Amadou Sadjo Diallo Mercredi, 02 Novembre 2016 09:45
Depuis plus d'un mois, le train Conakry-express est à l'arrêt. Les usagers déplorent l'arrêt de ce train de transport public qui faisait la navette entre la banlieue et le quartier des affaires de la capitale. Même si le ministre d'État des Transports, Oyé Guilavogui se dit heureux des discussions entamées depuis l'arrêt avec la partie chinoise.
Les usagers du train Conakry express continuent d'attendre leur train, dont l'arrêt impactent sur leur quotidien. Ainsi après une série de discussions, la direction de la société n'est toujours pas parvenue à remettre en marche ce moyen de transport public. Tenant compte de la pauvreté dans laquelle il vit, Mamadou Adama Barry, marchand au grand marché de Madina est un usager du train Conakry-express. Depuis l'arrêt du dit train, il est contraint d'emprunter d'autres moyens de transport. Cependant en termes de coût, il dépense désormais plus. Comme il l'a fait savoir au micro de notre reporter. « Je suis logé à Kagbelen.
Avant, pour aller à mon lieu de travail, à bord du train de transport, je payais 2 500 GNF. Mais maintenant, puisque je me déplace parfois en taxi ou en minibus, parce que là aussi il n'existe pas de bus de transport qui circule sur la route le prince, je suis obligé de payer 5 000 à 9 000 GNF », a-t-il indiqué. Poursuivant son témoignage, ce jeune marchand déplore le manque de bus de transport sur l'axe le prince et la lenteur dans la reprise des activités du train Conakry-express. « Après l'arrêt du train, si au moins il y avait des bus, ça allait faciliter le transport pour nous qui sommes déjà habitués aux petits prix. Mais puisqu'on refuse de les faire circuler sur l'axe, ce qui veut dire qu'on va souffrir avant le rétablissement du train. Les autorités doivent faire tout leur possible pour rétablir ce train. Nous n'avons pas de train à part le Conakry express. Le seul qui existe, qui nous satisfait ne doit pas être à l'arrêt », se lamente Thierno Adama.
Pour parvenir à une sortie de crise, un comité interministériel a été mis en place pour gérer le dossier. Le ministre d'État en charge des Transports, Oyé Guilavogui a déclaré récemment, dans la presse que la facture commerciale due à la société chinoise qui a lancé le train Conakry express, s'élèverait à près de 85 millions de $. « …Nous avons toujours promis que l'État va racheter le train, ça n'a jamais été fait. Et il est bon de préciser que cette facture commerciale s'élevait à près de 85 millions de $ » a indiqué Oyé Guillavogui. Conscient sans doute de ce qu'endurent les usagers du Conakry-express, il a reconnu que c'est un problème d’argent. « Je suis très heureux qu'on arrive à ce niveau des discussions. C'est vrai que les gens ont peiné un mois et quelques jours, mais ce n'est pas grave. Les gens ont pu s'accommoder. Donc ce n'est pas un problème de train, c'est un problème de reconnaissance de dette. Ça il faut le préciser. Le chef de l'État en est très conscient, il ne cesse de m'interpeller tous les jours de pousser les finances … » selon le ministre d'État.
Il faut signaler que dans une déclaration publiée le mois dernier, la direction du train Conakry-express indiquait, qu'elle n'était plus capable de maintenir le fonctionnement du train à cause des charges qu'elle assurait seule, notamment les dépenses liées à toutes les opérations et fonctionnement du train, dont le salaire des employés ». La direction avait tenu à préciser que les fonds générés par la vente des tickets ne profiteraient qu'à l'État guinéen.
Il faut se demande dorénavant si la promesse faite par le ministre Oyé pour l'éventuelle reprise des activités du train à court, est fiable. Quand on sait que les détracteurs du ministre l'accusent d'exceller dans les effets d'annonce.
Amadou Sadjo Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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