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Affaire DG de la police : la fuite en avant du parti au pouvoir
Amadou Sadjo Diallo Jeudi, 15 Décembre 2016 07:47
Le ministre conseiller à la présidence de la République, Sanoussy Bantama Sow et Sékou Souapé Kourouma, un cadre du RPG/AEC revenu dans les bonnes grâces du chef de l'État après une période de brouille ont apporté leur soutien au directeur général de la police Bangaly Kourouma, lors de l'assemblée hebdomadaire du RPG-Arc-en-ciel qui s'est tenue le samedi dernier au siège du parti.
Les propos du directeur général de la police Bangaly Camara, qui plaide en faveur d'une présidence à vie pour Alpha Condé continue de faire des vagues dans la capitale. Si le parti au pouvoir avait pour un départ condamné cette sortie hasardeuse de Bangaly Kourouma, en disant que ces propos n'engageaient que leur auteur, des cadres du RPG/AEC viennent de faire volte-face pour soutenir le directeur général de la police. Il s'agit en effet du ministre conseiller à la présidence Sanoussy Bantama Sow et Sékou Souapé Kourouma, qui après une longue traversée du désert, a retrouvé sa place au sein du parti au pouvoir.
Sanoussy Bantama Sow trouve normal que des cadres de l'administration nommés par décret soutiennent aveuglement le président de la République, même quand cela peut prêter à controverse. Ainsi selon lui, cela s'apparente à de la loyauté envers son bienfaiteur. « Aujourd'hui, nous lançons un appel à tous les cadres nommés par décret. Ils doivent être loyaux vis-à -vis de la personne qui les a nommés. Celui qui est nommé par décret du président Alpha Condé doit être loyal vis-à -vis d'Alpha Condé. Maintenant, si quelqu'un est nommé par décret, on dit que tu ne peux pas dire ceci, tu ne peux pas dire cela, si tu sais que tu ne peux pas être loyal, tu démissionnes », a rouspété Bantama Sow, dans un discours tenu du haut de la tribune du parti au pouvoir. Le ministre conseiller tenait par ces propos, apporter son soutien au commissaire Bangaly Kourouma, qui s'est retrouvé dans une mauvaise posture après un discours digne d'un zélateur. SanoussyBantama Sow s'est demandé « comment un chef d'État peut-il nommer un cadre par décret et que des gens veulent que ce cadre-là ne serve pas celui qui l'a nommé ? C'est contraire selon lui à l'éthique gouvernementale », a-t-il souligné.
Il a dans la même foulée lancé des piques à ceux qui sous le magistère de feu Lansana Conté avaient inventé des slogans tels que « ton pied mon pied » ou le « Koudéisme ». Sékou Souapé Kouroumah a emboîté le pas à M. Sow, en rappelant que « le directeur général de la police a fait une déclaration à N'Zérékoré. Les gens ont fait ici plus de deux mandats. Qu'est-ce qui s'est passé ? Ceux qui parlent aujourd'hui, c'est eux qui ont tout le temps changé la Constitution. Pourquoi ils n'ont pas parlé à l'époque ? C'est aujourd'hui qu'ils vont venir parler. Nous, personne ne peut empêcher le peuple de Guinée d'aller de l'avant. Et, si quelqu'un pense qu'il peut faire quelque chose pour bloquer un homme, on a défendu la démocratie ici, nous l'avons défendue ailleurs, et nous la défendrons encore ici et personne ne pourra faire quelque chose. Il faut que les gens sachent que personne n'a peur de quelqu'un ». Ces propos sonnent comme une menace à l'endroit de ceux qui pourraient s'opposer à un troisième mandat du chef de l'État.
Certains observateurs ont déploré cette volte-face du parti au pouvoir, qui n'entend pas sacrifier le directeur général de la police, malgré l'émoi suscité par ses propos au sein de l'opinion.
Amadou Sadjo Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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