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Si ce budget ne reflète pas les aspirations du peuple, nous ne le voterons pas
Emmanuel Toumany Samedi, 19 Novembre 2016 09:12
Dans cette interview accordée à notre reporter, Dr Fodé Bocar Maréga, député uninominal de Dinguiraye a un ton très menaçant vis-à -vis du projet de budget dont l'examen a lieu en ce moment à l'hémicycle par les honorables députés. Notre interlocuteur aborde également le cas de l'accord du 12 Octobre dernier entre le pouvoir et l'opposition, ainsi que le vol de bétail attribué à des dirigeants de la délégation spéciale de Dinguiraye…
L'Indépendant : au cours de la session budgétaire qui a lieu en ce moment au parlement, quels sont déjà les projets adoptés à date, M. Maréga ?
Dr Fodé Maréga : écoutez, nous avons eu un problème important dès le début de cette session. En effet nous attendions le projet de budget initial 2017 du gouvernement mais celui-ci n'est pas arrivé à temps. Et nous avons donc travaillé sur les projets qui étaient disponibles. Ainsi, nous avons adopté les projets de loi portant sur la protection du patrimoine culturel, la protection du patrimoine routier, des nouveaux changements au sein de la Banque Centrale de la République de Guinée – BCRG – et sur des dons de la Turquie. Et depuis que le projet de loi des finances initial nous a été déposé, nous nous y concentrons en attendant que l'on nous soumette les projets de loi portant sur le code électoral et le code des collectivités qui constituent des projets prioritaires pendant cette session. Il y a également le cas de notre code, c'est-à -dire, notre règlement intérieur.
Quelles sont les grandes lignes de ce projet de budget ?
Comme d'habitude, nous constatons l'existence des structures floues. Vous vous souvenez que l'année dernière, le gouvernement guinéen avait majoré la TVA de 18 à 20% parce qu'il voulait taxer à 100% la farine. Cette année, ce même gouvernement est revenu à de meilleurs sentiments pour réduire cette taxe. A l'époque nous avions pesté contre cette mesure qui était impopulaire. A date, nous sommes en train d'examiner minutieusement ce budget. Souffrez que je ne vous dise pas tout aujourd'hui car le budget est l'expression chiffrée d'une volonté politique qui n'est pas la mienne, donc je n'ai pas grand-chose à vous dire.
A travers l'examen et l'adoption d'un État comme c'est présentement le cas en Guinée, qu'est – ce qu'un parlement peut – il apporter dans le cadre de l'amélioration des conditions de vie de ses mandants ?
Chez nous, c'est la sauvegarde de l'intérêt de nos populations. C'est ce qui nous a amenés ici, c'est pour que l'on vérifie tout. Nous sommes comme nos mandants l'ont dit dans une position censée apporter l'amélioration des conditions des Guinéens. Si ce budget ne reflète en rien les aspirations du peuple, nous ne le voterons pas. Parce que nous estimons que des efforts doivent être faits.
L'Accord politique du 12 Octobre semble ouvrir de belles perspectives pour la Guinée. A quoi pourrait-on s'attendre dans le cadre du respect des engagements pris, étant donné que ces lois sont indispensables ?
D'abord je suis heureux de reparler de l'Accord et du dialogue qui l'a précédé. Nous en sommes arrivés là parce que le pouvoir s'est rendu compte de la capacité de l'opposition de mobiliser notre peuple à se défendre pour son bien. Nous sommes, la mouvance présidentielle et l'opposition, parvenus à des consensus sur le mode de désignation des chefs de quartiers et de districts à travers les élections communales et communautaires à venir. Voyez aux USA, le président même n'est pas élu par un suffrage universel direct. Ce n'est pas ce que nous voulions mais nous l'avons accepté pour décrisper la crise qui était perceptible. Mais au préalable nous devons adopter les lois de modifications avant les prochaines élections. C'est peut-être le serpent qui se mord la queue mais nous allons nous battre. C'est que, ici c'est toujours la volonté du chef de l'État. En Guinée, les gens sont forgés pour voir par exemple plus blanc que le président qui le dit. Une simple démagogie héritée du régime du PDG et de son chef d'alors.
Nous avons vécu la première édition de la semaine de la citoyenneté et de la paix en Guinée. Cette initiative vous inspire t-elle un lendemain meilleur pour notre pays ?
Je ne voudrais pas qu'on mette les charrues avant les bœufs, nous ne devons pas penser que nous sommes arrivés à notre fin. La citoyenneté c'est quelque chose d'important. Ça permet aux gens de vivre ensemble et de comprendre leurs droits et devoirs. Nous, nous étions pour la semaine et c'est pourquoi nous l'avions votée. Nous pensons qu'il fallait commencer pour montrer aux populations ce qu'il y a autour de la problématique. En Guinée, il n'y a pas de problème ethnique, ce sont des politiciens qui se servent de l'ethno-stratégie. C'est l'État qui est violent contre ses populations. Aujourd'hui, la citoyenneté doit permettre aux gens d'avoir une meilleure idée pour être tranquilles.
Nombreux sont des citoyens de la Cité sainte, Dinguiraye qui reprochent à la délégation spéciale de mauvaise gestion. Notamment autour de la vente de 39 bœufs pour 9 millions de GNF. Qu'est-ce que vous en savez de cette situation ?
Je pars du principe qu'il n'y a pas de délégation chargée de ça. Nous nous sommes battus depuis très longtemps pour qu'il y ait changement de mode de gestion dans notre localité. Nous passons partout avec les autorités à tous les niveaux parce que Dinguiraye fait partie des zones des plus pauvres de la Guinée. La principale ressource de Dinguiraye, c'est l'exploitation minière de Léro avec la SMD qui lui reverse 0,02% que nous cherchons à mieux gérer dans la transparence. Mais, il y a toujours eu la main des préfets et certains complices sur place. Et surtout au niveau des Finances et de l'Administration du Territoire. Notre but aujourd'hui est d'aider les délégations spéciales à mieux gérer leurs communes en conformité avec nos lois. Bien sûr comme partout ailleurs, nous fustigeons la mauvaise gouvernance. Pour ce qui se passe à Dinguiraye je n'ai pas connaissance. Cependant, si nous voulons changer les choses du passé, il n'est pas question qu'on fasse les mêmes choses que nous dénoncions. Nous sommes toujours dans cette dynamique-là .
Qu'est-ce qui, selon vous, justifie la mauvaise cohabitation de Kébé Abdoul, Fédéral avec Ahmed Tidiane, président de la Délégation spéciale, tous membres de l'UFDG, votre parti commun ?
Chacun des deux veut être candidat à la Mairie. Mais il y aura un congrès dans chaque comme Dinguiraye pour déterminer ceux qui représenteront le parti. Ce qui est important, c'est que nous créions les conditions pour ratisser large en faveur de l'UFDG pour les prochaines élections. Par ailleurs, nous ne voulons pas des gens pour détruire notre parti.
Vu que vous soutenez Kébé Abdoul alors que Ahmed Tidiane est le protégé de l'Honorable Ousmane Koumbis Diallo, lui aussi UFDG de Dinguiraye, l'on se demande comment tout cela se passe entre vous dans la même famille ?
Depuis toujours, il y a eu des problèmes entre les gens autour des élections à Dinguiraye. Le parti décidera de ce qui adviendra en dernier ressort depuis la base.
Quel est votre message à la fin de cet entretien ?
L'exemple devrait nous inspirer. En Guinée, je dirai tout simplement que nous avons vu toutes les imperfections du passé que nous voulons changer aujourd'hui. Nous voulons avoir des élections transparentes et crédibles pour permettre à un homme de diriger de manière claire et nette. Et c'est le sens de notre lutte. J'invite à l'unité pour le rayonnement de Dinguiraye.
L'Honorable Dr Fodé Bocar Maréga merci
Je vous en prie, c'est moi qui vous remercie.
Interview réalisée par Emmanuel Toumany
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu
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Commentaires
Oret le PPAC en a au moins 95 (71 + 14 de l'UFR + 10 taupes dans l'UFDG).
Faites les comptes et vous savez déjà que toutes les jeremiades n'y changeront rien - ce budget sera voté sans aucune rature comme a chaque fois depuis 2013.
Il fallait y penser a ce moment-la avant d'aller siéger pour les raisons connues de tous...
Vous brassez de l'air, qui commence à devenir fétide...








