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Après un an de silence, Marie Dioubaté, seule candidate à la présidentielle de 2015, parle à cœur ouvert à Guinéenews
Nassiou Sow Mardi, 13 Décembre 2016 22:53
Cette semaine, Guinéenews a reçu pour vous Marie-Madeleine Dioubaté, candidate malheureuse de la dernière élection présidentielle guinéenne. Dans cette interview, nous avons abordé toutes les questions et enjeux nationaux.
Guinéenews : vous avez quitté le pays juste après la proclamation des résultats de l’élection présidentielle. Votre parti, le Parti des Ecologistes de Guinée, est un parti jeune. Qu’est-ce qui expliquerait votre absence prolongée du pays au lieu d’y rester pour implanter votre parti ?
Marie-Madeleine Dioubaté : En fait, mon absence prolongée est essentiellement due à des raisons familiales. La principale raison, c’est que j’ai un père qui a 83 ans qui est atteint d’un cancer. Il a été opéré. Et après, ma mère aussi a été malade. Donc je suis restée pour m’occuper d’eux. Ça c’est la première raison. La deuxième raison, il fallait le temps de la réflexion parce qu’il n’y a pas d’activité. Il n’y a absolument rien à faire. Et là maintenant je suis rentrée travailler, restructurer le parti puisque vous-même vous avez dit que le parti est un parti jeune. Donc on est obligée maintenant de mettre les bases, les fondations du parti pour pouvoir aller à l’élection présidentielle de 2020.
Quelles sont les raisons principales qui vous ont motivée à rentrer en politique ?
En fait, c’est vraiment un ras-le-bol. Quand on vient de la diaspora et qu’on essaie de s’installer, on a plein de problèmes. Mais je me suis rendu compte que ce n’est pas simplement les gens de la diaspora. Les compatriotes même qui vivent en Guinée ont des problèmes à élaborer des projets, à les monter et surtout à les mettre en application. Parce que nous avons une administration qui est complètement sclérosée. Des gens qui ne veulent pas travailler, qui attendent essentiellement des commissions. Ça c’est la première chose. On a des gens aussi qui ne connaissent pas leur travail, qui sont méchants, qui ne permettent pas aux projets de clore. Il faut en fait faire bouger notre administration sinon on ne peut pas travailler dans ce pays. C’est le constat d’échec que j’ai moi-même vécu parce qu’on a commencé avec des projets, on avait des contrats avec l’Etat mais la mise en application est très très difficile. On peut voir que tout est bien écrit sur le papier et après c’est le parcours du combattant pour pouvoir bénéficier simplement de l’application du code des investissements.
C’est parce que vous avez été donc déçue que vous êtes entrée en politique ou c’est pour apporter des changements dans le pays ?
Ce n’est pas parce que j’ai été déçue, c’est parce que je me suis aperçue qu’en Guinée, il n’y a que la politique qui peut faire avancer les choses puisque tout est lié à la politique malheureusement. Dans d’autres pays, si vous voulez installer une usine, vous n’avez pas besoin d’aller voir le ministre, ni le président de la République, mais en Guinée c’est un pays d’exception. Quand on veut s’installer en Guinée, quand on a des grands projets, on n’est obligé de passer par la case politique. Après, ils font tout pour bloquer et coincer les projets. Et la seule façon de faire pour que les projets aboutissent, il faut rentrer en politique pour combattre le système de l’intérieur. Sinon c’est complètement verrouillé. Ce sont les mêmes qui dirigent pratiquement le pays depuis 30 ans, ce sont encore les mêmes qui sont avec Alpha Condé et ceux sont encore les mêmes qui empêchent les gens de travailler. Donc à un moment, il faut se battre, et puis il faut les combattre.
A votre avis, qu’est-ce qu’il faut pour combattre le système que vous dénoncez ?
Écoutez, je pense qu’il y a déjà des gens qui sont là -bas depuis trop longtemps, qu’il faut radier carrément de la fonction publique, des gens qu’il faut poursuivre, il faut mettre en place un système de lutte contre la corruption et que ce système-là fonctionne. C’est la seule façon de faire avancer la Guinée. Tant qu’on aura ce système-là qui est complètement verrouillé, qui est complètement sclérosé, le pays ne va pas bouger. Il va rester toujours comme ça et il y aura toujours des problèmes.
Vous parlez des Guinéens comme si vous vivez ici…
Mais je vis ici. Ça fait 9 ans que je suis en Guinée. Ça fait 9 ans qu’on essaye de monter des projets dans le secteur de l’agriculture, dans le secteur des téléphonies, de l’industrie mais partout il y a des problèmes. Soit ce sont des problèmes de commission, soit des problèmes de mettre le projet en place. Si je prends le secteur de l’agriculture par exemple, pour faire l’agriculture ici, on vous donne toujours les mêmes terrains. Le ministère de l’Agriculture montre toujours les mêmes terrains à tout le monde. On a des problèmes des fois avec les populations. Parce que l’Etat dit que la terre lui appartient mais quand vous allez sur le terrain, les populations vous disent que ce n’est pas pour l’Etat, c’est pour nous. Donc les investisseurs sont confrontés à deux problèmes. Ils sont confrontés à un problème avec l’Etat mais ils sont aussi confrontés à un problème avec les populations. Parce qu’aucune réforme n’a été faite dans ce pays. Par exemple, je pense à la reforme sur le code foncier rural ou le code foncier urbain, il n’y a absolument aucune reforme qui a été faite dans ce domaine. Et cela fait fuir tout le monde. Après, vous êtes en fait une victime. Vous avez mis de l’argent dans le pays, et après vous allez voir l’Etat, ils sont aux abonnés absents, ils s’en foutent en fait de l’après. Je pense que c’est un échec de la politique. Ils ont fait aujourd’hui un guichet unique, c’est très bien, ils ont mis en place un bureau des investissements c’est très bien mais tout cela c’est de la théorie. Après tout, il faut accompagner les gens sur le terrain jusqu’à ce que le projet voie le jour. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.
Vous disiez tantôt avoir vécu 9 ans en Guinée, mais vous vous êtes présentez à la présidentielle de 2015 à la dernière minute. Qu’est-ce qui expliquerait ce retard ?
En fait, je me suis présentée à la dernière minute parce que ça faisait deux ans que je me battais pour créer mon parti. Donc pendant deux ans je me présentais à l’Administration du Territoire. Après j’ai envoyé des gens pour ne pas apparaître, et mon parti n’a jamais été créé jusqu’à aujourd’hui.
Pourquoi vous n’avez pas voulu apparaître ?
Parce qu’ils me connaissaient tous. Parce qu’à chaque fois que moi je me présentais personnellement on me disait que les dossiers étaient perdus. Je pense que j’ai refait au moins 6 fois les mêmes dossiers. Chaque fois que j’y vais, il y a toujours un problème. Et jusqu’aujourd’hui, je pense que j’ai un dossier là -bas qu’on a finalement laissé tomber parce que j’ai des amis qui m’ont permis de me présenter à l’élection présidentielle en catimini. Voilà comment je suis entrée dans la danse sinon ça faisait deux ans que j’essayais d’avoir l’agrément de mon parti et ce n’est pas que pour le parti mais pour une ONG aussi. J’ai eu un agrément pour 6 mois pour une ONG qui s’appelait Hope For Guinée où je voulais faire beaucoup de choses et jusqu’après les 6 mois, je n’ai plus obtenu d’agrément.
Qui entend le Parti des Ecologistes de Guinée, entend forcement Environnement. Aujourd’hui, ce n’est un secret pour personne, en Guinée, la faune, la flore ainsi que la mangrove sont menacées. En tant que parti écologiste, quelle est votre politique pour la protection environnementale.
En fait, notre parti c’est un tout. Ce n’est pas simplement la protection environnementale parce qu’aujourd’hui l’environnement doit s’inscrire dans l’agenda de tous les partis politiques, pas que dans un parti écologiste. Il faut qu’on précise bien. Nous sommes des démocrates, nous sommes des libéraux. Sur ces libéraux, on a ajouté l’écologie parce qu’aujourd’hui l’écologie c’est l’avenir. Vous avez bien fait de préciser qu’aujourd’hui la Guinée est un désastre parce que nous avons d’abord un secteur minier où on ne protège pas du tout l’environnement, bien que le code de l’environnement le spécifie. Aujourd’hui, certaines sociétés font des études d’impact environnemental sans se déplacer sur le terrain. C'est-à -dire qu’il y a des gens à Conakry qui rédigent des rapports pour eux et après on fait passer ça. Il n’y a absolument aucun contrôle. Aujourd’hui, on voit ce qui se passe dans toutes les régions aurifères du pays où les gens utilisent du cyanure, du mercure alors qu’il y a d’autres choses qu’on pouvait utiliser, qu’on pouvait même fabriquer en Guinée. Ce qui créerait de l’emploi et permettrait de chercher de l’or. Ensuite, les sites ne sont pas décontaminés, ils sont pollués et on les laisse comme ça. Il y a une anarchie complète de l’Etat. Les gens coupent du bois partout pour les mines mais aussi pour faire du charbon. Ce n’est pas du tout reboisé. On a aussi des problèmes avec les paysans. Quand on veut défricher un terrain, on met du feu qui chasse les animaux. En plus, aujourd’hui on a des Chinois qui viennent exploiter du granite en utilisant des explosifs. Des explosifs qui font partir aussi le gros gibier. Donc, tout cela a été fait sans vraiment faire au préalable des études environnementales.
On a aussi un autre désastre sur la ville de Conakry et environ. Je pense aujourd’hui sur l’extension sur Boffa et sur Boké. C’est la destruction de la mangrove alors que tout le monde sait que la mangrove d’abord est composée de plantes antisismiques qui réduisent les tremblements de terre mais qui empêchent aussi avec leurs systèmes racinaires, de ne pas avoir d’invasion d’eau salée dans les terres. Aujourd’hui, on est en train de détruire complètement la mangrove. Ensuite, il y a tout un écosystème derrière la mangrove. On a notre Konkoe national qui fait ses petits là -bas, on a les crevettes qui font leurs petits là -dedans. Donc on est en train de réduire tout comme ça et l’Etat ne dit absolument rien.
En plus, nous avons les plastiques qu’on n’a pas légiférées. Je ne suis pas contre les sociétés qui distribuent de l’eau en sachet mais aujourd’hui c’est à proscrire. Donc il y a plein de choses à faire au niveau de l’environnement mais l’Etat s’en fout éperdument. On s’en fout de la biodiversité. Et il n’y a pas non plus de date pour la chasse. Donc les gens tuent les animaux n’importe comment. On ne sait pas à quoi servent les gardes forestiers. Je sais que le président a dispatché des gardes forestiers à l’intérieur mais je pense qu’ils n’ont pas les moyens. On fait des effets d’annonce mais après il n’y a rien.
Vous avez dépeint une situation catastrophique. Aujourd’hui, si vous êtes à la tête de l’Etat, qu’allez-vous faire pour mettre fin à toute cette anarchie ?
Écoutez, ce n’est pas facile déjà parce que le pays est vraiment à terre. La première des choses, je pense que c’est de faire des reformes. Il faut instaurer d’abord un climat de confiance avec les investisseurs qui veulent venir parce qu’il faut arrêter d’être trop nationaliste et se dire qu’on peut se développer seul. C’est faux, on ne peut pas se développer seul. Sinon, après presque 60 ans d’indépendance, la Guinée ne serait pas dans cet état. Donc on a besoin des investisseurs et ce, de toutes les nationalités. Malheureusement, la confiance n’est plus là . Les Guinéens sont considérés à l’extérieur, il ne faut pas avoir peur de le dire, comme des escrocs, comme des gens qui ne veulent pas travailler, comme des gens à problèmes. Cette image, elle nous colle à la peau. Il nous faut absolument changer. D’abord, il y a un travail pédagogique à faire au niveau des populations, pour qu’elles accueillent bien les investisseurs. Il faut que la justice fonctionne bien pour que l’investisseur ne soit pas lésé ou exproprié de ses biens. Ensuite il y a tout un dispositif de loi anti-corruption à mettre en place et aussi un autre dispositif à mettre en place pour les gens qui ont pris l’argent des autres afin que ces derniers récupèrent leurs biens. Et il faut aller jusqu’à radier les gens qui ne travaillent pas.
C’est le signal fort qu’on doit porter à la communauté internationale afin qu’elle comprenne qu’il y a une rupture avec tout ce qui se passe depuis 50 ans. Il y a tout un système à mettre en place pour que le pays aille de l’avant. Il y a aussi la fiscalité à revoir et parallèlement à tout ça, il faut revoir notre système éducatif et sanitaire. Nous on a des idées au sein de notre parti pour trouver des ressources sans endetter le pays parce que de toutes les façons les gens n’ont pas confiance suffisamment à la Guinée pour nous donner assez d’argent. Quand la Banque mondiale ou le FMI nous donne 24 millions de dollars, on est content et on applaudit alors que dans d’autres pays, ils donnent 500 millions de dollars, voire plus. Donc il faut que la Guinée arrive à percevoir ces mêmes fonds mais il faut à l’avance qu’on instaure le climat de confiance et qu’il y ait une gestion. Pour l’instant, il n’ya pas de bonne gestion dans le pays. Vous voyez bien comment notre monnaie a dérapé. Aujourd’hui, 100 Euro au marché noir équivaut à un peu plus d’un million de FG. Donc il faut absolument qu’on crée de la richesse dans le pays et qu’on fixe les jeunes qui sont en train de partir tous à l’aventure aujourd’hui.
Quel est votre regard sur la situation sociale du pays notamment le secteur de l’insécurité ?
Quand dans un pays tout le monde est pauvre, les gens volent. Il n’y a pas de choix. Aujourd’hui je ne parlerais même pas de pauvreté mais carrément de misère. Quand les gens n’arrivent pas à se nourrir, quand on a un seul repas par jour, c’est dire que le pays a atteint le fond et il ne peut plus aller plus bas que ça. Donc il faut qu’on puisse remonter la pente car la situation est vraiment très grave.
Donc pour vous, l’insécurité est liée uniquement à la pauvreté et non à l’impunité ?
Écoutez, l’insécurité est liée à plusieurs facteurs. Elle est d’abord due au fait que l’Etat n’ait pas été capable de créer de l’emploi, de créer de la richesse et de maintenir des emplois dans le pays et de faire en sorte que les entreprises viennent investir. Donc c’est d’abord l’échec de la politique économique du gouvernement. Ensuite l’insécurité est liée au climat de laisser aller. Donc aujourd’hui, c’est comme si la justice n’existait pas dans notre et ça c’est très grave.
Apparemment, vous n’êtes pas satisfaite de la gouvernance actuelle du pays ?
Pour le moment, le gouvernement est à la première année de son deuxième mandat et je dirais que pour le moment c’est un échec total.
Un échec total ?
Bien sûr ! Simandou est parti, c’était le projet phare. C’était le projet à ne pas laisser partir d’autant plus qu’on a déjà laissé partir auparavant BHP-Billiton. On a laissé partir Vale, on a laissé partir Beny Steinmetz, et maintenant c’est Simandou aussi qu’on a laissé partir.
Vous pensez que le pays ne peut se développer qu’avec ses sociétés minières ?
Non! Ce n’est pas forcément avec les mines qu’on peut développer la Guinée mais les mines constituent vraiment beaucoup d’argent pour le pays et donc permettraient de financer par exemple l’éducation, notre système de santé et même nos infrastructures. On a aussi d’autres secteurs qui peuvent apporter beaucoup d’argent : par exemple l’agriculture avec le développement de l’agro-industrie, les industries à forte intensité de main-d’œuvre. Je pense aussi à tous les services qui sont liés à l’internet. Pour ça, il faudrait aussi que notre système de télécommunication soit beaucoup plus performant et qu’on aille à la 4G. Donc il y a une pléthore de société de service que nous n’avons pas encore mis à part les services financiers parce que là aussi on a un vrai problème : l’accès au crédit. Aujourd’hui, on a presque 90 % de notre économie qui est une économie informelle. Donc, il faudrait aller vers une économie formelle de façon à ce que les gens soient bancarisés. Il faudrait aussi qu’on facilite l’accès aux commerçants, qu’on puisse leur ouvrir facilement des lettres de crédit avec des taux d’intérêt très bas. Donc il y a beaucoup de travail à faire.
Vous avez évoqué plus haut le cas de Simandou. Avez-vous un petit commentaire à faire sur la diffusion récente par France24 d’un élément qui fait cas d’une affaire de corruption dans laquelle le président est cité. Je veux parler du dossier Simandou-RioTinto.
En fait, j’ai écouté comme tout le monde cette histoire, mais il faut attendre. Il y a toujours la présomption d’innocence. Je ne connais pas les tenants et les aboutissants de ce dossier. C’est vrai, qu’on a entendu parler de corruption autour de ce dossier mais il faut laisser la justice faire son travail. Et on verra après si le président est impliqué ou pas. De toutes les façons, c’est quelque chose qu’ils ne pourront pas cacher.
Peut-on s’attendre demain à une alliance entre le PEG et le parti au pouvoir ?
Ça m’étonnerait mais comme on dit que seules les montagnes ne se rencontrent pas, on verra bien. Je n’en sais rien pour le moment. De toutes les façons, même si on devait travailler ensemble, on le ferait pour servir la nation mais il y aura des conditions, des préalables. C'est-à -dire que si le PEG devait travailler avec le parti au pouvoir, ce ne serait pas comme d’autres partis ont fait. Allez fusionner dans le RPG Arc-en-ciel, il n’en est pas question, ça c’est la première chose. La deuxième chose, il faudrait que, si on nous donne un secteur, qu’on ait les mains libres. Et quand je dis libre, c’est 100% libre. On doit être capable de choisir nous-même notre cabinet, c’est-à -dire qu’on ne va pas nous imposer des hommes, comme c’est le cas aujourd’hui où vous êtes ministre et puis après on vous impose tout l’entourage. Et souvent, le ministre ne s’entend pas avec son secrétaire général, il ne s’entend pas avec le directeur de cabinet ou bien avec le DAF. Après les gens passent leur temps à se tirer dans les bottes au lieu de travailler pour la nation. Il est hors de question pour nous d’aller travailler dans ces genres de conditions. Donc il y aura une négociation au préalable si jamais on venait à nous appeler.
Et avec le principal parti d’opposition ?
Pour l’instant, on peut discuter avec des gens, voir nos points communs et nos points de divergence. Nous, on est un jeune parti, on suit notre petit chemin pour l’instant. Pour le reste, on verra bien. Demain peut-être c’est nous qui serons grands.
De quel bord politique peut-on vous classer dans ce cas ?
On ne se reconnaît dans aucun parti politique. Nous nous avons une approche qui est différente. Les autres font uniquement que de la politique. Tandis que nous, on veut faire le développement. Nous sommes des libéraux et nous croyons que c’est le travail qui va relancer la machine en Guinée, qui va permettre la stabilisation, qui va permettre aussi l’apaisement des tensions sociales ou les tensions ethniques. Parce que c’est quand on va créer des emplois, des richesses que les gens n’auront plus le temps d’aller s’asseoir dans les cafés pour discuter de politique parce qu’ils seront occupés à travailler. Je pense qu’il y a pas mal de problèmes dans le pays. Nous on n’a pas besoin de venir ajouter une couche sur les problèmes qui existent. Tout le monde les a identifiés. Je pense que même ceux qui nous dirigent savent qu’il y a des problèmes. Donc, ce n’est pas la peine d’attiser le feu. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas avec quelqu’un qu’on est contre lui, ce n’est pas comme ça il faut voir les choses. En Guinée, c’est soit je suis avec toi soit tu es mon ennemi. Ce n’est pas cela. Quand on fait de la politique, on est d’abord des professionnels. Donc, il n’y a rien de personnel. C'est-à -dire, je peux attaquer le président de la République, ce n’est pas personnel. Je l’attaque sur son travail. Après les gens déforment, on a attaqué le président alors que ce n’est pas lui en personne qu’on critique mais plutôt son travail. C’est la même chose pour tout parti d’opposition.
Quel message avez-vous à lancer à vos compatriotes d’ici mais aussi ceux de la diaspora comme vous avez passé quasiment toute votre vie là -bas ?
Nous appelons tous les gens qui veulent participer au développement de la Guinée de nous rejoindre. On fera notre assemblée générale bientôt. Donc le parti est ouvert à tout le monde sans connotation ethnique ou religieuse et puis je souhaite une excellente fête de fin d’année à tous. Je sais que la situation est dure, mais il faut encore serrer la ceinture. J’espère que 2017 sera meilleur pour tout le monde.
Nassiou Sow
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