette transmission a pris un grand retard. Nous n'avons reçu le document qu'à mi-Décembre. Malheureusement, on a dû modifier le chronogramme de l'Assemblée Nationale pour la session budgétaire, pour inscrire l'examen de ce document du code électoral pour la fin du mois de Décembre. C'est le premier retard », accuse Aboubacar Sylla. 


Le leader de l'UFC a aussi dénoncé la transmission à l'Assemblée d'un projet du code électoral totalement erroné.

«L'Assemblée a reçu une version totalement erronée du code électoral par rapport au consensus qui s'était dégagé lors du dialogue. Il a fallu que l'opposition républicaine réplique vigoureusement pour que ce projet de code électoral soit retiré et remplacé par un autre conforme aux dispositions de l'accord », précise l'ancien ministre de la communication.


Par la même occasion, Aboubacar accuse certains députés de la mouvance de vouloir contrecarrer les dispositions prévues dans ce code électoral. « Ces derniers jours, il y a eu quelques députés de la mouvance présidentielle qui se trouvent même au niveau du bureau de l'Assemblée Nationale, au niveau du groupe parlementaire, le RPG arc-en-ciel. On a senti des velléités pour remettre en cause ces dispositions du code électoral relatif à l'élection ou à la désignation des chefs de quartier et des districts. Il a fallu ces derniers jours-ci une vigoureuse intervention des députés de toute l'opposition républicaine pour que, semble-t-il, les choses commencent à rentrer dans l'ordre », souligne-t-il.


Le porte-parole de l'opposition affirme tout de même qu'un consensus est en train d'être dégagé au niveau de l'Assemblée pour que ce texte soit voté avec la majorité requise, c'est-à-dire la majorité des deux tiers. « Nous sommes certains qu'avec des députés qui sont issus du RPG-arc-en-ciel et du groupe des libéraux démocrates, on a aucun problème à obtenir les 76 députés pour qu'il y ait une vraie volonté politique pour appliquer effectivement les dispositions de cet accord », soutient Aboubacar Sylla.

« Nous sommes dans une situation ou les multiples retards, entraînent nécessairement une révision du calendrier électoral. Parce qu'il va être difficile maintenant de tenir le scrutin local au mois de Février prochain. Nous le déplorons. Il s'agit d'une première violation des dispositions de cet accord », fustige Aboubacar Sylla.


Vu ces retards qui se sont répercutés sur l'adoption du code électoral qui n'est pas faite, mais qui, estime-t-il, sera faite probablement au plus tard le 3 Janvier prochain, il précise ceci : « il faudra ajouter à ce délai, le délai de transmission au Président de la République pour la promulgation. Une fois approuvé par l'Assemblée, il faut dix jours pour que le Président le promulgue. Mais puisqu'il s'agit d'une loi organique, il a besoin de le transmettre à la Cour constitutionnelle pour vérifier sa constitutionnalité. Et l'institution dispose d'un mois pour statuer à moins qu'on demande expressément à la Cour de raccourcir le délai. Au plutôt, ça sera fin Janvier ou début Février que ce code électoral va être effectivement promulgué afin qu'il soit applicable ».


Amadou Sadjo Diallo

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu


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