Front « anti accord » : Kouyaté défend sa chapelle

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lansana kouyatLansana Kouyaté, leader du Parti de l'Espoir et du Développement National (PEDN) dirige un front opposé à l'accord qui vient d'être signé par les acteurs politiques au terme d'un dialogue qui s'est déroulé récemment au Palais du peuple à Conakry. Dans un entretien accordé à la radio espace FM, dans son émission « les grandes gueules », l'ancien Premier ministre défend sa position et prend ses distances avec l'opposition républicaine. Décryptage…


De sa position sur l'échiquier politique

« Je mettrais d'abord la contradiction entre l'opposition et l'État et le gouvernement. Maintenant qu'il y ait une opposition républicaine qui ait été consentante pour signer cet accord, ça c'est autre chose. En tout cas, nous, en tant qu'opposants, nous sommes opposés à cet accord parce qu'il viole le droit des citoyens à élire leurs propres responsables au niveau local.

Dans cet accord, notre parti le PEDN est resté dans sa logique, clair précis, déterminé. Nous avons participé à ce dialogue avec des convictions, je dirai préjudicielles parce que nous avions écrit une lettre au MATD, et nous avons exprimé notre point de vue. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on a refusé de participer à la première manche de cet accord et s'en est suivie une réunion avec les ministères, et nous avons dit que si c'était pour aller faire de redit parce que en fait tout ce qui est arrêté là en dehors de la tenue des élections, en dehors de la violation de la CENI ; enfin je veux dire les élections locales, c'est-à-dire des quartiers et des districts, en dehors de cela, tout avait été dit déjà. Prenez exactement cet accord et mettez à coté l'accord du 20 Août 2015, vous trouverez qu'on ressasse des belles choses. Mais je dis ce qui est flagrant, ce que contrairement à ce qui avait été dit en 2015 et je cite les calculs conviennent que seule l'organisation des élections communales et locales pourra régler définitivement la question des mandats échus ».


De ces accords qui font jaser dans la cité

« Oui ! On a tendance à le croire parce que la position commune à la fois et la l'opposition républicaine, c'est d'exiger conformément à tous les accords précédents surtout conformément au code électoral, exiger les élections locales : quartiers et districts c'était notre opposition au départ. Alors qu'est ce qui s'est passé entre-temps, vous le savez très bien, le président de l'UFDG a dit qu'il faut maintenant faire confiance au gouvernement … En tout cas à notre connaissance nous n'avons pas pu mesurer exactement qu'est ce qui a pu intervenir. Quand vous prenez l'accord même qui vient d'être signé il y a une contradiction de l'article qui est flagrante. Prenez le chapitre I du fichier électoral le point 7 ; les partis et dialogue observent que l'état actuel du fichier électoral permet son utilisation sans créer trop d'incidence pour les prochaines élections locales, ça c'est le point 7 et le point 5 du chapitre disons ainsi II dit que les conseils des quartiers, districts soient composés au prorata des résultats obtenus dans les quartiers et districts par les listes des candidatures à l'élection communale ... Alors qu'est ce qui a fait changer la position de l'opposition républicaine, je crois qu'il faut leur poser la question ».


De l'impact de la désignation des conseils des quartiers et districts

« Jusqu'ici il n'y a pas de fichier électoral, et d'ailleurs cet accord là le constate aussi en disant que le comité technique doit s'occuper de toilettage du fichier électoral etc. Mais c'était une redite parce que cela …les accords du 20 Août 2013 c'était exactement la même chose. Mais qu'est ce qui s'est passé en 2013 ? Je me rappelle pour les élections législatives, après une première publication de la liste électorale et qui a été vue et avec beaucoup de doublons, quatriplons même avec des recensés qui sont morts, il y a longtemps, toutes ces remarques ont été faites par les citoyens aux différents bureaux de vote. Des citoyens de mêmes quartiers ou districts mais de différents bureaux de vote et on a demandé la correction, pour une nouvelle publication, ce qui est classique hein ! Dans tous les pays il y a des élections. On a demandé la correction pour une nouvelle publication du fichier électoral, ça n'a jamais été fait. Et je me rappelle quand nous avions demandé à l'époque qu'on fasse l'affichage définitif, on nous a répondu non ! On vous envoie ça sur CD. On envoie à qui ? Il s'agit du rapport citoyen. Ça n'a jamais été fait et nous sommes dans ce flou. Personne n'a su si ça a été corrigé ou pas. C'est sur ça que nous sommes allés aux élections législatives et le même fichier électoral a servi pour les élections de 2015.

Maintenant le front national pour la défense des droits des citoyens est créé à l'effet de pouvoir coordonner et de pouvoir défendre ensemble… Je crois qu'il faut le prendre au sérieux, c'est un front qui est déterminé ; ce sont des gens qui croient que l'État est en train de lever le vrai débat en Guinée, et cela se répercute sur la situation politico-économique de notre pays et qu'il faut en finir avec cette tergiversation ».


Ce que le PEDN projette avec la création de ce front du refus…

« Vous conviendrez que même si le PEDN a sa position en tant que parti, cela doit être totalement impliqué dans la position des autres. On ne fait des alliances, on ne fait pas un front parce que le temps me fait tort, c'est le non front, ça veut dire que c'est quelque chose qui se met en place pour dire non aux abus. Alors on ne peut pas prendre des décisions sans la concertation. Dans les jours qui viennent les concertations vont commencer pour aboutir à un plan d'actions véritables, et vous connaissez que le PEDN à un genre, une sorte d'historique en la matière parce qu'on se contente pas de dire, quand c'est décidé, on a fait n'est-ce pas au moment où il y avait l'alliance l'ADP et le collectif, et quand il a été décidé de quitter les organisations, nous avons quitté sans discuter, il faut être respectueux de ce qu'on se dit ensemble, de ce qu'on fait ensemble et il faut surtout être déterminés à être en adéquation de ses convictions. Et nous, nous le sommes. Je vous assure que nous ferons en sorte que les autres le soient. Et je n'ai pas de doute que ceux qui ont signé cette déclaration sont du même bord que le PEDN.

Je n'ai jamais appartenu à l'opposition républicaine, dès lors qu'elle me l'a dit qu'elle s'appelle l'opposition républicaine. Je n'ai jamais participé à une réunion de l'opposition républicaine, alors ça ne sent même pas le droit, le droit n'existe pas parce que l'appartenance à l'opposition républicaine n'a jamais existé. Je suis de l'opposition, on l'a dit dès le début nous sommes de l'opposition, le PEDN est de l'opposition. Mais l'opposition républicaine non ! Et je crois que cela a été compris ».


Le PEDN serait-il contre la paix et la stabilité…

« Laissez-moi vous dire que même au cours de ce dialogue, il a été reconnu que le PEDN est opposé à ce régime. On n'est pas de l'opposition républicaine, nous sommes de l'opposition, quelqu'un l'a dit tout de suite l'opposition plurielle, tant mieux si c'est le nom qui convient, nous ne sommes pas de l'opposition républicaine. Je veux que cela soit de façon cristalline et que tout le monde le comprenne. Pour votre question, si on veut continuer à galérer, si nous voulons que la Guinée continue avec tous les boulets que nous traînons ; boulet social, boulet économique, boulet politique, nous continuons à traîner cela ; alors faisons l'accommodement entre ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas… Il faut que surgisse de l'histoire par l'effort et par la rupture avec des méthodes surannées. Pourquoi ? On va continuer à dire que ceux qui sont opposés sont ceci ou cela ? Et vous voyez déjà la tendance dictatoriale ; tous ceux qui s'opposent sont contre la stabilité de l'État. La stabilité de l'État ne doit se faire au détriment des droits. Ce sont les lois, le respect surtout des lois qui détermine la stabilité et puis la condition ».


Accord ou entourloupe…

« Je dis que tout ce que vous venez de citer, les blessures, les dégâts matériels, les pertes en vies humaines, tout cela est passé aujourd'hui par cette euphorie, c'est regrettable. Et c'est autant regrettable que ça ne résout pas le problème. Je crois qu'il faut que les Guinéens se surpassent et que tous à la fois, la mouvance et les différentes oppositions que nous fassions, il y a une chose qui dépasse les préoccupations, c'est les préoccupations individuelles c'est le bien-être et le mieux-être du peuple de Guinée. Tant qu'on n'aura pas compris, on va continuer à faire des gymnastiques, à faire des combinaisons, et chacun se plaira de dire que je suis un … On veut des hommes d'État qui dirigent ce pays dans la droite ligne de ce qui doit être fait pour pouvoir sortir notre pays de la misère dans laquelle elle se trouve. Vous avez raison, on vient de tordre le cou à toute l'espérance qui avait été créée par ces jeunes qui sortaient et qui bravaient les dangers pour pouvoir aboutir à un sort qui soit sain ; mais malheureusement tous ces efforts ont été enraillés ».


Une synthèse d'Alpha Amadou Diallo

L’Indépendant, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+3 #2 aboubacar kaba 24-10-2016 15:58

Mon frere Mamadi, c'est comme si vous avez lu dans ma pensee. Ces gens des partis politiques ne savent pas avec qui ils ont affaire. Un piege grossier leur est tendu, mais ils sont incapables de le voir. "Violons la constitution pour les miettes, je la violerai en temps opportun pour la baguette", est entrain de se le dire tranquillement le vieux renard Elhadji Koro. Wait and see.
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+3 #1 mamadi 22-10-2016 11:27

Un accord qui viole la constitution n'est qu'une imposture car il faudrait toujours observer la constitution avant de signer un texte.
Que l'Ufdg signe je ne suis pas contre peut être que c'est tactique il ne faudrait pas qu'il se trompe car il à faire avec un maître tacticien.
En violant la constitution c'est aussi donner l'argument à ceux qui mettent en cause la loi fondamentale en la rejetant pour demander au président de faire un troisième mandat.
Je crois qu'il faut faire très attention à cet accord,il existe en Guinée des personnes qui brandissent le spectre de la guerre civile or il y a aucun problème sur ce terrain le seul problème aujourdhui c'est que le pays est profondément abîmé!
Wait and see!
vive la Guinée! vive la république
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