Aliou Sow Dimanche, 23 Octobre 2016 22:44
Un groupe d'une dizaine de partis politiques vient d'annoncer son désaccord avec les accords issus du dialogue inter guinéen qui s'est achevé au Palais du peuple de Conakry le 10 Octobre dernier, et la mise en place « d'une plate-forme politique et civique qui redonnerait au peuple son droit d'espérer », a-t-on appris dans une déclaration publiée à cet effet. Au même moment, l'Union des Forces Républicaines (UFR) de Sidya Touré fulmine, et parle de « deal » entre le principal parti d'opposition et le RPG/AEC.
Ces partis politiques opposés aux accords signés récemment au Palais du peuple à l'issue du dialogue inter guinéen, évoluent sous la houlette du Parti de l'Espoir pour le Développement National (PEDN) de l'ancien Premier ministre Lansana Kouyaté. Et comprennent entre autres l'Alternance Démocratique pour le Changement (ADC) de Dr Ibrahima Sory Diallo, le Parti Démocratique Africain (PAD) de Ouremba Kourouma, l'Union Guinéenne pour la Démocratie et le Développement (UGDD) de Nestor Kagbadouno et le Parti de l'Unité et de la Solidarité de Guinée (PUSG) de Mme Fatou Bangoura. Il s'agit en réalité de partis satellites inconnus du grand public, qui rappellent toutefois dans leur déclaration que ce dialogue s'est déroulé autour de 4 points avec pour objectif la décrispation de la crise politique qui perdure en Guinée à cause « de l'inapplication des textes de lois et du non-respect des accords politiques antérieurs ».
Les points de friction relevés par eux sont les suivants, à savoir « l'assainissement du fichier électoral guinéen, le respect de la parité au sein de la CENI et son fonctionnement normal c'est-à-dire indépendant de toute injonction extérieure ».
À ces points il faut ajouter « la tenue des élections dans les délais constitutionnellement requis et la tenue des élections communales couplées aux élections locales ainsi que l'indemnisation des victimes des manifestations politiques de 2013, 2014 et 2015 ».
Les signataires de la déclaration regrettent cependant que la plupart de « ces sujets de préoccupation majeure n'ont pas reçu de réponses appropriées susceptibles de rendre à la démocratie guinéenne la normalité sans laquelle le climat politique ne saurait être apaisé ».
Les partis mettent l'accent sur la CENI dont la question de la refonte a été renvoyée à l'Assemblée Nationale. « Renvoi n'augurant aucune décision non partisane et surtout l'opportunité d'un règlement du sujet en temps utile, l'Assemblée Nationale ayant pris l'habitude de ne s'accorder que sur le désaccord à chaque fois l'intérêt de la patrie interpelle la conscience des patriotes », déplorent ces partis.
Un flou serait entretenu par ailleurs « sur la mise en place de la haute cour de justice et la libération des prisonniers politiques », note la déclaration. Ces partis viennent donc de se démarquer de ces accords censés pourtant taire les divergences entre le pouvoir et l'opposition.
L'UFR de Sidya Touré aussi embouche la même trompette que ces formations politiques qui ont fait part de leur de leur frustration, pour n'avoir pas été associées à cette signature. Le secrétaire général de l'UFR, Baidy Aribot, a déclaré à la presse qu'il s'agirait simplement « deal » opéré entre l'UFDG et le RPG Arc-en-ciel.
Face à ces vagues de critiques, Cellou Dalein Diallo, leader de l'opposition républicaine réplique en qualifiant ces accords de « de triomphe de la concertation sur la confrontation et la violence ». Pour Dalein « ce n'est pas l'UFDG ou le RPG qui a gagné, mais c'est la Guinée qui a gagné parce que ses enfants se sont retrouvés autour de la table pour discuter et se sont mis d'accord pour renoncer à la confrontation et à la violence, pour choisir cette méthode civilisée d'aplanir nos divergences », a-t-il souligné.
Face au tollé suscité par la signature de ces accords au sein de la classe politique, certains observateurs pensent qu'il s'agit ni plus ni moins que d'une guerre des égos qui opposerait Cellou Dalein Diallo à Sidya Touré et Lansana Kouyaté. Ces 2 derniers étant aujourd'hui largement surpassés en termes de poids électoral par Dalein Diallo.
Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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