Aliou Sow Lundi, 19 Décembre 2016 20:26
Mahmoud Thiam, ex-ministre des Mines sous la junte militaire de Moussa Dadis Camara a été interpellé le mardi dernier à New-York par les autorités judiciaires américaines qui l'accusent de corruption. Cette arrestation rappelle celle de Samuel Mebiame, fils d'un ancien Premier ministre gabonais qui est tombé dans les mailles de la justice du pays de l'Oncle Sam en août dernier, pour des chefs d'accusation similaires. Preuve que la gouvernance minière est gangrenée par la corruption, étant donné que Samuel Mebiame et Mahmoud Thiam ont partagé la même envie de faire fortune sur le dos du contribuable guinéen.
On se souvient encore de ces extraits d'enregistrements sonores d'une conversation entre Samuel Mebiame et Mahmoud Thiam qui furent diffusés sur mediapart.fr. C'était lors d'une rencontre sécrète qui s'était déroulée en Floride en 2013. Les échanges entre les deux hommes avaient alors fuité dans la presse. Mebiame avait soupçonné son interlocuteur d'être celui qui avait filé cette info aux médias.
Le Franco-Gabonais avait menacé de saisir ses avocats vu selon lui le caractère illégal de cet enregistrement et sa diffusion. Il s'agissait d'une manœuvre qui avait semble-t-il pour but de faire plonger Samuel Mebiame dans un bras de fer minier qui l'opposait au gouvernement d'Alpha Condé. Il avait en effet déclaré à Mahmoud Thiam qu'Alpha Condé « trahit systématiquement tous ceux qui l'ont aidé ». Samuel Mebiame avait ensuite dit avoir aidé le chef de l'État entre les 2 tours de la présidentielle de 2010, en lui envoyant à 2 reprises, 3 ou 4 millions de $.
Mahmoud Thiam voulait par cette manœuvre bénéficier des bonnes grâces de la présidence guinéenne, vu qu'il était à l'époque accusé par les autorités guinéennes de corruption dans l'octroi de permis miniers à la BSGR de Beny Steinmetz, magnat israélien. C'est du moins ce que pensait Mebiame et son entourage.
Mebiame va ensuite faire l'objet d'arrestation dans le cadre d'une enquête pénale de "grande envergure" impliquant un fonds d'investissement américain et concernant des faits de corruption dans plusieurs États africains, dont notamment le Tchad, la Guinée et le Niger. C'était en Août dernier, et le gouvernement guinéen avait promis de mener toutes les investigations nécessaires pour aider les autorités américaines à faire la lumière sur les allégations en lien avec la Guinée.
Après Samuel Mebiame, c'est le tour de Mahmoud Thiam de se retrouver dans le collimateur de la justice américaine qui ne badine pas avec les fossoyeurs de nos économies. Surtout quand ceux-ci veulent profiter du confort qu'offre la vie aux États-Unis pour les personnes friquées.
Aliou Sow
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu
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