Léon Kolié Mardi, 08 Novembre 2016 14:02
Mme Fatou Baldé Yansané, 1ère vice-présidente chargée des questions politiques du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG), a eu un entretien avec notre reporter, échange durant lequel elle s'est largement prononcée sur la célébration de la semaine de la citoyenneté en Guinée et sur la signature de l'accord politique du 12 Octobre dernier qui d'ailleurs suscite actuellement des remous au sein du CNOSCG. Lisez…
Le Démocrate : actuellement, le CNOSCG est décrié par certains de ses membres parce qu'il a été signataire des récents accords politiques du 12 Octobre dernier. En tant qu'un membre « influent » de ladite structure, qu'en pensez-vous ?
Fatou Baldé Yansané : le CNOSCG a participé au dialogue en tant qu'observateur, parce que par le passé, la société civile n'était pas conviée au dialogue, mais à chaque fois qu'il y a un blocage institutionnel, on fait appel à elle ou alors, elle s'auto-saisit pour faire la médiation entre les acteurs politiques.
Ainsi au dialogue du 20 Août, nous avons sollicité un statut d'observateur pour nous permettre de mieux nous approprier des conclusions et faire le suivi pour nous éviter des crises à répétition.
Au terme du dialogue du 10 Octobre, nous nous sommes retrouvés pour évaluer les conclusions et décider de signer ou non. Nous avons tous été d'accord que le point sur la désignation des Chefs de quartiers et de districts selon les résultats des élections communales est un recul dans la marche vers la démocratie.
Mais, vu la situation sociopolitique du pays, il fallait prendre une décision allant dans le sens de l'apaisement. Nous avons fait une déclaration dénonçant cette disposition des accords et, nous avons cherché à communiquer avec nos démembrements pour recueillir leurs avis sur les 8 conseils régionaux, nous avons reçu l'aval de 7 pour signer l'accord sous réserve d'amendement de la clause concernant la désignation des chefs de quartiers. Donc, nous ne sommes pas en train de cautionner une violation de la loi, ou une privation des citoyens de leurs droits, mais nous avons voulu accompagner la volonté des acteurs politiques d'aller à l'apaisement.
Nous restons donc, dans cette position pour maintenant nous impliquer dans une dynamique de plaidoyer, de lobbying et, tout ce qui est légal et autorisé pour que cette disposition soit purement et simplement annulée et que les dirigeants à la base soient élus comme cela est prévu par la loi.
Maintenant vouloir mettre la société civile sur le banc des accusés en la rendant responsable des conclusions issues du dialogue entre les protagonistes (mouvance et opposition), je dirais que c'est une erreur grave, et nous ne pouvons pas endosser cette responsabilité puisque notre signature ou non ne pouvait rien changer à la situation, car les 2 plus grands partis politiques qui polarisent la vie politique de notre pays y trouvaient leurs comptes dans ces accords.
Nous restons opposés à toute forme de violation de la loi, et nous voulons que les dirigeants à la base soient élus.
Quelle est votre lecture de « la semaine de la citoyenneté et de la paix » qui a débuté le 1er Novembre en Guinée ?
La citoyenneté est le lien social établi entre une personne et l'État qui le rend apte, à exercer l'ensemble des droits civils et politiques et des devoirs dans la cité. A cet effet, la Constitution guinéenne stipule en son article 22 que « chaque citoyen a le devoir de se conformer à la Constitution, aux lois et aux règlements. Ensuite, chaque citoyen doit contribuer, dans la mesure de ses moyens, à l'impôt et, doit remplir ses obligations sociales pour le bien commun dans les conditions que la loi détermine. Et, il a le devoir sacré de défendre la Patrie ».
L'institutionnalisation de la semaine de la citoyenneté, est une décision importante et, qui va changer le comportement désobligeant de certains citoyens qui sont victimes de la méconnaissance de leurs droits et devoirs dans la cité.
Je félicite le ministre Kalifa Gassama Diaby pour cette initiative et nous allons tous nous investir pour un succès de cette semaine. Et je demande également à tous les Guinéens de s'approprier de cette initiative, qui va sûrement permettre de recoudre le tissu social et restaurer la confiance entre l'État et les citoyens.
Interview réalisée par Léon Kolié
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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