Richard Tamone Jeudi, 22 Décembre 2016 22:14
Qu'est-ce qu'il faut pour garantir la démocratie dans un État ? Mamady Kaba, le président de l'Institution Nationale Indépendante des Droits de l'Homme (INIDH), parle de 3 conditions essentielles qu'on peut mettre en œuvre pour garantir la démocratie.
Premièrement, l'indépendance et l'efficacité des institutions ; deuxièmement la soumission des forces de défense et de sécurité à l'autorité civile ; et troisièmement, les élections régulières et l'alternance au pouvoir.
« C'est-à-dire qu'il n'y a plus un homme providentiel, mais il y a une institution présidentielle où les hommes se succèdent de façon alternée », a souligné le président de l'INIDH Mamady Kaba, dans un entretien accordé récemment à la presse. L'Institution reste, a-t-il ajouté, et les hommes qui incarnent l'institution changent. « Donc, c'est l'Institution qui doit être renforcée mais pas l'individu qui incarne l'Institution », a fait remarquer Mamady Kaba. Selon ce dernier, tant que la présidence de la République n'est pas une Institution forte, indépendamment du président de la République, « l'assurance d'un avenir assuré pour la démocratie» reste incertaine ».
Le président de l'INIDH estime qu'il y a encore du temps pour renforcer les institutions de la République guinéenne. « Il faut agir pour que ces institutions soient fortes », suggère-t-il. Il est, par ailleurs, revenu sur le rôle de son Institution, qui peut, selon lui, protester à l'Assemblée Nationale. « Si la loi ne permet pas de renforcer la démocratie ou si la loi affaiblie la démocratie violant les droits civils, nous sommes capables de nous opposer à la loi, afin de faire perdre à la loi sa légitimité », a expliqué Mamady Kaba. « Nous écrivons au président de l'Assemblée Nationale pour relever les points qui violent les droits humains », a-t-il ajouté.
Pour le président de l'INIDH, la loi qui stipule la composition et le fonctionnement de son institution, la même loi donne à l'INIDH les prérogatives de s'opposer à toute loi surtout, dit-il, quand elle estime que ladite loi viole les droits humains. « En ce moment, le président de la République ne pourra pas promulguer la loi », a conclu le président de l'INIDH Mamady Kaba.
Une sortie qui n'aurait pas été du goût du pouvoir qui verrait en Mamady Kaba, un empêcheur de tourner en rond.
Richard Tamone
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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