Selection de vidéos
Partenaires
Respect de l'accord du 12 Octobre 2016 : l'opposition souffle le chaud et le froid
Alpha Amadou Diallo Samedi, 17 Décembre 2016 10:42
Aboubacar Sylla, président de l'Union des forces du changement (UFC) et porte-parole de l'opposition républicaine espère que le pouvoir ne va pas fouler au pied l'application de l'accord du 12 Octobre. Après le coup de colère provoqué par le dépôt d'un projet de code électoral et d'un projet de code des collectivités locales au bureau de l'assemblée nationale qui seraient contraires à l'esprit de l'accord du 12 Octobre, l'opposition s'attend à ce que les choses changent de manière positive. Afin d'éviter que la situation s'envenime pas de nouveau.
Dans un entretien accordé à nos confrères de Lynx Fm et Espace FM, le porte-parole de l'opposition s'est gardé de parle d'échec de l'accord du 12 Octobre, bien que les projets de loi portés au niveau du parlement soient différents du contenu de l'accord. Aboubacar Sylla préfère voir le verre à moitié plein, comme l'illustrent ses propos.
Aboubacar Sylla préfère voir le verre à moitié plein « Écoutez, nous, nous positivons toujours, on a signé un accord jusqu'à preuve du contraire, il a failli être violé ces jours-ci par ces dispositions contrastées qui ne sont pas en harmonie avec l'accord du 12 Octobre du 2016. Mais le gouvernement s'est rétracté. De nouveaux documents vont nous être transmis dans les 2 ou 3 jours au plus tard à venir. Donc nous, nous considérons que la crise pour le moment, elle est surmontée, et nous restons donc positifs. Nous estimons donc que cet accord pour le moment est en train d'être mise en œuvre. Nous le suivons de très près comme je vous l'ai dit par une présence massive au niveau du comité de suivi et de cette commission de travail. Et nous nous réunissons périodiquement à la différence des accords antérieurs ou les réunions se faisaient de façon très épisodique, de façon irrégulière. Le président du comité de suivi à l'époque c'était le ministre de la Justice, M. Cheick Sako, il était souvent absent de Conakry. Donc les réunions ne se tenaient pas toujours. Et même quand elles se tenaient, parfois elles étaient présidées par un conseiller qui lui aussi avait commencé à s'absenter. Cette fois-ci on avait un suivi régulier qui est fait au plus près des dispositions de cet accord. Nous espérons que tout va rentrer dans l'ordre et que ça va bien se dérouler. Mais au cas où on se rendrait compte qu'il y a une violation des dispositions de cet accord, je l'ai dit tantôt, nous allons nous retirer complètement de la mise en œuvre de cet accord, parce que nous allons purement et simplement le rejeter. Cet accord pour nous contient des dispositions qui doivent être solidaires et indivisibles. Il n'est pas question de prendre une partie et laisser une autre. Donc si l'accord est violé dans une seule de ces dispositions, nous sortons de la dynamique de sa mise en œuvre et nous revenons à la case de départ c'est-à -dire à la case d'avant le dialogue. Et nous recommencerons certainement nos manifestions et nous userons d'autres voies de recours pour nous faire entendre », a-t-il indiqué comme réponse à ce qui venait de se passer au parlement par rapport à ces fameux projets de loi.
Le porte-parole de l'opposition a aussi abordé le cas concernant Bangaly Kourouma, le directeur général de la police nationale qui a récemment déclaré à N'Zérékoré qu'Alpha Condé devra régner à vie sur la Guinée.
« Nous en avons parlé hier à notre plénière, nous n'avons pas diffusé nos conclusions immédiates. Mais nous allons le faire incessamment c'est une question qui est toujours à l'ordre du jour dans nos réunions. Nous avons dit d'abord que c'est la première violation de l'accord politique. Cet accord politique dédie une partie significative de ces conclusions à la neutralité du service public. Donc monsieur Bangaly Directeur général de service de police, c'est un haut fonctionnaire, il n'a pas droit de prendre parti politiquement. Donc c'est déjà une violation de l'accord et bien entendu de la constitution et les lois de la république. Pour ça il doit non seulement être démis de sa fonction et pour un manquement grave au devoir de réserve qui doit être sien en tant qu'un grand commis de l'État, et puis deuxièmement il faut qu'il soit poursuivi devant les tribunaux pour que cela serve d'exemple et que son initiative-là ne fasse pas jurisprudence, ne fasse pas tache d'huile. Nous allons trouver la formule nécessaire pour continuer notre combat dans ce sens, nous n'abandonnons pas. Nous n'allons pas nous contenter de simples dénonciations parce nous savons que ce pouvoir est autiste, il écoute, il laisse le vent, et il courbe l'échine, et après il se redresse. Il laisse pourrir la situation, il ne prend pas décision, en comptant sur l'amnésie collective des Guinéens. Pour faire oublier ces manquements graves de la loi et à la constitution », a-t-il souhaité.
Pour ce qui est du couplage des élections, le porte-parole de l'opposition a fait une démonstration permettant de voir clairement que la CENI était dans l'impossibilité d'organiser des élections de quartiers et de districts en même temps que les communales. « Vous savez le couplage des élections en Guinée a été souvent évoqué. Mais à chaque fois que nous nous sommes retrouvés autour du dialogue on a mis en avant l'incompétence de la CENI à gérer même une élection à fortiori des élections couplées, surtout quand il s'agit à la fois d'une élection nationale et d'une élection locale. D'où nous nous sommes dit que la CENI aura du mal à organiser les élections locales surtout si les élections se font au niveau des quartiers et des districts, tel que cela était prévu avant. Je vous ai parlé de 4106 circonscriptions électorales pour les locales à savoir les 3763 concernant les quartiers et les districts et les 343 concernant les communes urbaines et rurales. On se retrouve avec 4106 avec circonscriptions électorales que la CENI dans sa structure actuelle, dans son état de compétence actuelle ne peut pas gérer. Jusqu'à présent la CENI n'a géré que 36 circonscriptions, lors des élections présidentielles et législatives.
Lui demander de gérer 100 fois plus, je crois que c'est se lancer dans une aventure sans lendemain. Donc coupler cette élection là avec une autre élection législative, sans oublier que les élections législatives guinéennes, c'est à la fois une élection nationale et une élection locale. Vous avez un scrutin de liste nationale qui prévoit d'emmener à l'assemblée 2/3 de députés. Vous avez un scrutin uninominal et un scrutin local qui va permettre par la voix majoritaire de désigner 38 qui vont constituer les tiers manquant au niveau de l'assemblée nationale. Donc ça va être une complexité telle qu'on ne pourra pas s'en sortir. Je vous ai dit la dernière fois que si on organise un scrutin en Guinée avec la CENI actuelle dans 4000 et quelques sur conscription ça voudrait dire 4000 CACV dirigés par 4000 magistrats, on n'en a que 300, ça voudrait dire combien de bureaux de vote avec 5 personnes par bureau de vote au moins. Les 20 mille bureaux de votes ça va être 100 mille personnes. Qui vont s'ajouter au 20 mille CACV, ça fera 120 mille personnes à gérer par la CENI en quelques jours pour ne pas dire en un seul jour. Sans parler du personnel de sécurité qu'il faut déployer au niveau des différents bureaux de vote, et comment on va gérer les contentieux électoraux. Vous imaginez comme si on organisait des élections dans les conseils de quartiers et de districts, vous en avez près de 4000 mille. Imaginez-vous que dans chaque circonscription, il y ait au moins 10 listes de candidatures, ça fait 40 mille listes de candidatures à gérer. Vous imaginez la CENI pouvoir gérer ça, et comment on va gérer les contentieux. Devant qui on va recourir pour le comptage et qu'est-ce qu'on pourra, les tribunaux de première instance pourront faire face à tout cet afflux de contentieux. Il y aura un chaos indescriptible dans le pays parce que maintenant la guéguerre ça ne sera plus entre les partis mais entre même les familles, entre les voisins qui auront présenté des candidats différents dans les quartiers tout ça ‘' on ma triché par ici, on m'a fraudé par-là ‘', comment on va gérer tout ça ».
Du respect du chronogramme de la CENI
A l'allure où vont les choses Aboubacar Sylla est pessimiste sur le respect du chronogramme de la CENI, relatif à la tenue du scrutin en Février 2017. « En tout cas il y a un grand risque à ce niveau. C'est pour ça j'attire l'attention et je pense qu'au niveau du comité de suivi qui va se tenir le lundi prochain, nous allons réfléchir profondément sur cette question parce qu'il faut là trancher. Il faut qu'une fois pour toute qu'on soit fixé sur la possibilité d'organiser des élections communales, sans qu'il y ait l'année d'avant la révision du fichier électoral. Il faut que cet acquis demeure et que la CENI nous présente un chronogramme pour l'organisation des communales. On est déjà au mois de Décembre. On est à deux mois de l'organisation des communales. On n'a pas de chronogramme. On doit savoir quelles sont les différents étapes d'organisation de ce scrutin, on doit savoir à partir de quand les listes doivent être déposées au niveau de la CENI. On doit savoir la date précise parce qu'au mois de Février, ce n'est pas une date. Il faut qu'on ait la date précise des élections…Si le comité de suivi son rôle parce qu'il est là pour ça, ça sera possible ».
Surprise désagréable de l'opposition, mais…
« Bon disons que nous avons été désagréablement surpris de voir sur nos tables de députés une version du code électoral qui ne reprenait pas le consensus intervenu lors du dialogue, ayant abouti à l'accord du 12 Octobre dernier. Donc nous sommes offusqués parce que ce que nous avions prévu dans le cadre de cet accord c'était une forme d'élection indirecte des conseils de quartiers et de districts et nous avons retrouvé dans le code électoral qui nous a été transmis ainsi que dans le code des collectivités locales que nous avons également reçu, des dispositions qui contredisent complètement cet accord entretenu à savoir que les chefs de quartiers et de districts seraient tout simplement nommés par voie réglementaire, c'est-à -dire par l'autorité administrative et ce n'est plus de se référer à des soufrages exprimés par les populations. C'est un recul grave par rapport à ces accords. Et évidemment nous avons estimé qu'il n'était pas question qu'on laisse faire, parce que les dispositions des accords du 12 Octobre ont pour nous un caractère solidaire et indivisible ».
Manœuvre dilatoire du pouvoir !
« Oui mais de façon aussi flagrante hein, nous nous sommes mis sur un accord, c'est des dispositions qui sont très précises. Nous, nous avons estimé que cette fois-ci que nous avons un accord particulier par rapport aux accords précédents. Cette fois-ci le chef de l'Etat en personne publiquement et solennellement s'est engagé à notre demande à appliquer et à faire appliquer par les institutions concernées toutes les dispositions de l'accord. Deuxièmement, on a eu un comité de suivi cette fois-ci, dont nous sommes membres. Un comité qui se réunit régulièrement.
Le chef de l'opposition a déclaré pour sa part, le samedi dernier qu'il donnait un ultimatum de 72 heures au gouvernement, afin qu'il s'inscrive dans une logique de respect des accords. Cellou Dalein Diallo a dans la même lancée invité ses militants à la mobilisation et à la vigilance. Comme on le voit, l'opposition donne l'impression de souffler le chaud et le froid, pour empêcher d'être grugée par le président Condé.
Alpha Amadou Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
![]()








