Amadou Sadjo Diallo Mercredi, 21 Décembre 2016 10:03
L'Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) a tenu le 17 Décembre 2016 dernier sa traditionnelle assemblée générale à son siège à la minière. Au cours de cette rencontre, son vice-président s'est insurgé contre le gouvernement du Premier ministre Mamady Youla, pour sa gestion amateuriste. A cette occasion, Dr Fodé Oussou Fofana a dénoncé la loi de finances votée récemment à l'Assemblée nationale.
Nonobstant les travaux de reconstruction de leur siège, militants et responsables étaient au rendez-vous à cette assemblée générale ordinaire qui s'est déroulée le samedi dernier. En l'absence de Cellou Dalein Diallo, c'est son vice-président Fodé Oussou qui a présidé la séance. D'entrée de jeu, le vice-président de l'UFDG a indiqué qu'il ne veut plus entendre parler d'un éventuel troisième mandat d'Alpha Condé, car pour lui, c'est un faux débat.
« Je voudrais dire aux militants de l'UFDG, nous ne voulons plus qu'on parle de troisième mandat. C'est un faux débat, ne parlez pas de ça. C'est le système communiste. Quand les gens n'ont pas de quoi à manger, il n'y a pas d'eau, pas d'électricité, pas de route, la situation est catastrophique, ils en profitent pour parler de troisième mandat. Attendons, on est 2016, 2020 c'est loin. Si ça continue comme ça, je ne sais pas comment on va finir 2017. Notre constitution est très claire, l'article 154 stipule : le mandat et la durée des mandats ne peuvent faire l'objet de révision. Donc laissez-les régler ces problèmes, ne vous en faites pas, ça ne nous concerne pas », déclare Fodé Oussou.
L'autre volet de son intervention concernait la polémique suscitée par les propos tenus par le directeur général de la police. Selon le vice-président de l'UFDG, le président de la République soutient Bangaly Kourouma. « Dans un pays normal, les forces de l'ordre et de sécurité sont apolitiques. Le directeur général de la police au sein d'un siège politique parle de troisième mandat, il n'est pas démis. Qui dit rien consent. S'il n'est pas démis de ses fonctions, c'est parce que M. Alpha Condé est d'accord avec les propos du DG de la police. C'est pour cela qu'il est encore en fonction », a-t-il déploré.
Face à ses militants, Fodé Oussou n'a pas fait de cadeau à Bantama Sow. « Parfois, quand je vois Bantama parler, j'ai pitié de lui parce que le seul parti dans ce pays qui n'a pas de président, qui n'a pas fait de congrès depuis 1991, c'est le RPG. Puisque M. le ministre Bantama sans portefeuille aime parler. Je le mets au défi de me dire qui est le président du RPG/AEC, s'il a le courage de le dire. Le débat continue, s'il ne nous dit pas, je considère que le parti le plus mal organisé dans ce pays c'est le RPG/AEC », estime le président du groupe parlementaire les Libéraux démocrates.
Lors de cette assemblée, le vice-président de l'UFDG n'est pas allé du dos de la cuillère pour tancer le ministre Cheick Sako. « Nous sommes dans un pays où tous les jours, on viole la constitution, où les droits humains ne sont pas respectés. Vous avez un ministre de la Justice qui a l'intention de donner des leçons. Venu d'un cabinet de Montpelier, à sa place, honnêtement, je démissionne et je retourne à Montpellier. Je ne sais pas pourquoi on tient à Cheick Sako. Dans ce pays ici et à l'extérieur, on a de la compétence. Mais on nous amène quelqu'un on ne sait même pas d'où il vient. Personne ne peut me donner la preuve de ses compétences », rouspète-t-il. Cette rencontre a été aussi marquée par des révélations de Fodé Oussou, notamment dans le domaine de l'énergie.
« Aujourd'hui, on est dans l'obscurité. En Éthiopie, un barrage hydroélectrique de 6 000 mégawatts coûte 4 milliards de dollars américains. Souapeti et Kaleta, c'est 540 mégawatts ça coûte 2 650 millions. On avait dit que c'était un marché gré à gré, on a dit que ça ne marche pas. On nous a dit que ça va marcher tout ce qu'on est en train de faire passer comme communiqué ce n'est pas vrai. Il n'y a pas d'eau à Kaleta, ils n'ont pas d'argent pour acheter du carburant pour mettre dans les groupes électrogènes », dénonce Fodé Oussou Fofana.
Quant à la loi de finances votée récemment à l'Assemblée Nationale, le président du groupe parlementaire des libéraux démocrates, a déploré ce budget. « Nous avons refusé de voter catégoriquement ce budget parce qu'il ne correspond à rien. Le secteur rural, c'est à dire les ministères de l'Agriculture, de la Pêche, de l'Environnement et de l'Élevage sont dotés d'un budget de 21,39 milliards. La primature seule 34 milliards de GNF, 263 milliards de GNF pour la présidence. Jeunesse et Éducation 186 milliards », déplore-t-il.
En ce qui concerne le projet de loi relatif aux élections locales, le vice président de l'UFDG demande à ses militants de rester calmes. « Est-ce que la loi va être votée ? Calmez-vous. Le projet qu'on amène, c'est un projet du gouvernement, ce n'est pas le projet de l'UFDG. Le projet-là, on s'est mis d'accord, si tu n'es pas d'accord avec le projet de ton gouvernement ne vote pas le projet de ton gouvernement, mais l'élection va être organisée. Si le projet là ne marche pas, la loi en vigueur dit qu'on doit élire les chefs de quartier conformément à la loi. Aucun chef de quartier ne sera nommé tant que la Guinée existe. J'espère pour une fois, les gens du RPG ne vont pas désavouer leur président en disant que le gouvernement envoie un projet. On ne vote pas le projet. Si on vote le projet, on votera avec eux. S'ils ne veulent pas voter, c'est leur projet. De toutes les façons, les élections seront organisées », prévient le Dr Fodé Oussou Fofana.
Amadou Sadjo Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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