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Paysage politique : Sidya ressasse ses rancœurs

Moussa Traoré  Mercredi, 26 Octobre 2016 19:58

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TOURE_Sidya_6_01Le président de l'Union des forces républicaines (UFR), Sidya Touré s'est engouffrée dans la brèche ouverte par la levée de boucliers provoquée dans les rangs d'une frange de l'opposition et la société civile par certains points des récents accords signés entre les parties prenantes au dialogue inter guinéen, pour régler des comptes au leader de l'UFDG. Emboîtant ainsi le pas à un de ses lieutenants Baidy Aribot, qui continue de décocher des flèches contre le principal parti de l'opposition depuis que celui-ci a fumé le calumet de la paix avec le président de la République.


C'est comme si le moment était venu pour Sidya Touré de ressasser ses rancœurs, lui qui, il faut le rappeler avait été voué aux gémonies pour avoir pactisé avec la majorité présidentielle. Un acte qui lui avait valu d'être nommé Haut Représentant du chef de l'État. Les détracteurs du président de l'UFR avaient prédit « sa mort politique » aussitôt sa mort politique. Sidya en a pris plein la figure. Le président de l'UFR se rappelle d'ailleurs le tollé suscité par ce rapprochement dans la cité. Lui qui a reconnu le samedi dernier à l'assemblée générale de son parti, devant ses militants, que quand ils ont décidé le rapprochement avec la mouvance présidentielle, à l'époque, ils ont été la cible de toutes sortes d'attaques. « Des journalistes ont été payés pour nous insulter, certains sont allés dans toutes les radios de la république. Mais ce que nous voyions à l'époque, il fallait un an pour que chacun voit la même chose. Mais c'est tant mieux pour le pays », a expliqué Sidya Touré.


Le Haut Représentant du chef de l'État qui semble s'être inscrit dans une logique de règlement de compte, est revenu sur son parcours politique, histoire de jeter la pierre dans le jardin de Cellou Dalein Diallo. « Nous, notre engagement politique, nous avons commencé depuis le lycée. Certains ont été nommés. Bah Mamadou m'a dit dans quelles circonstances ils ont donné le parti à Cellou. Il m'a dit, c'est le premier peulh qui a été Premier ministre voilà pourquoi nous avons décidé de lui donner le parti. Cela n'a rien à voir avec un engagement politique. Bah Mamadou était quelqu'un de très franc et de très sincère. Donc quand il m'a dit qu'il se retirait, je lui ai dit pourquoi vous avez donné à Cellou, vous ne nous donnez pas. Il dit non, dans la communauté, nous avons décidé que celui qui a été Premier ministre de notre communauté, on lui donne le parti », a martelé le leader de l'UFR dans cet extrait recueilli par nos confrères de guineenews.org.


Pour justifier le choix opéré par son parti, qui depuis a l'air d'avoir perdu de sa superbe, M. Touré se lance dans une nouvelle justification en disant : « on cherche la voie pour que notre pays aille de l'avant. L'UFR a compris cela très tôt. Et c'est la raison pour laquelle, après avoir suivi deux années de manifestations, le président de l'UFR a, à l'époque, décidé qu'il fallait arrêter les manifestations.


Nous avons ensuite subi deux années d'Ebola qui ont réellement épuisé notre pays. Les élections présidentielles ont eu lieu dans les conditions qu'on connaît. Aucune entente n'a pu se faire, à l'époque au niveau de la prétendue opposition républicaine.


À partir de là, je crois que chacun était libre de ses mouvements. C'est dans le cadre de cette liberté que nous avons estimé qu'après cinq années de mouvements et surtout ne voyant aucune perspective, il fallait faire en sorte qu'on apporte plus d'expériences possibles pour aider notre pays à aller de l'avant, pour faire en sorte que nous contribuons à l'amélioration du niveau de vie de nos populations ».


Sidya qui a l'air d'en avoir gros sur le cœur, a insisté sur le fait qu'il faisait de la politique pour les Guinéens. « Je me suis lancé dans cette opération bien avant certains. Depuis 1999-2000 toujours dans l'objectif de faire en sorte que les Guinéens soient bénéficiaires des actes que nous avons à poser. Ça été l'objectif ultime et c'est toujours l'objectif ultime de mon action politique. Ce qui ne bénéficie aux populations, qui n'améliore pas leurs conditions de vie, qui ne fait pas qu'elles aient une vie meilleure, ne mérite pas d'être fait. Voilà notre philosophie en la matière ».


Cette sortie du président de l'UFR suscite assez de commentaires dans la cité, où certains observateurs n'hésitent pas à parler de « jalousie mise à rude épreuve », pour qualifier les piques lancées les cadres de l'UFR à l'encontre du président de l'UFDG, depuis que ce dernier a fait la paix avec Alpha Condé.


Moussa Traoré

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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