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Paysage politique : les conseils « avisés » du leader de l'UPG

Amadou Sadjo Diallo  Samedi, 29 Octobre 2016 11:54

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Maître Jean-Alfred Mathos, leader de l'Union pour le progrès (UPG) ne semble pas verser dans le quiproquo provoqué par la signature des accords inter-guinéens, qui ont sanctionné le dialogue qui s'est déroulé au palais du peuple. Dans cet entretien, le président de l'UPG pense lui qu'il faut saluer ces accords qui ont pu ramener la quiétude dans la cité.


L'Indépendant : comment se porte l'UPG ?

Maître Alfred Matos : l'UPG se porte très bien. Parce que nous avons pu tenir le 4ème congrès les 23 et 24 Septembre dernier, où nous avons renouvelé nos structures. Vous n'êtes pas sans savoir qu'à la mort de notre cher leader Jean-Marie Doré, l'UPG était orphelin de son leader et avait comme responsabilité le testament politique de feu Jean-Marie Doré. Nous avons pu renouveler nos structures et tous nos congressistes sont venus de la Guinée profonde, et c'est ce qu'il faut saluer déjà. Donc deux messages ont été lancés ces jours-là, c'est-à-dire un message de loyauté et de fidélité parce qu'il y a des membres de l'UPG qui sont là-bas depuis sa création en 1992 et aussi l'UPG a voulu ouvrir ses portes à des nouveaux adhérents pour que nous puissions progresser dans le chemin que notre leader nous a passé. Donc l'UPG se porte bien. Nous avons deux députés qui étaient non-inscrits, maintenant nous sommes dans le groupe parlementaire ‘'Alliance républicaine'' avec l'UFR. Nous avons un fief à Lola et à N'Zérékoré. Donc nous pensons conforter notre position au niveau de la députation, pour que nous ayons plus de députés et plus de maires, prochainement. Voilà comment se porte un peu l'UPG.


L'actualité en Guinée reste dominée par la signature de l'accord politique inter guinéen le 12 Octobre dernier. Quel est votre point de vue sur cet accord ?

Nous n'avons pas participé directement puisque nous avons des problèmes à régler par rapport au congrès en préparation. Mais nous saluons ce dialogue, parce que ça a permis de briser les glaces et que les partis antagonistes qui étaient supposés, à savoir l'UFDG et le parti au pouvoir le RPG, se sont rapprochés. Autour d'eux, il y a eu d'autres partis et nos partenaires au développement. Déjà ça c'est bien. Le débat a quitté la rue, ça c'est important. Ensuite il faut aller plus loin. Les problèmes de fond n'ont été surtout peut être réglés, mais il est essentiel qu'on les pose. Et le seul problème qui se pose, c'est comment contrôler ou surveiller les décisions ou les engagements des uns et des autres. Donc aujourd'hui les points d'achoppement, moi je pense que c'était au niveau des quartiers. Mon point de vue en tant que leader politique, je pense que le problème de quartier est un faux débat parce que les quartiers sont l'émanation de l'ancien système qui est le PDG et les quartiers. Je ne pense pas que ça un impact très crucial dans le développement de proximité. Nous avons déjà les communes et les CRD qui sont là et les sous-préfets et les préfets peuvent largement gérer le développement de proximité. Donc si les quartiers doivent être encore choisis par la proportionnelle, donc nous avons déplacé le problème, avant ils étaient nommés. Mais s'ils doivent être choisis à la proportionnelle les ‘'petits partis'' qui n'ont pas assez de suffrage vont se sentir léser. Donc mon point de vue c'est de supprimer les quartiers complètement puisque ça existe ailleurs en Côte d'Ivoire, au Sénégal pour ne vous citer que ceux-là, que les quartiers n'existent pas. Moi je crois que c'est un faux débat.


Votre parti participera-t-il aux prochaines élections communales ?

A oui, nous sommes un parti national. Nous allons participer à toutes les élections nationales qui vont venir incha Allah. Nous sommes préparés pour ça.


Alors où en êtes-vous dans les préparatifs ?

Nous avons déjà commencé à faire des évaluations. Vous savez que les élections communales et communautaires, ce sont des élections de proximité. On va évaluer nos chances dans chaque commune pour voir quelles sont nos chances. Là où nous avons nos forces, nous allons les appuyer et là où nous avons des faiblesses, nous allons essayer de voir dans quelles mesures nous allons faire des alliances.


Quelle lecture faites-vous de la situation sociopolitique et économique du pays ?

Il y a à boire et à manger. Qu'est-ce que je veux dire, c'est-à-dire qu'aujourd'hui le Guinéen moyen, lambda attend beaucoup de l'État, c'est vrai. Parce que l'État à un niveau de délabrement aujourd'hui. Les espoirs qui étaient placés aux acteurs politiques en ce moment se sont avilis. Donc aujourd'hui, le Guinéen a soif d'un avenir radieux, mais il faudrait aussi que les jeunes et les femmes s'impliquent, la couche la plus nombreuse. L'implication des jeunes et des femmes dans la vie politique doit se passer déjà par le devoir citoyen. Il faut que les gens sachent que s'il n'impactent pas dans la vie politique en allant voter massivement, ils vont subir les desiderata des politiciens. Donc aujourd'hui nous, l'option politique que l'UPG doit donner comme conseil, il faut que les jeunes et les femmes commencent à se prendre en charge. Le problème de se prendre en charge, ce n'est pas de s'assumer seulement, c'est de diagnostiquer les problèmes que nous avons. Les jeunes doivent savoir aujourd'hui dans tous les pays du monde que les jeunes commencent déjà à s'impliquer, c'est le message que je lance. Il faut espérer qu'on va se ressaisir surtout ceux qui nous gouvernent, pour que nous puissions avoir une lisibilité des actions politiques et des actions de développement. Parce qu'aujourd'hui on ne sait pas où on va et comment ça se passe aujourd'hui, c'est très important. Que ceux qui gèrent, fassent de la transparence et une feuille de route pour tous, pour que chacun puisse donner son point de vue de l'état d'évolution des feuilles de route de chacun.


En tant que nouveau président de l'UPG, qu'est-ce que vous comptez faire pour remettre votre parti sur les rails ?

C'est pour capitaliser encore, positiver ce que le parti a déjà combattu surtout. C'est de faire la convergence républicaine. Parce que moi en tant que professionnel du droit, la loi doit être au-dessus de tout, renforcer les fondamentaux de la République, les institutions et ceux qui composent ces institutions. Avoir la mesure de leur responsabilité, ça c'est important. Aujourd'hui nous avons une jeune démocratie. Il faudrait que nous nous battions, nous nous contentions de ce que nous avons. Nous disons au moins Dieu merci, nous sommes sur la route. Il faudrait qu'on se mette au travail. Il faudrait aussi que les politiciens essayent de voir dans quelle mesure où le Guinéen va se sentir mieux de plus en plus dans l'avenir. Donc je parie sur l'avenir, ce que je compte faire pour l'UPG et pour le bonheur des Guinéens.


Votre mot de la fin

Bon, je suis tout nouveau venu à la tête d'un parti. Je souhaite que les politiciens, les Guinéens se réconcilient avec eux-mêmes et que nous nous engageons dans le même chemin. Parce que la Guinée est une et indivisible.


Entretien réalisé par Amadou Sadjo Diallo

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu


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