Richard Tamone Jeudi, 13 Octobre 2016 19:59
Le retrait du président du Bloc libéral du cadre de dialogue le jeudi dernier, au moment où d'importantes décisions étaient sur le point d'être prises, dans le cadre de l'accord qui va permettre de clôturer ces travaux, continue de défrayer la chronique dans la cité. Et à entendre ses pairs de l'opposition, Dr Faya Millimono semble être en réalité le problème, vu qu'il tiendrait toujours à se démarquer des autres sur des points pourtant discutés à l'avance au sein de son camp.
« En sortant d'ici en ce moment, je vais avec l'objectif qu'une plénière de l'opposition revienne sur la question qui a occasionné ma prise de position. Mais si l'opposition ne se réunissait pas pour débattre de la question et donne un autre mandat à la délégation et bien je considère que ma présence autour de la table n'a plus d'importance», a martelé Dr Faya Millimono, en sortant de la salle des actes du palais du peuple le vendredi dernier.
Le leader du Bloc libéral (BL) a ensuite ajouté qu'il a simplement voulu dire à ses amis de l'opposition ceci: « voici un mandat que vous nous aviez confié, c'est précis mais il y a eu des petites contradictions qu'on n'a pas pu accomplir.» C'est un problème de délai, dit-il. « Nous on a voulu que la loi sur la Ceni, puisse être adoptée durant la session budgétaire pour mettre toutes les chances du côté de tout le monde. Pour qu'au sortir des élections communales vers lesquelles nous sommes en train d'aller, nous ne nous retrouvions pas dans une situation où aucune loi ne soit pas encore examinée», a expliqué Faya Millimono. Selon lui, par le passé, ils auraient vécu cela. « On a eu les élections législatives en 2013, il y a eu beaucoup d'autres éléments des accords qui ont été signés. Mais est-ce qu'on a eu ces accords appliqués », se demande Dr Faya Millimono. Pour lui, « ils ont obtenu beaucoup d'éléments, mais après qu'on a eu les présidentielles, on a passé toute une année à se frotter les mains pour venir constater deux mois avant l'échéance qu'on plus le temps.» Il recommande à ses pairs de faire preuve de rigueur dans les négociations. « Je crois qu'il faut qu'on apprenne dans notre pays à avoir plus de rigueur. Plus de respect pour les ressources importantes. Le temps est une ressource importante quand on le perd, il ne se renouvelle pas », a fait remarquer le président du BL.
« La force de l'opposition, c'est sa cohésion, dès lors qu'il y a des contradictions majeures au sein de l'opposition, elle ne peut plus être forte, devant qui que ce soit. Et en ce moment, nous sommes en train de mener un combat pour aller à l'échec. Je ne souhaite pas cela », a-t-il conclu.
Interrogé sur le retrait de Faya Millimono des travaux de concertation, le porte-parole de l'opposition Aboubacar Sylla a fait savoir qu'au niveau de l'opposition républicaine, qu'ils évoluent dans un cadre consensuel. « Nous avons toujours pris nos décisions de façon consensuelle. Mais il peut se trouver que nous prenions une décision et qu'un des membres de l'opposition républicaine ne se reconnaisse pas, il décide de s'en distinguer. Monsieur Faya Millimono a décidé de se distinguer», a reconnu Aboubacar Sylla.
Puis de préciser que ce dernier a posé un problème de calendrier, comme souci principal. « Nous, nous avons dit étant donné que la Ceni actuelle doit organiser les élections communales, locales au mois de février, donc nous nous sommes dit que la nouvelle Ceni va rentrer en fonction pour les élections législatives et présidentielles. Donc nous avons quelques mois pour procéder à sa réforme », a relevé Aboubacar Sylla. Puis d'indiquer que cela pourrait être fait au mois d'avril, lors de la session des lois en 2017. « Il se trouve que monsieur Faya Milliomo aurait souhaité que cette loi soit révisée au cours de cette session budgétaire qui s'est déjà ouverte, on a dit que ça poserait un problème », a souligné le porte-parole de l'opposition Aboubacar Sylla.
Aliou Condé, secrétaire général de l'UFDG déplore l'attitude de Dr Faya Millimouno, qui pourtant avait adhéré à la position de l'opposition lors de la plénière qui s'est déroulée au quartier général de l'UFDG à Hamdallaye-CBG, à la veille de la 9ème journée de concertation. « Lors de la réunion de l'opposition, Faya a soulevé toutes les questions qu'il avait par rapport aux modes d'élection. Des explications ont été données et finalement tout le monde a dit qu'il adhère à la proposition. Mieux, la proposition de rédaction a été présentée, discutée et amendée. Mandat nous a été donné de venir présenter cette proposition au dialogue ici. C'est ce qu'on a fait. On n'a enlevé que quelques petits bouts de phrases, en ce qui concerne surtout les élections. M. Faya était dans la salle. Nous avons présenté cette proposition au nom de toute l'opposition. Après la déclaration, il a dit qu'au nom du BL il n'est pas d'accord, alors qu'à la veille, à CBG, il avait donné son accord. Et le ministre a attiré son attention sur le fait qu'il y a plus de cent partis politiques, et qu'ici il ne parle pas au nom du BL », a expliqué Aliou Condé.
Quant à savoir si un éventuel départ du BL de l'opposition ne pourrait pas porter un coup à leur dynamique, Aliou Condé relativise. « Au niveau des partis politiques, c'est un va et vient permanent. Ça c'est connu. Nous avons beaucoup de gens là-bas qui étaient de la mouvance. S'il y a le phénomène inverse, c'est normal. C'est ça la vie des partis politiques. Ce n'est pas figé. Puisque personne ne nourrit l'autre, chacun est indépendant. Si vous venez et que vous trouvez votre compte vous êtes là-dans. Si vous ne trouvez pas votre compte vous allez ailleurs. Ça ce n'est pas un problème. C'est la liberté d'expression, de choix. Nous ne pouvons pas interférer», a-t-il souligné.
Il a regretté que Dr Faya soit un habitué des faits. « Nous sommes seulement désolés que cela arrive, et qu'à chaque fois que nous avons un dialogue, avec Faya nous avons des problèmes, parce que ce n'est pas la première fois. A Novotel avec l'OIF, c'était la même chose, ici en 2013 c'était la même chose. Cette fois-ci encore la même chose. On ne peut pas appartenir à un groupe et dire que c'est ce que vous voulez seulement qui soit là. Donc c'est ça le problème. Maintenant, si on avait refusé de discuter ensemble, j'aurais compris», a relevé Aliou Condé.
A noter qu'après avoir claqué la porte du dialogue, Faya Millimono a promis que son parti allait examiner la question portant sur son éventuel départ ou non des rangs de l'opposition républicaine. Alors, il reste à savoir si le Bloc libéral va se choisir d'évoluer en solo.
Richard Tamone
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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