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Accord inter guinéen : les suggestions du Représentant de l'UE

Amadou Sadjo Diallo  Samedi, 10 Décembre 2016 08:58

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GIELEN_Gerardus_01Certains points de l'accord politique du 12 Octobre dernier suscitent des remous au sein de la sphère politique guinéenne. Pour M. Gerardus Gielen, Ambassadeur et Représentant de l'Union Européenne en Guinée, qui s'exprimait lors d'un déjeuner de presse auquel il avait convié des journalistes la semaine dernière, c'est à l'Assemblée Nationale de régler ce différend qui oppose entre les acteurs politiques.


L'Union Européenne est un acteur majeur dans la consolidation de la démocratie guinéenne à travers son appui au processus électoral et sa participation au dialogue politique inter guinéen. Pour ce dernier accord politique, certains points ne font pas l'unanimité. Gerardus Gielen, Représentant de l'UE en Guinée, lui pense qu'il faut se féliciter d'abord de ces discussions.


« Il y a quelques aspects de l'accord du 12 Octobre qui font beaucoup discuter. Je pense qu'il faut garder ça à l'esprit. L'accord dans son ensemble, je pense a été plutôt bien accueilli. Moi j'ai senti un soulagement en Guinée du rapprochement d'un certain nombre d'acteurs politiques suite aussi aux efforts faits par le président de la République et le chef de file de l'opposition dans la mise en œuvre de ce rapprochement qui a facilité le dialogue politique inter guinéen en 2016 », a-t-il indiqué.


L'accord sur la désignation des conseils de quartiers et districts, l'indemnisation des victimes 2013, sont 2 points qui divisent la classe politique. Pour l'Ambassadeur de l'UE, ces questions reviennent désormais à l'Assemblée nationale. « Ces points qui ont fait l'objet de discussions, ce sont des points dont on a parlé pendant le dialogue politique. On essaye de faire un maximum par consensus, parfois aussi il faut faire des compromis. Ce sont par exemple des compromis portant notamment sur la question de désignation des conseils de quartiers et de districts en fonction des résultats des élections communales. Ce sont des compromis qui ont été retenus dans le dialogue politique inter guinéen. L'autre point c'est par rapport à l'indemnisation des victimes », a-t-il souligné. Avant d'ajouter que « ce qu'il faut retenir maintenant, c'est que la question des élections au niveau des quartiers et districts, il revient au parlement de se prononcer là-dessus. C'est sa responsabilité de légiférer et d'adapter le code électoral, le cadre pour les élections dans la direction que le parlement souhaite donner. Vendredi passé, le gouvernement a transmis au parlement les 3 projets de lois pour l'amendement du Code électoral, du Code des collectivités locales et le Code sur le conseil des collectivités locales. Ce qui donne la possibilité au parlement d'étudier ces propositions de textes et de prendre position là-dessus en définitive pour déterminer le processus suivant sur les élections locales et les institutions à mettre en place. Je pense que le débat qu'il y a eu a été bénéfique en ce sens que cela aura sûrement éclairé l'opinion des députés pour voir quels sont les sujets… pour pouvoir prendre une position en connaissance du projet », souligne Gerardus Gielen.


Dans la même lancée, le Représentant de la délégation de l'UE souhaite que l'indemnisation soit élargie aux autres victimes dans les prochaines années. « Le deuxième sujet qui a été un peu sensible, c'est celui de l'indemnisation des victimes liée aux manifestations de 2013. C'est un point qui a été déjà réitéré en 2013, reconfirmé dans l'accord du 20 Août en 2015. Ce qui a été fait en 2016 c'est reprendre ce point pour le concrétiser. Donc c'est un point qui était déjà dans les accords, maintenant c'est un grand pas en avant ; parce que c'est pour la première fois en Guinée qu'on parle de la mise en place d'un fond pour l'indemnisation des victimes. Ce n'est pas le seul évènement, la manifestation de 2013 qui a connu des victimes. Je pense qu'il y a lieu de voir la possibilité d'élargir maintenant cette initiative aussi pour d'autres catégories de victimes. Ce qui pourra sûrement contribuer à la réconciliation en Guinée. Donc je crois qu'il faut réellement le voir comme un pas important avec la proposition d'inscrire une dotation dans le budget de 2017 pour concrétiser une première tentative d'indemnisation des victimes », a-t-il souhaité.


Amadou Sadjo Diallo

L’Indépendant, partenaire de GuineeActu


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