Boubacar Sylla de la société civile : « quand Alpha a nommé Youla, Dansa l'a qualifié de pagailleur »

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Boubacar Sylla, qui était jusque-là, Secrétaire national chargé des questions de jeunesse et de l'emploi au sein du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG) a jeté l'éponge. Il assure dans cet entretien qu'une « mal gouvernance » qui ne dit pas son nom règne présentement au sein du bureau exécutif de cette institution. Ce sont là entre autres, les raisons qui l'auraient amené à rendre le tablier. Interview….


L'indépendant : vous venez de rendre votre démission. Et bien qu'est-ce qui explique ce geste ?

Boubacar Sylla : il faut rappeler que les membres du présent bureau exécutif du CNOSCG ont été élus suite à une Assemblée générale, tenue du 8 au 9 Février 2014, à Kindia. Je m'étais présenté, parce que, j'ai estimé en étant au sein du bureau exécutif pouvoir apporter un changement. Vu déjà tous les problèmes qui entouraient le bureau sortant. Mais après 2 ans, j'ai constaté qu'on avait plus de problèmes que les anciens membres. Cela m'a amené de faire un mémorandum, ainsi le 8 Décembre 2015, j'ai fait ce mémo sur le dysfonctionnement du Conseil national. Je l'ai adressé aux 17 membres du bureau exécutif, mais également aux 8 présidents des coordinations régionales.


Quelle a été leur réaction ?

Aucun d'eux n'a réagi. Je me suis dit que ce n'est pas la peine de continuer avec ce conseil national.


Ce n'est pas la première fois que le CNOSCG attire les projecteurs des médias sur lui. A un moment donné l'actuel préfet de Kankan, Aziz Diop avait défrayé la chronique dans une affaire de soupçon de détournement de fonds. Vous vous en souvenez certainement ?

Aziz Diop n'était même pas membre du bureau exécutif. Il était secrétaire exécutif. Il a profité du vide laissé par le départ de certains membres de l'ancien bureau vers la CENI mais également au gouvernement. Il faut reconnaître qu'Aziz avait une compétence. Et donc, il a fait ce qu'il pouvait faire. Tous les détournements que les gens disent entre griffes, moi je l'ai pas constaté. J'ai par la suite suggéré à Dansa d'essayer d'auditer, afin de voir comment dédouaner ce nouveau bureau des problèmes. Ainsi, j'ai demandé l'expertise d'une ONG de la place : le CENAFOD. Par la suite, j'ai dit au président Dansa Kourouma étant la personne morale, d'écrire au CENAFOD pour un appui. Il a écrit au CENAFOD, qui a fait l'audit. L'ONG a sorti un rapport. Les diagnostics ont révélé le que Conseil national à des faiblesses notoires. Mais depuis tout cela a été lettre morte. Jusqu'au jour où j'ai quitté le Conseil national, ce rapport-là était dans les tiroirs de Dansa. Il n'a jamais publié ledit rapport. Depuis qu'il est-là, il n'a jamais amené le bureau à planifier des activités pour résoudre l'ensemble des problèmes de dysfonctionnement qui assaillent le Conseil national. Du jour au lendemain, nous assistons par voie de presse à la cacophonie au sein du Conseil national dont je fais partie. Que de contradictions, d'hypocrisie totale de cette équipe. C'est un bureau, si tu as de la valeur, il vaut mieux quitter.


Justement certains affirment que le CNOSG est dirigé par 2 personnes. Qu'en dites-vous ?

Tout à fait, mais ce qui m'étonne, c'est le silence des 17 autres membres. Bon, certainement ils ont un intérêt en jouant le silence. Pendant les 2 années passées-là, le présent Conseil national n'a jamais ficelé un plan d'actions. Dès la première année, lorsque j'ai constaté cela, j'ai alerté plusieurs fois. Malheureusement cela n'a servi à rien. Je n'admets pas qu'un président du Conseil national essaye de se contredire à tout moment. Il amène un vice-président au dialogue politique et il revient dire qu'il y a ceci et qu'il y a cela. On dirait que le bureau c'est seulement les 2. Pourtant, il y a un vice-président chargé des questions politiques.


Dansa dénonce les accords politiques, pendant que le CNOSCG dont il est le président a signé lesdits accords ?

Ils ont signé et après ils disent non, on a signé sous réserve. Sous réserve de quoi, c'est parce qu'ils sont irresponsables. Sinon, ils ne pouvaient que réunir l'ensemble des membres du bureau et il devait revenir à ce dernier de décider. Avec Dansa, même si vous décidé à la dernière minute, il change.


A en croire certains détracteurs, le président du CNOSCG Dansa Kourouma chercherait lui aussi un portefeuille ministériel ?

Je m'en vais vous dire ceci : quand-on a nommé le Premier ministre de ce présent gouvernement, Dansa a fait savoir que le président actuel est un pagailleur. Ce jour, on était à Coyah, mais moi je ne l'ai pas répondu. Parce que, ce que je lui avais toujours dit, c'est de travailler sur les grands axes qui peuvent aider le citoyen guinéen à sortir du sous-développement. Mais Dansa que tu entends dire que cette organisation est une question de survie. Je ne l'ai jamais écouté. J'ai une organisation internationale dénommée : le club des amis du monde, elle a 20 ans d'expérience. Vous pouvez le vérifier. Là, il y a la bonne gouvernance, c'est ce que j'ai voulu imprimer au sein du conseil national. J'ai voulu qu'on laisse les plates-formes et les ONG membres de faire le travail d'activiste. Mais malheureusement, c'est Dansa et Thierno Abdoulaye qui font de l'activisme. Vous imaginez, qu'un conseil national organise un forum social africain à Conakry et que les membres du bureau soient informés en moins de 72 heures. Lors d'une rencontre, ils m'ont demandé de prendre la parole, j'ai dit que je ne parle pas. Parce que si je parlais, ça n'allait pas être bien. Je l'ai quand même fait savoir que si je dois aller au Palais du peuple, si je trouve la mort-là qui est responsable ? Ils ont dit le conseil national. J'ai dit prenez acte : on ne peut pas organiser un forum social africain. On ouvre le conseil national et que les membres de bureau soient informés à moins de 72h.


Apparemment votre départ semble avoir choqué le président du CNOSCG, il y a eu même des messages déplacés dit-on entre vous et Dansa ?

Quand j'ai dit que c'est irresponsable de signer un accord, où il n'y a pas de procès-verbal dressé par l'ensemble des membres du bureau exécutif, il m'a envoyé un texto qui est dans mon téléphone : il m'a dit que je ne mérite pas le respect. Je lui ai dit merci au peuple de juger, « qui de lui ou de moi mérite le respect du citoyen guinéen ».


Pour lui, votre démission serait un non évènement ?

C'est un non évènement, mais il mobilise les jeunes à la maison de la presse pour parler de Sylla. Pourtant il a dit que ma démission est un non évènement. Demain les Guinéens connaîtront la vérité. Et je suis sûr et certain au sortir de tout ce tourbillon, c'est la société civile qui va gagner.


Pour finir, avez-vous un message à lancer à l'endroit de la société civile guinéenne ?

La société civile doit revoir sa manière de faire. Que les gens fassent attention dans le choix de ceux qui doivent composer le bureau exécutif de la société civile. Tous ceux qui aspirent à des postes ministériels ou autres doivent aller ailleurs. Mais ceux qui ont la ferme volonté d'accompagner les citoyens guinéens que ceux-ci aient la chance d'être élus membres du bureau du conseil national. Qu'on ne fasse pas des individus de supers hommes.


Entretien réalisé par Richard Tamone

L’Indépendant, partenaire de GuineeActu


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