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Affaire Mali : les victimes accusent la lenteur de la justice
Alpha Amadou Diallo Vendredi, 14 Octobre 2016 22:01
L'association pour le développement de Mali (ADEMA) a exprimé son désarroi lors d'une conférence de presse qu'elle a organisée à la Maison de la presse le jeudi 6 Octobre dernier, face à la lenteur enregistrée dans le dossier portant sur les incidents de la préfecture de Mali. Des incidents qui avaient opposé les populations civiles et des militaires qui étaient sous le commandement du lieutenant-colonel Issa Camara causant d'importants dégâts matériels ainsi que de nombreux blessés.
Sur la genèse de ces incidents, tout serait parti d'une altercation entre un conducteur de camion, mineur, et le colonel Issa Camara. Selon Ibrahima Diallo, membre de l'ADAMA, l'officier aurait extrait le chauffeur de son camion, avant d'ordonner à ses hommes de le molester. Une situation qui avait semble-t-il indigné les commerçants ainsi que la population civile, qui avaient assisté à la scène. C'est alors que les populations ont décidé de marcher vers la préfecture, de façon spontanée, pour demander le départ du colonel Issa de Mali.
Une fois devant la préfecture, le préfet était surpris de voir toute cette mobilisation. Il aurait alors cherché à calmer les gens avec l'aide des syndicats, la société civile et la chambre de commerce. Entre-temps le colonel Issa serait allé au camp militaire, pour ordonner à ses hommes d'assiéger la ville de Mali avec des armes de guerre.
Le préfet réussira avec l'aide des syndicats, la société civile et la chambre de commerce à calmer les marcheurs. Mais sur le chemin du retour, ils ont croisé des militaires qui tiraient dans tous les sens et brutalisaient les passants.
L'association pour le développement de Mali déplore que ces incidents se soient produits un vendredi au mois de carême. Ils se sont attaqués à tous les commerces, défoncé des boutiques. Ils prenaient des marchandises et envoyaient chez eux. Cela a révolté la population, qui s'est levée pour chasser tous les militaires qui logeaient dans les quartiers de la localité avec leurs familles.
Le préfet a demandé alors au colonel Issa de faire cesser les tirs et de ramener les militaires au camp. Mais l'officier a refusé. Le gouverneur de la ville avait aussi fait la même demande. « Trois jours de suite ces militaires continuaient à piller et à incendier les boutiques à brutaliser les citoyens. Ce n'est que quand un contingent des militaires est arrivé de Kindia que la situation s'est calmée. Le bilan portant sur les dégâts causé par les militaires s'élèverait à 1 milliard et demi. Cela porte sur la destruction de 56 magasins, dont 7 furent incendiés. Il y a aussi 16 voitures et camions qui furent saccagés, ainsi que 6 motocyclettes qui avaient été brûlées. Des incidents qui avaient fait 22 blessés dont 5 par balles ».
Kaly Diallo de la baïonnette intelligente également membre de l'association ADEMA a dans son intervention évoqué la violation des droits de l'homme et les conséquences que cela pourrait avoir sur l'image de marque de la Guinée et son armée, ainsi que l'évolution du dossier sur le plan juridique.
Kaly Diallo n'a pas manqué de dire que depuis l'avènement de l'actuel président de la République, les forces de défense ne sont plus habilitées à maintenir l'ordre et que le maintien d'ordre est dévolu aux forces de sécurité, la police et la gendarmerie. «Et les articles qui les régissent quand vous regardez le code de conduite des forces de défense en son article 2 est très clair : « les forces de défense ont pour mission d'assurer au besoin par la force la défense du territoire national, la sécurité des personnes et de leurs biens ».
Mieux, l'article 141 de notre constitution est très clair et est la mère de toutes les lois en République de Guinée auxquelles chaque citoyen a le devoir de se soumettre. Selon cet article « les forces de défense sont chargées de la défense du territoire national. Elles sont apolitiques, elles sont républicaines, elles sont soumises à l'autorité civile », mais le fameux colonel Issa a foulé tout au pied.
Il est important de rappeler que la théorie de la baïonnette intelligente est très claire : « nul n'est tenu d'exécuter un ordre manifestement illégal », a indiqué Kaly Diallo, qui rappelle que cette théorie a été reprise dans l'article 6 de notre constitution, et l'alinéa 3 de ce même article, qui stipule « qu'aucune situation d'exception ni une situation d'urgence ne doit cautionner des violations de droit de l'homme ». Or les événements des 17 et 18 Juin 2016 à Mali prouvent le contraire. « Nous avons enregistré beaucoup de violations des droits de l'homme sous les auspices du fameux Colonel Issa Camara et sa troupe dont entre autres les subordinations que mes prédécesseurs ont déjà évoquées, en violation de l'article 141 de notre constitution. Mais aussi et surtout il y a eu beaucoup de coups et blessures orchestrés, perpétrés sur les paisibles citoyens de Mali. Or, l'intégrité physique et morale de la personne est à respecter au même titre que sa dignité doit être respectée. Ensuite il y a eu des incendies volontaires, des destructions des biens privés et aussi des atteintes à l'intégrité physique », a-t-il souligné.
Il dira ensuite que cela a beaucoup de conséquences. « Lorsqu'on se souvient des projets qui ont été plus appréciés par l'opinion publique nationale et internationale par le président de la République, c'est la réforme des forces de défense et de sécurité qui a le plus marqué les esprits. Parce que tout Guinéen était d'accord qu'il y avait des problèmes au niveau des forces de défense. Le peuple de Guinée avait salué cette initiative de la réforme des forces de défense et sécurité. Donc c'est important aujourd'hui pour la bonne image de marque que la lumière soit faite, afin que le fameux Colonel Issa et sa troupe soient traduits devant les tribunaux pour diverses raisons », a-t-il lancé.
Car il faut reconnaître qu'il y a eu beaucoup de fonds qui ont été investis par les partenaires au développement dans le cadre de cette réforme des forces de défense et de sécurité, selon lui. Aujourd'hui ces éléments posent des interrogations par rapport à l'impact que la réforme a pu avoir aujourd'hui.
Deuxièmement, « nous savons que toutes les activités de droit de l'homme s'accordent pour dire que « l'impunité est le terreau qui favorise l'émergence de crimes ». S'il y a eu les événements de Mali, c'est parce qu'on n'a pas puni jusqu'à présent les événements post-électoraux de 2010 ou alors s'il y a eu ces événements c'est parce que la lumière n'a pas été faite sur les événements du 28 Septembre 2009. Or les victimes ont leurs droits'', dit-il.
Kaly de rappeler ensuite ceci : « puisque nous envisageons de vivre dans un état de droit, l'État de droit est régi par des principes auxquels chaque Guinéen a le devoir de se soumettre. Et l'article 22 de notre constitution est très clair, d'ailleurs chaque citoyen a le droit de se soumettre aux lois et règlements de la constitution républicaine. Chaque citoyen a droit à la justice et chaque victime a droit à la réparation. Et nous demandons à ce que lumière soit faite, afin que ces victimes soient rétablies dans leur droit», a-t-il souhaité. Avant de conclure par cette phrase : « les populations de Mali demandent à ce que ces militaires ne reviennent plus dans les quartiers de Mali ».
Alpha Amadou Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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Commentaires
Sanakou,
Cet homme n’est pas un héros. Pottal l'a bien dit:
"Le « colonel » Issa Camara est un officier de bas niveau moral et intellectuel qui n’a pas de place dans aucune armée normale. Promu en l’espace de deux ans de sous-officier au grade de colonel sous le règne du CNDD, Issa Camara est connu pour ses exactions contre les civils peuls notamment. Après les élections présidentielles de 2010, il emprisonna une femme peule membre de l’UFDG avec une quarantaine de détenus males. Elle était obligée de partager un pot commun pour ses besoins. En 2009, Issa Camara s’est érigé en juge en charge des litiges fonciers. Son comportement erratique avait provoqué la grève des magistrats qui obtinrent son départ. Il fut alors muté à Mamou, pour soi-disant lutter contre le vol de bétail. "
http://guineeactu.info/actualite-informations/actualite-informations-generale/6802-affaire-mali--les-victimes-accusent-la-lenteur-de-la-justice.html
K. Ba
100% d'accord avec toi sanakou, je souligne juste que cela n'a pas empêché que j'ai entendu certaines personnes de Mali dire qu'il y était apprécié - avant cette gaffe - en raison de ses "grandes réalisations" a Mali.
Demande a des personnes honnêtes et non hypocrites sur le sujet - ils le reconnaîtront peut-être. Mais nos "bons Guinéens" habituels te diront tous "jamais de la vie je n'ai dit cela"..
Et pourtant il était un héros dans le coin avant cela pour ses grandes réalisations.
...
Sanakou,
Cet homme n’est pas un héros. Pottal l'a bien dit:
"Le « colonel » Issa Camara est un officier de bas niveau moral et intellectuel qui n’a pas de place dans aucune armée normale. Promu en l’espace de deux ans de sous-officier au grade de colonel sous le règne du CNDD, Issa Camara est connu pour ses exactions contre les civils peuls notamment. Après les élections présidentielles de 2010, il emprisonna une femme peule membre de l’UFDG avec une quarantaine de détenus males. Elle était obligée de partager un pot commun pour ses besoins. En 2009, Issa Camara s’est érigé en juge en charge des litiges fonciers. Son comportement erratique avait provoqué la grève des magistrats qui obtinrent son départ. Il fut alors muté à Mamou, pour soi-disant lutter contre le vol de bétail. "
http://guineeactu.info/actualite-informations/actualite-informations-generale/6802-affaire-mali--les-victimes-accusent-la-lenteur-de-la-justice.html
K. Ba
J'avais pensé que soit c'etait soit la demago mamayique des "bons Guineens" soit un miracle du Bon Dieu.
Bon c'etait donc le 1e et quelque part ils sont donc un peu victimes de notre propre mamaya habituelle...
Qui a suivi le dossier ?
Pourquoi la procédure de flagrant délit n'a t-elle pas été utilisée contre ce criminel, ce qui aurait permis de se passer de l'autorisation du Ministère de la défense, qui officiellement retarde la procédure (en réalité l'enterre).
Comme je ne m'imagine pas qu'il n'y ait que des couards ou des incompétents en Guinée, j'avoue ne rien comprendre à cette passivité chronique.
Il n'y a pas que des incompetents et des couards en Guinée. Mais, dans ce pays, depuis bien longtemps, pour etre connu ou avoir une bonne planque dans l'administration il faut etre couard ou incompetent. Ou les deux a la fois. C'est la MEDIOCRATIE. Elle ne finira pas avec des elections et sans une insurrection populaire et sans une vraie revolution.
Tant que on commprend pas cela, on va se poser des questions sans reponses comme tu le fais ici.
K. Ba
Pourquoi la procédure de flagrant délit n'a t-elle pas été utilisée contre ce criminel, ce qui aurait permis de se passer de l'autorisation du Ministère de la défense, qui officiellement retarde la procédure (en réalité l'enterre).
Comme je ne m'imagine pas qu'il n'y ait que des couards ou des incompétents en Guinée, j'avoue ne rien comprendre à cette passivité chronique.
K.Ba








