Honorable Mohamed Aliou Bah, député de l'UFDG de Ratoma : « le malheur est que nous ne pouvons rien modifier dans le projet de loi des finances »

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Des travaux de la session budgétaire en cours au parlement, de la position de l'UFDG suite à la polémique suscitée par l'accord politique du 12 Octobre, ce sont là des sujets abordés par le député UFDG de Ratoma, Honorable Mohamed Aliou Bah, dans cette interview.


L'Indépendant : Honorable Mohamed Aliou Bah bonjour. Quels sont les points essentiels à l'ordre du jour au niveau du Parlement pour la présente session ?

Mohamed Aliou Bah : merci Emmanuel Toumany de m'ouvrir ainsi les colonnes de votre journal L'Indépendant. En principe, nous avons tout ce qui est financé concernant l'État guinéen. La République de Guinée et d'autres pays, soit avec des bailleurs de fonds ou alors avec de nouveaux investisseurs s'intéressant à notre pays dans le cadre des opérations d'échange gagnant – gagnant.

Mais il n'est pas dit, parce que c'est la session budgétaire, qu'on ne peut discuter d'autres projets de lois de la République. Au cours de la session des lois dernière, nous n'avions pas épluché tous les dossiers. Aujourd'hui, nous sommes en train de travailler sur ces dossiers, afin de pouvoir les achever pour les déposer au gouvernement guinéen. Nous venons de recevoir le projet de loi des finances 2016. Nous allons discuter pour voir les points positifs et ceux négatifs.

De toutes les façons, le malheur que nous nous avons dans ce sens-là, c'est que nous n'avons aucune chance de modifier quoi que ce soit dans ce projet de budget. Nous l'avons toujours déploré, qu'on ne dépose pas la loi de règlement, nous permettant de critiquer l'exercice antérieur afin d'améliorer le nouvel exercice.

Donc, puisque cela n'y est pas, ça ne nous permet pas d'apporter un quelconque apport. Mais nous pouvons quand même discuter pour suggérer aux différents départements ministériels concernés, afin d'améliorer ou bien de diminuer certains montants en faveur de ceux qui en ont plus besoin.

Maintenant c'est à l'État de pouvoir faire les réajustements nécessaires en fonction des différentes critiques émises au cours de la présente session.


Depuis la signature de l'accord politique inter guinéen le 12 Octobre, il y a eu des polémiques parmi les acteurs nationaux. Quelle lecture faites-vous de ces agitations, et comment tout ça est vu du côté de l'UFDG ?

La lecture est simple. Il s'agit d'un dialogue inter guinéen. Nous n'avions pas exigé un intermédiaire étranger, car nous avions dit qu'il faut que nous fassions tout, pour arranger le peuple de Guinée, et non un groupe d'individus.

L'essentiel était de voir tout ce qui pourrait nous mettre dans un cadre de quiétude sociale au niveau national. C'est ce qui fut fait. Si vous avez bonne souvenance, l'UFDG a toujours réclamé des élections au niveau des quartiers et districts dans l'ensemble du pays. Mais nous n'avions pas été entendus dans ce sens. Alors, au cours de ce dialogue national, nous étions assistés par des partenaires techniques et financiers qui nous ont fait des suggestions objectives sur différents sujets à l'ordre du jour dudit dialogue.

Par exemple, ces partenaires ont accepté avec nous la libération des prisonniers politiques. Nous sommes aussi convenus sur l'indemnisation des victimes de ces derniers temps. Afin de pouvoir soulager les familles concernées. Ce qui, de même, pourrait désamorcer la crise sociale.

En plus, nos partenaires nous ont dit qu'il n'y a pas d'élections pour les chefs de quartier et de district en Afrique de l'Ouest. Donc ceux-ci sont sous le contrôle direct des mairies élues. Comme ils sont considérés comme étant des sections directes des mairies.

Et dans notre constitution même, ne sont reconnues comme communes décentralisées que les communes urbaines et rurales. Ce sont donc à ces niveaux qu'il doit y avoir des élections dans notre pays. Les chefs de quartier et de district sont donc nommés par les maires parce qu'ils constituent des collaborateurs directs.

Chez nous, c'est la majorité présidentielle qui nous a proposé de procéder ainsi parce que nous avons près de trois mille sept cent soixante-trois (3.763) circonscriptions aux niveaux des quartiers et districts du pays que nous ne pouvons pas couvrir le contrôle par des magistrats, au nombre de vingt mille (20.000) environ.

Ainsi, au cours des prochaines élections communales et communautaires, si dans un quartier donné par exemple, il y a 50 bureaux de vote (BV), lors de la centralisation des votes, la liste qui sera en tête aura l'autorité de nommer le chef de quartier ou district où elle aura eu plus d'électeurs.

L'UFDG sait qu'elle n'est pas la seule candidate en République de Guinée. Surtout que cette fois-ci, il y aura des listes indépendantes.

Par ailleurs l'on s'est dit qu'il ne faut pas vouloir d'une chose et son contraire à la fois. En plus, aucune loi guinéenne ne prévoit les élections au niveau des quartiers et districts du pays. Si donc nous acceptons cela, il y va de l'intérêt de tout le monde.

L'UFDG ne se voit pas gagnante dans toutes les circonscriptions concernées. Et nous savons aussi que la majorité présidentielle n'est pas en mesure de remporter partout les élections locales. Et par ailleurs nous défendions que l'État guinéen ne nomme tous les responsables à la base, car nous savons que les tricheries électorales se passent généralement au niveau de la base. Cela constitue un moyen de défendre tous les acteurs depuis la base. Et comme cette chance de procéder ainsi nous a été accordée, je ne vois pas en quoi la constitution guinéenne a été violée. En tout cas pas l'article 137.

L'on regrette d'entendre des gens critiquer l'UFDG d'avoir conspiré avec la mouvance présidentielle contre des intérêts particuliers de certains partis politiques de la place. Ces critiques ne dérangent en rien l'institution UFDG ni son président, El hadj Cellou Dalein Diallo. Il faut que je le dise et à tout le peuple de Guinée que l'UFDG n'a violé aucune loi de la République.

Hier ce sont d'autres qui nous demandaient de les assister en laissant des circonscriptions et ensuite ils nous demandaient de voter pour eux. Mais aujourd'hui que notre parti se dit candidat partout, on dit, à travers différents médias que l'UFDG a violé la loi. Quelle loi ? C'est la question que l'on peut bien se poser. Et pourtant c'était dans la salle du cadre de dialogue qu'il fallait contester les points de l'accord au lieu d'y sortir et passer à travers les médias pour nous flétrir.


Signer un accord est une chose et son application en est une autre. Comment cet accord politique inter guinéen pourrait être appliqué si la volonté du pouvoir faisait défaut ?

Vous savez, ces différents accords ne constituent pas, pour nous, l'or du monde. Et nous ne dirons pas que c'est quelque chose d'impeccable, parfait.

De toutes les façons, le parfait sera pour nous l'application des différents points de ce présent accord inter guinéen. Si l'on applique tant mieux et si c'est le contraire alors au niveau de l'UFDG, nous allons reconsidérer notre position.

Nous avons dit de toutes les façons il n'y a pas de raison qu'on ne croit pas aux engagements du président de la République de Guinée. Nous savons que ce n'est pas la première qu'il se joue de nous.

Aujourd'hui, l'UFDG est mobilisée pour une éventuelle marche dans la rue si ce présent accord n'est pas appliqué par le gouvernement guinéen.


L'Honorable Mohamed Aliou Bah merci.

C'est plutôt à moi de vous remercier.


Interview réalisée par Emmanuel Toumany

L'indépendant, partenaire de GuineeActu 


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Commentaires  

 
+1 #1 Gandhi 07-11-2016 18:19

A vrai dire, vous vous êtes mis en position de ne changer absolument rien dans tous les domaines. Si vous ne votez pas les textes avec le gouvernement, vous n'existez pas. Avec une mouvance totalitaire, il est vrai que c'est difficile, mais vous ne faites absolument rien pour modifier ce rapport de force... par les voies juridiques.
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