Selection de vidéos
Partenaires
Face aux « insuffisances » de ses ministres : Alpha prépare-t-il un lifting gouvernemental ?
Aliou Sow Lundi, 05 Décembre 2016 15:36
La cérémonie de remise du carton vert marquant le retrait de la Guinée de la liste noire des pays tiers non coopérants en matière de pêche avec l'Union Européenne, au président Alpha Condé, qui s'est déroulée le mardi dernier à l'hôtel Noom, a donné lieu à un véritable réquisitoire auquel s'est livré le chef de l'État contre ses ministres, dont il juge les performances en deçà des attentes. Cette sortie du président de la république pourrait certainement mener vers un lifting, en vue de revigorer l'action du gouvernement.
Le président Alpha Condé qui était visiblement satisfait de cette cérémonie de remise du carton vert à la Guinée, pour avoir réussi enfin à sortir de la fameuse liste noire de l'Union européenne, a toutefois saisi cette occasion pour dénoncer les insuffisances de son gouvernement, dont la plupart des membres ont du mal à remplir la feuille de route qui leur est assignée. Le chef de l'État a surtout pointé du doigt le fait que les ministères avaient du mal à absorber les fonds mis à leur disposition par les bailleurs de fonds. Cette faible capacité d'absorption des capitaux affectés à la Guinée relève du manque de programmes cohérents dans ces institutions. Une situation qui met de l'eau au moulin de ceux qui qualifient la gouvernance Alpha de pilotage à vue. Pour y remédier, le président annonce une évaluation de tous les départements ministériels. Une situation qui pourrait certainement mener à un lifting, en vue de revigorer l'action gouvernementale. Surtout que cette idée de gouvernement d'ouverture commence à faire son chemin dans les esprits des acteurs politiques, à la faveur du dégel des rapports entre Alpha Condé et son principal Cellou Dalein Diallo.
Dans son intervention, le président Condé s'est gardé de verser dans l'autosatisfaction. Il a rappelé les circonstances dans lesquelles, le secteur de la pêche était, à sa prise de fonction. Et les efforts accomplis par son gouvernement pour relancer ce secteur porteur de croissance, que la Guinée a du mal à remettre sur les rails. « Quand nous sommes venus, nous avons organisé les états généraux de la pêche pour ressortir tous les problèmes du secteur. Malheureusement, cela n'a pas été suivi réellement d'application. Nous avons ensuite fait un atelier pour faire le point. Donc, normalement, la pêche guinéenne aurait été plus avancée aujourd'hui. Parce que les experts venus de tous les coins du monde ont pris part à l'atelier. Nous avions identifié tous les problèmes et proposé des solutions. Donc, si le carton rouge est levé, moi, je ne peux pas être satisfait puisqu'il reste beaucoup à faire. Pourquoi, les conclusions des états généraux de la pêche, qui sont très claires, n'ont pas été appliquées ? Pourquoi les recommandations de l'atelier n'ont pas été appliquées. Le ministère de la Pêche doit être organisé en fonction des objectifs. Pas une organisation traditionnelle. C'est pourquoi, après la sortie de la liste rouge, nous allons revoir complètement le fonctionnement du ministère, ainsi que d'autres ministres. Pourquoi ? Il faut qu'on se dise la vérité. Il y a trop de bureaucratie et d'insuffisances », a tenu à souligner le président de la République, dans un discours improvisé, dont nous nous sommes procuré des extraits.
« J'ai fait le tour des partenaires de la coopération, bilatéraux et multilatéraux, pour savoir la situation. Dans beaucoup de secteurs, il n'y a pas d'absorption des capitaux. Comment voulez-vous que les pays nous aident si leur argent n'est pas utilisé ? Voilà un problème concret. Pourquoi notre taux d'absorption des fonds est très faible ? 10%, 15%, 20% ? Pourquoi, il y a de l'argent que le ministère n'a pas utilisé ? On ne peut pas avoir de l'argent qu'on n'utilise pas. Le ministre des Affaires étrangères de la France m'a dit qu'il veut bien nous accompagner mais regardez la situation : l'argent est là , il n'est pas utilisé. Nous avons fait des progrès. Pour une fois, nous avons fini un programme formel avec le FMI », a déploré le chef de l'État, parlant des insuffisances de ses ministres.
Comme solution palliative, le chef de l'État annonce : « maintenant, avant un nouveau programme, nous allons nous réorganiser pour modifier le fonctionnement de notre administration. Parce que de la façon dont elle fonctionne aujourd'hui, elle ne peut pas être performante. Disons-nous la vérité. Non seulement, il y a du sabotage et vous êtes très contents qu'on surveille mais le problème de l'avion qui surveille la mer, qu'a-t-on fait ? Cet avion était garé à l'aéroport. Qui ne peut pas voir un avion garé à l'aéroport ? On a pris un chariot pour le cogner tout simplement pour l'empêcher de procéder au contrôle de la pêche clandestine en haute mer. Voilà des réalités concrètes.
Mais malgré tout, cela ne nous a pas empêchés d'avoir un avion à deux hélices qui peut faire tout le tour. On ne peut pas éviter. L'ordre suit tout. Quand un bateau est dans une zone de pêche illicite, les gens savent le temps qu'il fait-là , même si la Guinée ne le signale pas, ils vont nous le signaler. Donc, si on est satisfait, il y a beaucoup à faire. Comme l'administration est lourde, et on n'arrive pas à bouger, on va créer, comme on a fait pour l'assainissement de Conakry, des agences, mettre des cadres performants à qui on va payer un très bon salaire pour qu'au moins les crédits qu'on aura soient utilisés, puisque les ministres bloquent. Alors l'administration va être davantage décentralisée. Il y aura beaucoup de sociétés d'État à caractère commercial ou administratif pour limiter les lourdeurs et faire bouger les choses. Nous avons mené beaucoup de combat. Malgré la crise d'Ebola, nous avons bouclé le programme formel avec le FMI… »
Concernant le commerce, Alpha Condé appelle à une réorganisation du secteur. « Il faut qu'on organise mieux le commerce, monsieur le ministre du commerce. J'ai fait des enquêtes aujourd'hui. Je constate que le riz est vendu sur les containers à 190 000 GNF. Comment ce riz peut se retrouver au marché à 250 000 GNF ? Comment cela se fait ? Ne peut-on pas organiser ces femmes-là ? Il y a les MIFA. On peut mettre en contact les femmes qui vendent le riz au marché aux importateurs. On leur vend le riz à 190 000 et elles en revendent à 210 000 GNF. Il n'est pas normal qu'on vende le riz à 190 000 sur les containers en ville et qu'on revende le même riz à 250 000 au marché. Voilà des réalités concrètes.
Donc, l'organisation du commerce est anarchique. On vend le riz à 250 000 à Kenien, 260 000 à Matoto, il n'y a même pas de prix unifié. Donc, il faut que la gestion en 2017 soit radicalement différente de ce qu'elle a été jusque-là . Il faut que cela soit clair pour tout le monde. C'est tout est un problème d'organisation. Nous allons faire le point avec chaque ministre, département par département. Parfois, c'est simplement, parce que ce n'est pas publié dans le journal officiel », a promis le président.
Car pour lui, « on ne peut pas être satisfait même si on a fait des progrès énormes. Comme l'administration est courbée à gauche, nous allons la courber à droite. Comme ça, vous allez vous redresser. Ce qui est acquis est acquis. L'important est ce qui n'est pas acquis », selon lui.
Pour finir, le chef de l'État a invité ses ministres à communiquer davantage. « J'ai demandé au ministre de l'énergie pourquoi, il y a coupure. Mais il y a eu l'orage. Qu'est-ce qui coûte d'informer la population pour dire qu'il y a des pannes ? On ne communique pas. Et on laisse les gens mentir. Il faut expliquer aux populations ce qui ne va pas. Il faut expliquer qu'il y a tel problème pour que les gens comprennent. Il faut expliquer en attendant qu'EDG trouve la panne. La foudre, c'est naturel. Ce n'est pas la faute d'EDG. Mais au moins, il faut informer la population. Il faut dire qu'il y a eu l'orage, qu'il y a des pannes et des coupures…. ».
Avec un tel discours, il faut s'attendre à un réaménagement au sein du gouvernement, à en croire certains observateurs. Même si le président Condé est réputé pour ses effets d'annonce. Il se contente de l'autoflagellation, sans chercher à soigner le mal à la racine. Ce qui fait que le pays n'arrive pas à décoller. L'impunité aidant… A moins que le chef de l'État ne se ravise, pour enfin nettoyer la poussière sous le tapis, et nommer des cadres compétents et vertueux.
Aliou Sow
L'indépendant, partenaire de GuineeActu
![]()
Commentaires
Mais son bois était trop vieux et sec, donc finalement on l'a cassé...
Vous comprenez mal Alpha Conde
Ce Monsieur se comporte comme un simple observateur de la scene en Guinee, comme si n'etait pas lui le responsable
Pauvre Guinee qu'as tu fait pour meriter ce president?
Mille fois hélas mon cher Bateka!Mais chaque peuple à les présidents qu'il mérite
Ce Monsieur se comporte comme un simple observateur de la scene en Guinee, comme si n'etait pas lui le responsable
Pauvre Guinee qu'as tu fait pour meriter ce president?








